الاثنين، 21 أكتوبر 2013

Lettre au journaliste Eugenio Scalfari du quotidien italien La Repubblica, 11 septembre 2013 - Pape François

Lettre au journaliste Eugenio Scalfari du quotidien italien 
La Repubblica, 11 septembre 2013 - Pape François
DIALOGUE OUVERT AVEC LES NON CROYANTS.
LE PAPE FRANCOIS RÉPOND AU JOURNALISTE EUGENIO SCALFARI
DU QUOTIDIEN ITALIEN « LA REPUBBLICA » :
 
Cher Monsieur Scalfari,
C'est bien cordialement que je voudrais tenter de répondre, même seulement à grands traits, à la lettre que vous avez voulu m'adresser le 7 juillet dans les pages de « La Repubblica », avec une série de réflexions personnelles, que vous avez ensuite enrichies, le 7 août, dans les pages de ce même quotidien.
Je vous remercie avant tout de l'attention que vous avez accordée à la lecture de l'Encyclique « Lumen fidei ». Celle-ci en effet, dans l'intention de mon bien-aimé prédécesseur, Benoît XVI, qui l'a conçue et rédigée en grande partie, et de qui je l'ai héritée avec gratitude, entend non seulement confirmer dans la foi en Jésus-Christ ceux qui se reconnaissent déjà en elle, mais également susciter un dialogue sincère et rigoureux avec qui, comme vous-même, se définit comme « un non croyant, intéressé et fasciné, depuis de nombreuses années, par la prédication de Jésus de Nazareth ».
C'est donc, me semble-t-il, un fait certainement positif, non seulement pour chacun d'entre nous mais également pour la société dans laquelle nous vivons, que de m'attarder à dialoguer sur une réalité aussi importante que la foi, qui se réclame de la prédication et de la figure de Jésus.
Je pense qu'il y a en particulier deux circonstances qui rendent aujourd'hui ce dialogue juste et précieux. Il représente d'ailleurs, on le sait, l'un des objectifs majeurs du Concile Vatican II, voulu par Jean XXIII, et du ministère des Papes qui, chacun selon sa sensibilité et son apport propres, ont depuis lors jusqu'à aujourd'hui marché dans le sillon tracé par le Concile.
La première circonstance – comme il est rappelé dans les premières pages de l'Encyclique – découle du fait qu'au fil des siècles de la modernité, on a assisté à un paradoxe : la foi chrétienne, dont la nouveauté et l'incidence sur la vie de l'homme ont été exprimées, dès le début, précisément par le symbole de la lumière, a souvent été taxée d'être assimilable aux ténèbres de la superstition en opposition à la lumière de la raison. Ainsi, entre l'Église et la culture d'inspiration chrétienne d'une part et la culture moderne empreinte des Lumières d'autre part, on a abouti à l'incommunicabilité. Le temps est désormais venu, et Vatican II en a précisément inauguré la saison, d'instaurer un dialogue ouvert et exempt de préjugés, susceptible de rouvrir les portes à une rencontre sérieuse et féconde.
La seconde circonstance, aux yeux de celui qui entend se montrer fidèle au don de suivre Jésus dans la lumière de la foi, découle du fait que ce dialogue n'est pas un accessoire secondaire de l'existence du croyant : il en est au contraire une expression intime et indispensable. Permettez-moi de vous citer, à cet égard, une affