الجمعة، 13 سبتمبر 2013

Les trois principales nouveautés du pontificat


Analyse du directeur de la salle de presse du Saint-Siège
Père Federico Lombardi SJ
ROME, 13 septembre 2013 (Zenit.org) - Six mois jour pour jour après l'élection du pape François, le 13 mars dernier, le père Federico Lombardi SJ, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, propose, au micro de Radio Vatican, les nouveautés et les points forts du pontificat, mais il rappelle: "ce qui compte, c'est la réforme permanente de la vie de l'Église".
C'était le 13 mars : à 19h06, l'explosion de joie de la foule Place Saint-Pierre avec l'apparition de la fumée blanche, puis de nouveau lorsque le cardinal proto-diacre, Jean-Louis Tauran, est apparu à la loggia, à 20h12, pour annoncer que l'Église catholique avait un nouveau pape, et enfin, à 20h26, la salutation du pape François, de cette même loggia de la basilique vaticane: "Bonsoir!".
Père Lombardi, pour reprendre la méthode du pape François, quels sont les trois principales nouveautés de ce pontificat ?
P. Federico Lombardi – Je dirais que la première nouveauté est le nom, qui m'a frappé dès le début : François, un nom tout-à-fait nouveau ; aucun pape ne l'avait choisi auparavant. Et, avec le nom de François, il y a l'explication, donnée par le pape lui-même : « les pauvres, la paix, la sauvegarde de la création ». Et nous avons déjà vu – au moins en ce qui concerne les pauvres et la paix – que ce sont vraiment des traits fondamentaux de ce pontificat, qui sont aussi d'une extrême actualité, comme cet engagement extrêmement courageux pour la paix au Moyen-Orient, au cours des dernières semaines.
Ensuite, une seconde nouveauté me semble être la fin de l' « eurocentrisme » de l'Église, c'est-à-dire le fait que nous ayons un pape latino-américain. En réalité, on sent cela dans le sens plutôt positif d'un élargissement de l'horizon : nous l'avons vu en particulier au cours des Journées mondiales de la jeunesse, où nous avons vu le pape sur son continent d'origine et nous avons appris que son style aussi est pastoral, sa façon d'être en relation directe avec les gens, son langage très simple… Même les thèmes de l'attention à la pauvreté etc. viennent d'un contexte ecclésial très riche, avec une grande tradition qui arrive maintenant au cœur de l'Église avec une plus grande force et une plus grande présence. Tous les papes ont été "universels", c'était des papes qui avaient à cœur le monde entier et ce n'est pas qu'ils étaient "partiaux". Mais je crois que l'on peut reconnaître que le choix d'un pape provenant d'un autre continent apporte effectivement quelque chose de spécifique dans le style, dans les perspectives, et c'est quelque chose qui est désiré par l'Église universelle, qui est voulu par les cardinaux et nous l'apprécions comme un nouvel enrichissement du chemin de l'Église universelle.
Et puis, si je dois donner une troisième caractéristique, il me semble qu'il y a la dimension missionnaire. Le pape François parle beaucoup d'une Église non-autoréférentielle, d'une Église en mission, d'une Église qui regarde en dehors d'elle-même le monde entier. Il m'est revenu à l'esprit la très belle Lettre de Jean-Paul II à la fin du Jubilé, « Duc in altum », avance au large – adressée à l'Église du troisième millénaire. Voilà, il me semble que, effectivement, avec le pape François, la barque de l'Église navigue avec détermination vers le large, sans peur, sans angoisses, avec la joie de pouvoir rencontrer le mystère de Dieu sous des horizons nouveaux.
Le pape secoue les chrétiens, parfois même avec des paroles très fortes, et ceux qui sont loin se rapprochent …
Oui, disons que le style, le langage direct du pape, son comportement, et aussi la nouveauté de son style de vie touchent profondément et suscitent beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme. Mais je crois, et j'espère, que le motif fondamental de cet intérêt est profond, que cela vient du fait que le pape insiste énormément sur un Dieu qui aime, un Dieu de miséricorde, un Dieu toujours prêt à pardonner celui qui s'adresse à lui avec humilité.
Et de cette manière, il me semble qu'il touche l'homme en profondeur - l'homme et les femmes de notre temps ; il sait, lui,  combien ils sont blessés : blessés par tant d'expériences difficiles, par tant de frustrations, d'injustices, de situations de pauvreté et de marginalisation dans le monde d'aujourd'hui. Alors, cette manière de parler si efficace et cette capacité à communiquer, par ses paroles et ses gestes et dans un style aussi direct, l'amour de Dieu pour tous, sa proximité, son intérêt pour l'homme, sa tendresse – un des mots que le pape aime particulièrement et qui expriment sa façon d'être – tout cela touche et émeut en profondeur les personnes, toutes : les croyants et ceux qui se disent non-croyants.
Parce que toutes les personnes sont aimées de Dieu et sont vraiment celles à qui est adressé ce grand message de l'amour de Dieu et de l'amour du Christ. Et donc, cela parle à tout le monde, lorsque c'est dit dans la vérité, de manière concrète et proche du cœur de l'homme.
Ce pontificat suscite de grandes attentes. À quoi devons-nous nous attendre dans les prochains mois ?
Mais… je ne suis pas prophète… Nous savons, pour dire les choses simplement, que, dans les prochains mois, le pape affrontera aussi des questions qui concernent le gouvernement de l'Église, en consultant ses collaborateurs, que ce soit ses collaborateurs de la curie romaine, comme il l'a déjà fait récemment, ou les cardinaux, comme il le fera au mois d'octobre, les cardinaux qu'il a choisis et qui viennent de différentes parties du monde. Mais, honnêtement, je ne voudrais pas que l'on surestime ces fameuses réformes de structure, qui concernent un peu l'institution.
Ce qui compte, c'est le cœur de la réforme permanente de la vie de l'Église et, en ce sens, le pape François, par son exemple, sa spiritualité, son attitude d'humilité et de proximité, veut certainement nous rendre proches de Jésus, veut faire de nous une Église en marche, proche de l'humanité d'aujourd'hui, en particulier de l'humanité qui souffre et qui a davantage besoin de la manifestation de l'amour de Dieu. Et donc, cette Église en marche, capable d'être solidaire, compagne de l'humanité qui chemine. Je crois que c'est à cela que nous pouvons et devons nous attendre à travers tant de signes et de décisions.
Ces dernières semaines, nous avons eu la grande question de la paix, de ceux qui souffrent des tensions et des guerres, mais nous pouvons en avoir beaucoup d'autres : il y a la question de la proximité à l'égard des réfugiés, la proximité à l'égard des différentes formes de marginalisation, de la prison, etc. Alors, laissons le Seigneur nous conduire. Le pape n'est pas quelqu'un qui pense avoir la main sur la planification et l'organisation de l'Histoire. Le pape est une personne qui écoute l'Esprit du Seigneur et qui cherche à le suivre docilement et, en ce sens, il nous entraîne sur un chemin toujours nouveau et dont nous sommes convaincus qu'il sera beau et plein d'espérance.
Comment se passe la coexistence au Vatican du pape François avec le pape émérite Benoît XVI ?
Ah, cela se passe très bien, cela se passe parfaitement ! Je dirais que nous sommes tous contents – à commencer par le pape François – de la présence du pape émérite au Vatican, avec sa discrétion, sa spiritualité, sa prière, son attention. C'est exactement ce qu'il nous avait promis, ce qu'il nous avait annoncé à l'occasion de sa renonciation : il continuerait à être en chemin avec l'Église, mais davantage sous la forme de la prière, de l'offrande de sa vie, de la proximité spirituelle plutôt que celle d'une présence, disons, opérationnelle.
En même temps, nous savons qu'il existe aussi une relation personnelle, extrêmement cordiale entre le pape François et son prédécesseur ; il y a eu quelques moments symboliques où nous l'avons vu : lorsque le pape François l'a invité à une très belle cérémonie dans les Jardins du Vatican pour inaugurer un nouveau monument ; mais ce qui a été encore plus éloquent, c'est lorsqu'il est allé le trouver avant son voyage au Brésil, pour lui demander sa prière, sa proximité, son soutien pendant ce moment si important ; et puis, quand il est allé le rencontrer à son retour pour lui raconter les belles expériences de ce voyage, le remercier de sa proximité dans la prière.
Moi aussi, j'ai eu une fois la joie de pouvoir être proche du pape Benoît et de voir sa sérénité, sa foi, sa spiritualité, son extraordinaire affabilité, dont il a si souvent témoigné au cours de son pontificat et qui continue à le caractériser, même si maintenant, c'est d'une manière nouvelle et discrète. Je crois que nous percevons, même si nous ne le voyons pas souvent, nous sentons toujours la présence de son affection, de sa prière, de sa sagesse et de son conseil, qui est certainement toujours à la disposition de son successeur, s'il le demande.
En quoi  le travail du porte-parole du pape a-t-il changé ces six derniers mois ?
Mais… j'ai toujours dit que je ne suis pas tant le porte-parole du pape que le directeur de la salle de presse qui rend l'humble service de mettre à disposition les informations, les textes et les réponses pour bien faire comprendre ce que le pape dit et fait.
Honnêtement, il me semble que, pendant ces six derniers mois de pontificat du pape François, le pape a agi et parlé de manière tellement intense que, effectivement, et heureusement, j'ai pu être tout-à-fait dans l'ombre par rapport à ce qu'est le protagoniste, la voix principale que les fidèles veulent écouter, et qui est justement celle du pape.
Et donc, le service est toujours le même : celui d'aider le ministère du pape pour le service du peuple de Dieu, mais c'est un temps où la parole du pape est très claire, concrète, bien reçue, ses gestes sont très intenses, très fréquents… Disons donc qu'il y a beaucoup à faire pour le suivre, mais il parle de lui-même.
Traduction Hélène Ginabat

Fwd: مدير دار الصحافة الفاتيكانية يتحدث لإذاعتنا عن الأشهر الستة الأولى من حبرية البابا فرنسيس


Objet: مدير دار الصحافة الفاتيكانية يتحدث  عن الأشهر الستة الأولى من حبرية البابا فرنسيس



لمناسبة مرور ستة أشهر على انتخاب البابا فرنسيس، في الثالث عشر من آذار مارس الماضي، أجرت إذاعة الفاتيكان مقابلة مع مدير دار الصحافة التابعة للكرسي الرسولي الأب فدريكو لومباردي الذي استهل كلمته مشيرا إلى اختيار اسم "فرنسيس" الذي هو اسم جديد بلا شك وشاء البابا من خلال هذا الاسم أن يشير إلى التزامه في الدفاع عن الفقراء وتعزيز السلام وحماية الخلق. وهذا ما انعكس من خلال الأشهر الستة الأولى من حبرية البابا برغوليو. أما الناحية الأخرى، فتكمن في انتخاب بابا من أمريكا الجنوبية ما يشكل انفتاحا على الآفاق، وقد عشنا هذه الخبرة الجديدة من خلال مشاركة البابا فرنسيس في الأيام العالمية للشباب في ريو دي جانيرو بالبرازيل.
هذا ثم أشار الأب لومباردي إلى أن الحبر الأعظم يتحدث كثيرا عن رسالة الكنيسة، عن كنيسة تنظر أبعد من حدودها، تنظر إلى العالم بأسره. هذا ثم أشار مدير دار الصحافة الفاتيكانية إلى اللغة التي يستعملها البابا فرنسيس وإلى تصرفاته التي تلامس قلوب الناس، وتولد لديهم الحماسة. ولفت إلى أن البابا يشدد كثيرا على محبة الله ورحمته واستعداده ليغفر لمن يتوجهون إليه بتواضع ووداعة. كما يؤكد أن الله يحب كل الكائنات البشرية وبالتالي يوجه هذه الرسالة إلى جميع الأشخاص بدون أي استثناء.
وفي رد على سؤال حول ما يمكن أن نتوقعه من البابا فرنسيس خلال الأشهر المقبلة قال مدير دار الصحافة التابعة للكرسي الرسولي: أنا لستُ نبيا، لكننا نعلم أن البابا سيتطرق خلال الأشهر المقبلة إلى مسائل تتعلق بإدارة شؤون الكنسية، من خلال التشاور مع معاونيه في الكوريا الرومانية والفاتيكان. وأكد الأب لومباردي أن البابا يريد منا أن نقترب أكثر فأكثر من السيد المسيح ويريد منا أن نصير كنيسة تسير إلى الأمام، وقريبة من البشرية اليوم ومن الأشخاص المتألمين والمحتاجين إلى محبة الله! هذا ما يمكن أن نتوقعه في الفترة المقبلة، من خلال قرارات كثيرة سيتخذها البابا فرنسيس.
وتابع الأب لومباردي يقول: لقد تطرقنا إلى مسألة السلام، خلال الأسابيع القليلة الماضية، وتحدثنا عن الأشخاص الذين يعانون من التوترات والحروب، ويمكننا أن نتوقع من البابا أن يتناول في المستقبل قضايا تتعلق باللاجئين والأشخاص المهمشين ونزلاء السجون. وأضاف: البابا شخص يصغي إلى روح الرب، ويسعى إلى اتباعه بوداعة ويحملنا على السير في درب متجدد!
فيما يتعلق بالعلاقات القائمة بين البابا فرنسيس والبابا الفخري بندكتس السادس عشر أكد الأب لومبادري أن العلاقة بين الرجلين ممتازة! لافتا إلى أن البابا راتزنغر يصلي على نية الكنيسة، كما سبق أن أعلن خلال استقالته من منصبه! وتابع مشيرا إلى الزيارة التي قام بها البابا فرنسيس إلى البابا بندكتس السادس عشر قبيل توجهه إلى البرازيل، ليطلب من البابا الفخري أن يصلي من أجله.


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Le Pape rencontre le père Gutierrez, père de la théologie de la libération


Le Pape rencontre le père Gutierrez, père de la théologie de la libération 2013-09-13 Radio Vatican Le pape François a reçu mercredi pour la première fois le prêtre péruvien Gustavo Gutierrez considéré comme le père de la Théologie de la libération. Information donnée jeudi par le Bureau de presse du Saint-Siège. Ce mouvement est né dans les années 1970 en Amérique latine mais a été condamné par Jean-Paul II. L'Osservatore Romano, le quotidien du Saint-Siège, lui a consacré la semaine dernière un large espace à l'occasion de la parution en Italie d'un livre déjà édité en 2004 en Allemagne : ses auteurs sont l'archevêque allemand Gerhard Ludwig Müller, actuel préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et le dominicain Gutierrez, âgé de 85 ans. Il s'intitule : « De la part des pauvres, théologie de la libération, théologie de l'Eglise ». Nommé par Benoît XVI, Mgr Müller, quand il était archevêque en Bavière, se rendait souvent au Pérou et avait noué des relations d'amitié avec le père Guttierez, un théologien qui n'a jamais été censuré ni sanctionné par le Vatican. Le préfet d'alors pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, avait rappelé à l'ordre plusieurs théologiens, notamment le Brésilien Leonardo Boff, leur reprochant leurs analyses qui approuvaient la lutte des classes et la violence révolutionnaire. L'archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, a toujours été critique de ces mêmes théologiens pour les mêmes raisons que son prédécesseur.

Un pape qui parle à chacun


François : un pape qui « parle à chacun » http://www.news.va/fr/news/francois-un-pape-qui-parle-a-chacun 2013-09-13 Radio Vatican Le 13 mars 2013, il y a tout juste six mois, le cardinal Jorge Maria Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, devenait le 266e pape de l’Eglise catholique, et prenait le nom de François. Un pape sud-américain, et un jésuite : deux « premières » dans l’histoire de l’Eglise. En six mois, le pape argentin est parvenu à imposer un nouveau style, bousculant les habitudes protocolaires, posant des gestes forts et symboliques, établissant une nouvelle manière de communiquer. François parle un langage simple, imagé et sans ambages. Celui qui exhorte l’Eglise à « sortir de soi », à « aller aux périphéries de l’existence », qui désire « une Eglise pauvre pour les pauvres » a conquis le cœur des fidèles. Pour Lucetta Scaraffia, historienne, journaliste, et coordonnatrice du supplément féminin mensuel de l’Osservatore Romano, ces nouvelles manières de faire révolutionnent incontestablement la papauté, notamment dans le rapport du pape au peuple des croyants. « Il ne parle pas au ‘peuple’, il veut parler à chacun, à chacun et à son cœur », observe-t-elle. Les appels téléphoniques qu’il passe, les lettres qu’il envoie l’illustrent bien : « c’est une individualisation du rapport entre le Pape et le monde » qui est en train de se créer. Nombre de dossiers cruciaux attendent encore François, - réforme de la Curie et des structures internes de l’Eglise, lutte contre la corruption, entre autres. Lucetta Scaraffia avoue pour sa part être sensible à la question des femmes dans l’Eglise. Les propos du Pape à ce sujet, - dans l’avion le ramenant des JMJ de Rio -, ont été encourageants et prometteurs. Mais elle s’attend à des gestes concrets. Ecoutez l’intégralité de l’entretien, réalisé par Manuella Affejee : Envoyé de mon iPad jtk

La 4L du Pape


4l- Un prêtre du nord de l'Italie, proche des pauvres, a eu l'idée d'offrir sa vieille 4L dans laquelle il a accompli tout son sacerdoce au Pape. François a volontiers accepté. Ancien propriétaire d'une 4L en Argentine le pape aurait même pris le volant du véhicule pour l'essayer. Dans le garage du Vatican les grosses berlines noires se languissent. Elles sont rutilantes, prêtes à ronronner lentement et sûrement au contact des foules mais elles sont ouvertement délaissées par François. Ce pape a une prédilection pour les petites autos... Il l'a montré à Lampedusa en circulant dans la simple voiture qu'un habitant de l'île lui avait prêtée. Il l'a montré au Brésil, lors des JMJ où il se déplaçait dans une petite Fiat de série «Idea» fabriquée là bas sous licence. Il l'a montré mardi après-midi en se rendant dans un centre pour réfugiés à Rome dans une berline bleue de moyenne gamme. Il ne l'a pas montré samedi après-midi - mais a été vu par une photographe de l'AFP Andreas Solaro - dans une Renault 4L blanche de 300.000 kilomètres! A faire pâlir de jalousie les deux Renault Kangoo électrique flambants neuves que Carlos Ghosn, président du Groupe Renault, était venu, en personne, offrir à Benoît XVI il y a un an jour pour jour! L'hebdomadaire catholique italien Famiglia Cristiana a très vite mené l'enquête et à découvert que cette 4L mythique lui avait été offerte le jour même par le Père Renzo Rocca, un prêtre de Vérone au nord de l'Italie. Dans cette guimbarde, ce curé des pauvres a parcouru ces 300.000 kilomètres pendant 25 ans pour visiter les personnes handicapées, les personnes âgées, les paumés de toutes sortes, dont les jeunes drogués. Benoît XVI avait fini par se laisser enfermer dans de grosses berlines allemandes blindées Bref, une vie vouée aux plus éloignés de l'Église, aux délaissés, que le pape François place aujourd'hui en priorité. Ce qui a donné l'idée à ce prêtre âgé de 70 ans de lui offrir sa voiture de toutes les charités - pneus neiges dans le coffre «on ne sait jamais» a confié le prêtre - pour l'encourager et comme le symbole d'une vie de sacerdoce. Le Père Rocca a donc écrit au Pape qui lui a lui même… téléphoné pour accepter ce cadeau et fixer le jour de livraison: samedi 7 septembre dernier. Juste avant la veillée de prière pour la paix, et jour de jeûne décrété par François dans toute l'Église catholique pour la Syrie. Par hasard la scène où le pape monte à l'avant de la 4L n'a pas échappé à l'objectif du photographe Solaro. Car c'est le prêtre qui semble avoir conduit le Pape de la résidence Saint Marthe derrière la basilique Saint-Pierre vers la place où 100.000 personnes l'attendaient mais où le pape s'est présenté à pied. Le prêtre raconte que François lui a dit avoir eu, lui aussi, une 4L! Et que François en aurait même profité pour la conduire quelques minutes… Mais cela aucune photo ne l'atteste. Message de sobriété Le contraste est grand en tout cas avec les scènes du pontificat précédent où Benoît XVI avait fini par se laisser enfermer, y compris dans l'enceinte du Vatican, dans de grosses berlines allemandes blindées et frappés de ses armes pontificales. Et avec force dispositif de sécurité de la Gendarmerie Vaticane - de recrutement italien et sans aucun rapport avec la Garde Suisse - qui semblait craindre un attentat à chaque instant. Le temps de cette surenchère de sécurité est révolu. Mardi après-midi c'est sans escorte, sinon le chef de cette Gendarmerie Vaticane, surdimensionnée aujourd'hui, que le pape François s'est rendu dans la ville de Rome pour visiter un centre d'accueil de réfugiés tenus par les Jésuites. Une occasion pour le Pape de renouveler le message de sobriété qu'il diffuse depuis le début de son pontificat et pour lequel il entend donner l'exemple notamment par la simplicité de son mode de déplacement: «Les couvents vides ne servent pas à l'Église, a-t-il prévenu, pour qu'elle les transforme en hôtels pour gagner de l'argent. Les couvents vides ne sont pas à nous, ils sont pour la chair du Christ que représentent les réfugiés». Certes, a-t-il poursuivi, «ce n'est pas quelque chose de simple, il faut des critères, de la responsabilité mais aussi du courage. Nous faisons tant (en faveur des réfugiés, ndlr) mais peut-être sommes-nous appelés à faire davantage», a-t-il ajouté. Car «la charité qui laisse le pauvre tel qu'il est ne suffit pas»: «il ne suffit pas de donner un sandwich». En effet «la vraie miséricorde (…) demande justice, veut que le pauvre puisse trouver la voie pour ne plus l'être». Mardi matin, dans son homélie, il avait d'ailleurs critiqué «l'Église triomphaliste» et les «Chrétiens triomphalistes». A cette heure, la petite 4L dormait encore dans le garage des voitures du Pape où elle a sa place à côté des grosses berlines et un abri... Celles-ci n'ont plus rien trouvé à redire. L'AUTEUR SUR LE MÊME SUJET RÉAGIR (131) PARTAGER IMPRIMER HAUT DE PAGE La rédaction vous conseille : Syrie: le pape lance 1 journée de jeûne Le pape prie pour la paix en Syrie Le pape François raconté au cinéma

Bilan des 6 mois du pontificat du pape Francis


Francis bilan - Six mois de pontificat : le bilan du père Lombardi

2013-09-12 Radio Vatican

Dans une interview à Radio Vatican, le père Lombardi revient sur les six premiers mois du pontificat de François. Comme le fait le pape dans ses homélies, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège propose trois mots pour qualifier trois nouveautés apportées par ce pontificat.
François. Il y a d’abord ce nom choisi par le cardinal Bergoglio le jour de son élection et depuis, le Pape lui-même s’en est expliqué : « François renvoie aux pauvres, à la paix et à la sauvegarde de la Création ». Selon le père Lombardi, ces thèmes sont les fondements de ce nouveau pontificat – au moins la question des pauvres et de la paix – et cela s’est vu particulièrement ces dernières semaines avec « l’engagement courageux » du Pape pour la paix au Proche-Orient.
Deuxième idée mise en exergue par le père Lombardi : la fin de l’eurocentrisme. Tous les papes sont universels et « ont eu le monde entier à cœur », mais le choix d’un Pape qui vienne d’un autre continent signifie quelque chose de « spécifique dans le style »_ le rapport direct de François avec les gens, son langage simple et son rapport à la pauvreté_ et pour le futur de l’Eglise ». Une ouverture d’horizon vécue de manière « positive ». « C’était quelque chose de souhaiter par l’Eglise et par les cardinaux », confirme le père Lombardi.
Enfin dernier mot clé : la Mission. Le nouveau Pape insiste sur le fait que l’Eglise ne doit pas être autoréférentielle, mais en mission. Avec François, « la barque de l’Eglise voyage avec détermination vers le large, sans peur et même avec la joie de pouvoir rencontrer le mystère de Dieu dans de nouveaux horizons », exactement ce que souhaitait Jean Paul II pour l’Eglise du troisième millénaire dans sa lettre Duc in altum.

Transmettre aux croyants et non-croyants l’amour de Dieu

Lors de ces six mois de pontificat, avec son style propre, le pape a secoué les chrétiens et s’est rapproché les personnes plus éloignées de l’Eglise. Son langage direct, son comportement et son style de vie ont « touché en profondeur, suscitant intérêt et enthousiasme », mais le directeur de la salle de presse du Saint-Siège « espère et crois » que si le pape touche les cœurs, c’est parce que, conscient des blessures que peut ressentir l’homme croyant ou non-croyant ( frustrations, marginalisation, pauvreté, injustice), il insiste énormément sur la miséricorde et l’amour de Dieu, « toujours prêt à pardonner » et qui « aime toutes les personnes humaines ». Pour le père Lombardi, c’est de cette vérité que part en réalité le comportement et le style du pape.
Que réservent les prochains mois de pontificat ? 

Refusant de jouer au prophète, le père Lombardi affirme que les thématiques autour du gouvernement de l’Eglise seront centrales. Le pape consultera ses collaborateurs de la Curie, puis dès octobre les huit cardinaux qu’il a nommé conseillers. Cela dit, précise le directeur de la Salle de presse, « je ne voudrais pas qu’on surévalue ce qui touche aux réformes de structures (…) Ce qui compte, c’est la réforme pérenne de la vie de l’Eglise » ; une église « qui chemine, proche de l’humanité, en particulier de ceux qui souffrent et qui ont le plus besoin de l’amour de Dieu ». Le père Lombardi tient en outre à souligner que le pape n’est pas « une personne qui pense avoir en main une projection organisée de l’Histoire », c’est une personnes « qui écoute le Saint Esprit et cherche à le suivre avec docilité ».

Deux papes au Vatican : le recette du succès ?

Il y a six mois, pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise, deux papes ont commencé à vivre au Vatican et cette cohabitation se poursuit « très bien ». « Nous sommes tous contents, à commencer par François, de la présence du pape émérite », explique le père Lombardi. Benoît XVI s’est tenu à sa promesse de continuer à cheminer avec l’Eglise mais dans la prière et non de manière opérative. « Même si nous ne le voyons pas souvent, je crois que nous sentons tous la présence de son affection , de sa prière, de sa sagesse et de son conseil (de Benoît XVI) qui est toujours à disposition de son successeur. François entretient d’ailleurs un « rapport personnel » et « cordial » avec Benoît XVI comme le montre ses visites, notamment avant et après les dernières Journées mondiales de la Jeunesse à Rio.

الخميس، 5 سبتمبر 2013

La vraie Eglise des pauvres


La vraie Eglise des pauvres

LE MONDE |


Le pape François a dit, samedi 16 mars, vouloir "une Eglise pauvre, pour les pauvres".


Le premier pape latino-américain, François, semble vouloir se distinguer des idées et des pratiques de son prédécesseur, en se référant à saint François d'Assise et en mettant la pauvreté au centre de son pontificat. Pour être comme elle d'origine sud-américaine, est-il proche de la théologie de la libération ? Il est permis d'en douter...

Ce qu'on désigne habituellement par théologie de la libération – un corpus de textes produits depuis 1971 par des figures comme Gustavo Gutierrez, Hugo Assmann, Frei Betto, Leonardo Boff, Pablo Richard, Enrique Dussel, Jon Sobrino, Ignacio Ellacuria, pour ne citer que les plus connus – n'est que l'expression intellectuelle et spirituelle d'un vaste mouvement social, né au moins une dizaine d'années plus tôt, qui se manifeste à travers un réseau serré de pastorales populaires (de la terre, ouvrière, urbaine, indigène, de la femme), de communautés ecclésiales de base, de groupes de quartier, de commissions justice et paix, de formations de l'Action catholique, qui ont assumé de façon active l'option préférentielle pour les pauvres.
Non sous la forme traditionnelle de la charité, mais comme solidarité concrète avec la lutte des pauvres pour leur libération. Sans la pratique de ce mouvement social – qu'on pourrait appeler christianisme de la libération –, on ne peut pas comprendre des phénomènes sociopolitiques aussi importants dans l'histoire récente de l'Amérique latine que la montée de la révolution en Amérique centrale – Nicaragua, El Salvador –, l'émergence d'un nouveau mouvement ouvrier et paysan au Brésil, ou le soulèvement zapatiste au Chiapas.
UNE RELIGION COMMUNAUTAIRE DE SALUT
Le christianisme de la libération et en particulier les communautés ecclésiales de base ne relèvent ni du paradigme d'"Eglise" ou de celui de "secte", mais plutôt de ce que le sociologue Max Weber (1864-1920) appelait en 1915 une religion communautaire de salut ; c'est-à-dire une forme de religiosité fondée sur une éthique religieuse de fraternité – dont la source est l'ancienne éthique économique de voisinage – et pouvant aboutir, dans certains cas, à un "communisme d'amour fraternel".
S'il fallait résumer l'idée centrale du christianisme de la libération en une seule formule, on pourrait se référer à l'expression consacrée par la Conférence des évêques latino-américains de Puebla (1979) : "Option préférentielle pour les pauvres." Quelle est la nouveauté ?
L'Eglise n'a-t-elle pas depuis toujours été charitablement attentive à la souffrance des pauvres ? La différence – capitale –, c'est que pour le christianisme de la libération les pauvres ne sont plus perçus comme de simples objets (d'aide, de compassion, de charité) mais comme les sujets de leur propre histoire, les acteurs de leur propre libération.
Le rôle des chrétiens socialement engagés, c'est de participer à cette longue marche des opprimés vers la Terre promise, la liberté, en apportant leur contribution à leur auto-organisation et autoémancipation sociale.
L'autre différence avec la position charitable et la tradition d'assistance de l'Eglise – bien représentée par le nouveau pape argentin – a été formulée il y a plusieurs années par le cardinal brésilien dom Helder Camara : "Tant que je disais qu'il fallait aider les pauvres, on me considérait comme un saint ; quand j'ai demandé pourquoi il y avait tellement de pauvres, on m'a traité de communiste..."
L'ADVERSAIRE PRINCIPAL DE LA DICTATURE
Au cours des années 1960 et 1970, des régimes militaires ont été établis dans beaucoup de pays d'Amérique latine : Brésil, Chili, Argentine, etc. Les militants du christianisme de la libération ont participé activement à la résistance à ces dictatures et ont beaucoup contribué à leur déclin à partir des années 1980. Ils ont été un facteur important, et parfois même décisif, de la démocratisation de ces Etats.
Au Brésil, au cours des années 1970, l'Eglise des pauvres apparut, aux yeux de la société civile et des militaires eux-mêmes, comme l'adversaire principal de la dictature ; un ennemi plus puissant (et radical) que ne l'était l'opposition parlementaire tolérée (et docile).
A l'opposé du cas brésilien, en Argentine, l'Eglise, historiquement proche de l'autoritarisme de l'armée, a majoritairement soutenu l'atroce dictature militaire responsable, au cours des années 1976 à 1983, de trente mille morts ou "disparus". Beaucoup de chrétiens, membres du clergé ou laïcs, ont payé de leur vie leur engagement dans la résistance aux régimes autoritaires en Amérique latine, ou simplement leur dénonciation des tortures, assassinats et violations des droits de l'homme.
Ce fut le cas, au Salvador, de l'archevêque Oscar Romero, tué par des paramilitaires en mars 1980, ainsi que d'Ignacio Ellacuria et de ses cinq collègues jésuites de l'Université centre-américaine d'El Salvador, assassinés en novembre 1989 par l'armée.
Le Vatican a condamné en 1985, par la voix de la Congrégation pour la doctrine de la foi (dont le préfet était le cardinal Joseph Ratzinger, le futur Benoît XVI), la théologie de la libération comme une hérésie "d'autant plus dangereuse qu'elle est proche de la Vérité"... Pour le Vatican, la règle reste : Roma locuta, causa finita (Rome a parlé, la cause est entendue).
Or les théologiens de la libération ont continué, chacun à sa façon, à défendre leur interprétation du christianisme. Certains, comme Leonardo Boff, ont préféré quitter l'Eglise pour garder leur liberté d'expression ; d'autres, comme Gustavo Gutierrez, évitent les conflits intra-ecclésiastiques, sans renoncer pour autant à leurs convictions et à leur engagement.
INTÉGRER LES DÉFIS DU MULTICULTURALISME
Cela ne veut pas dire que leur pensée n'a pas évolué. Au contraire, elle a ouvert de nouveaux chantiers, en analysant l'oppression des femmes, des communautés noires, des indigènes ; elle a intégré les défis du multiculturalisme et de l'écologie, du pluralisme religieux et du dialogue interconfessionnel.
Et, pour commencer, elle a soumis à la critique, théologique et politique, le néolibéralisme, la forme nouvelle qu'a prise en Amérique latine ce système, à leurs yeux intrinsèquement pervers, qu'est le capitalisme.
Dans ce contexte, certains théologiens vont développer un rapport nouveau à la pensée de Marx, pour critiquer le capitalisme néolibéral comme une fausse religion, fondée sur l'idolâtrie du marché et le culte du dieu Mammon.
Pour ces théologiens, comme Hugo Assmann ou Franz Hinkelammert, les nouvelles idoles capitalistes que sont l'argent, le profit, la dette externe, comme celles dénoncées par les prophètes de l'Ancien Testament, sont des Moloch qui exigent des sacrifices humains, une image utilisée par Marx lui-même dans Le Capital.
Le combat du christianisme de la libération contre l'idolâtrie marchande est à leurs yeux une lutte des dieux entre le Dieu de la vie et les idoles de la mort (Jon Sobrino) ou entre le dieu de Jésus-Christ et la multiplicité des dieux de l'Olympe capitaliste (Pablo Richard).
NOUVEAU PARADIGME DE CIVILISATION
Au cours des dernières années, la critique du capitalisme est de plus en plus associée, pour les théologiens de la libération, à la problématique écologique. Le pionnier, sur ce terrain, a été Leonardo Boff, depuis longtemps préoccupé par l'environnement, qu'il aborde à la fois dans un esprit d'amour mystique et franciscain pour la nature, et dans une perspective de critique radicale du système capitaliste. Le nouveau paradigme de civilisation devra être fondé sur une éthique de la vie et une solidarité planétaire.
Sans doute, l'influence de la théologie de la libération a-t-elle reculé dans de nombreux pays du continent. A la suite de la nomination d'évêques par Wojtyla (Jean Paul II) et Ratzinger (Benoît XVI), l'épiscopat latino-américain est devenu bien plus conservateur. Même ceux qui adoptent des positions progressistes au niveau social partagent les options conservatrices du Vatican contre le droit des femmes à disposer de leur corps (divorce, contraception, IVG).
Cela dit, dans un pays comme le Brésil, le christianisme de la libération garde une présence importante, au sein des communautés de base, des pastorales populaires, des mouvements laïques ou des réseaux comme Foi et politique, animé par le théologien dominicain Frei Betto, qui rassemble des milliers d'adhérents dans tout le pays.
D'autre part, les chrétiens socialement engagés sont une des composantes les plus actives du mouvement altermondialiste au cours des années 2000, notamment, mais pas seulement, au Brésil, le pays qui a reçu les premières réunions du Forum social mondial. Un des initiateurs du Forum, Chico Whitaker, membre de la Commission justice et paix de la Conférence nationale des évêques brésiliens, appartient à cette mouvance.
Il est difficile de prévoir quel sera l'avenir du christianisme de la libération en Amérique latine. Son enracinement socio-religieux lui a permis de se maintenir malgré l'opposition active des deux derniers pontifes.
Quelle que soit l'attitude du pape François à son égard, il est probable qu'il continuera obstinément à pratiquer ce "communisme d'amour fraternel" dont parlait Max Weber...
Michael Löwy Sociologue franco-brésilien. Directeur de recherche émérite au CNRS. Ses livres et articles sont consacrés à l'actualisation de la pensée marxiste et son lien avec l'esprit de l'utopie et le messianisme religieux. Parmi ses ouvrages : "La Guerre des dieux. Religion et politique en Amérique latine", éd. du Félin, 1998 ; "Rédemption et utopie. Le judaïsme libertaire en Europe centrale. Une étude d'affinité élective" (éd. du Sandre, 2009) ; "La Cage d'acier. Max Weber et le marxisme wébérien", Stock, 198 p., 18 €.


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Le pape François s'inscrit "dans l'héritage de la théologie de la libération"


Le pape François s'inscrit "dans l'héritage de la théologie de la libération"

Le Monde.fr |
Le pape François à la basilique Saint-Pierre de Rome, le 28 mars.

Profitant du passage du pape François dans son pays, Leonardo Boff, l'un des chefs de file de la théologie de la libération dans les années 1970 et 1980 au Brésil, d'inspiration marxiste, salue le virage doctrinal opéré par le Saint-Siège. Alors qu'il fut ostracisé par Benoît XVI et condamné au "silence pénitentiel", son entretien accordé au journal espagnol El Pais jette les bases d'un rapprochement possible – et historique – entre les anciens "prêtres rouges" sud-américains et le Vatican.

Avec sur un projet d'Eglise "pauvre, humble, dépouillé des attributs du pouvoir, qui dialogue avec le peuple", le pape François s'inscrit selon Leonardo Boff "dans l'héritage de la théologie de la libération", née de "l'écoute du cri des opprimés". "La manière d'agir du nouveau pape favorise cette doctrine, mais il vaut mieux qu'il ne la mentionne pas, parce qu'elle pourrait créer la polémique", esquisse-t-il. Mais grâce à lui, "je crois qu'il va se créer une dynastie papale issue du tiers-monde". Il loue son "courage" de se situer du côté des pauvres d'une église trop habituée à siéger dans ses "palais princiers".
FRANÇOIS APPORTE AVEC LUI "LA TRADITION DU TIERS-MONDE"
A la question de savoir s'il serait prêt à réintégrer l'Eglise catholique, Boff, qui n'a jamais renoncé à son "travail ecclésiastique", fixe une condition : mettre fin au célibat des prêtres. Aujourd'hui lui-même marié, "comme 100 000 autres prêtres dans l'Eglise", il estime que François a toutes les cartes en mains pour opérer ce changement doctrinal d'envergure parce qu'il apporte avec lui "la tradition du tiers-monde, où le célibat n'a jamais été une vertu primordiale". Il faudrait dans un premier temps qu'il reconnaisse tous ces "prêtres mariés en les autorisant à travailler à nouveau". Puis, qu'il institue "le célibat comme optionnel" comme "toutes les autres églises".
Leonardo Boff révèle que le pape François souhaiterait le recevoir à Rome après avoir réformée la curie. Lui ne veut pas "forcer la situation" car "tant que vivra Benoît XVI", il sera difficile que "moi, qui ait eu un affrontement doctrinal avec le cardinal Ratzinger", je "puisse être reçu" au Vatican. Le théologien de la libération aurait "aimé le rencontrer au Brésil", mais il "comprend que cela puisse être mal interprété par la presse et la curie", qui y verrait "une attaque" personnelle contre elle.
Le pontificat du pape argentin crée les conditions pour que le catholicisme de demain en Amérique du Sud soit "une religion nouvelle ou figureront des composants chrétiens, comme les saints, la messe, le baptême, mais aussi ceux issus de la tradition indigène et des religions afro-américaines".


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الاثنين، 2 سبتمبر 2013

"Plus jamais la guerre !"


Le cri du pape François
ROME, 2 septembre 2013 (Zenit.org) - "Plus jamais la guerre !" : c'est le cri du pape François exprimé à nouveau dans ses trois tweets, publiés ce lundi 2 septembre 2013 au matin.
Ce matin en effet, le pape a publié ce simple tweet : "Plus jamais la guerre ! Plus jamais la guerre !"
Plus tard dans la journée, il a publié un deuxième tweet plaidant pour la paix : "Nous voulons un monde de paix, nous voulons être des hommes et des femmes de paix."
Enfin, dans la soirée, il a publié un troisième tweet : "Que de souffrance, que de dévastation, que de douleur a provoqué et provoque l'usage des armes."
Hier déjà, 1er septembre, le pape François a repris l'exclamation de Paul VI dans son discours à l'ONU, à l'occasion du 20e anniversaire de l'Organisation, le 4 octobre 1965, à New-York : "jamais plus la guerre !"
Lors de l'angélus dominical place Saint-Pierre, le pape s'est fait l'interprète "du cri qui monte de toutes les parties de la terre, de tous les peuples, du cœur de chacun, de l'unique grande famille qu'est l'humanité, avec une angoisse croissante : c'est le cri de la paix ! Et le cri qui dit avec force : nous voulons un monde de paix, nous voulons être des hommes et des femmes de paix, nous voulons que dans notre société déchirée par les divisions et les conflits, explose la paix ; plus jamais la guerre ! Plus jamais la guerre !"
Le pape François a appelé l'Eglise catholique et tous les hommes et femmes de bonne volonté à former "une chaine d'engagement pour la paix" et à vivre une Journée de jeûne et de prière, le 7 septembre prochain. 

الأحد، 1 سبتمبر 2013

Le pape demande une journée de prière et de jeûne pour la Syrie | La-Croix.com


1/9/2013-Les responsables religieux unis contre une intervention militaire en Syrie

«  Que le cri de la paix s'élève pour arriver au cœur de tous. Plus ja mais la guerre ! » Après avoir lancé un vibrant appel en faveur de la fin du conflit syrien, lors de l'Angélus, dimanche 1er septembre, le pape François a annoncé une « journée de jeûne et de prière » pour la paix dans ce pays, au Moyen-Orient et dans le monde. Elle aura lieu samedi 7 septembre, veille de la célébration de la Nativité de Marie, « Reine de la Paix ».
De 19 heures à minuit, le pape se tiendra en prière pour la paix, place Saint-Pierre, a-t-il précisé, invitant l'ensemble des chrétiens, mais aussi les croyants d'autres religions ainsi que les non-croyants, à se joindre à cette journée, afin de former « une chaîne qui unisse toutes les femmes et les hommes de bonne volonté ».
Se disant « le cœur (…) profondément blessé par ce qui se passe en Syrie », et marqué par « les terribles images de ces derniers jours » montrant des Syriens victimes de gaz, le pape a condamné avec « une fermeté particulière » l'utilisation des armes chimiques. Il a notamment mis en garde les hommes devant le « jugement de Dieu et le jugement de l'histoire auquel on ne peut pas échapper ».

« La violence appelle la violence »

Alors que le président Hollande est déterminé à « punir » le régime de Bachar Al Assad, le pape a par ailleurs rappelé que « la guerre appelle la guerre, la violence appelle la violence », et invité la communauté internationale à « promouvoir, sans plus d'hésitation, des initiatives claires (…) basées sur le dialogue et la négociation ».
Cet appel survient alors que, la veille, samedi 31 août, il avait réuni autour de lui, de manière assez inhabituelle, plusieurs proches collaborateurs dont son secrétaire d'État sortant le cardinal Tarcisio Bertone, pour parler du conflit et envisager certaines « initiatives » du Saint-Siège pour la paix en Syrie.
Jeudi déjà, après l'audience officielle avec le roi Abdallah II de Jordanie, un communiqué du Saint-Siège avait souligné que le dialogue et la négociation avec « l'appui de la communauté internationale » étaient « l'unique option » pour mettre fin au conflit.
Mardi 3 septembre, débutera d'ailleurs, à Amman, capitale jordanienne, un sommet des 70 responsables des Églises et communautés chrétiennes du Moyen-Orient sur la situation dans la région, en présence du président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal Jean-Louis Tauran.

Toujours aucune nouvelle des évêques syriens enlevés

Le patriarche grec-orthodoxe d'Antioche et de tout l'Orient, sa Béatitude Jean X d'Antioche, a lui aussi envoyé vendredi 30 août un long appel à « tous les États concernés à se hisser, directement ou indirectement, au-dessus de leurs propres intérêts étroits et à aider à préparer en Syrie l'assise appropriée pour renforcer les fondements de la solution politique pacifique ».
Depuis le Liban, il a évoqué le sort des deux évêques syriens enlevés il y a quatre mois, Jean Ibrahim et Paul Yazigi, et appelé la communauté internationale à « une aide réelle ».
Malgré tous les efforts déployés, déplore-t-il, « nous n'avons pas réussi à avoir des informations attestées sur ce dossier "humain" ». « Nous sommes aussi très perplexes, ô combien perplexes, du caractère limité des informations recueillies à propos de cet enlèvement (…) Le silence et l'occultation vont nous rendre encore plus déterminés et insistants à demander la libération des deux évêques, et de tous les enlevés », a-t-il ajouté.
De son côté, l'Aide à l'Église en détresse a avancé sa semaine de prière annuelle, prévue initialement en octobre, pour la tenir cette semaine « pour le peuple syrien et pour la paix ».

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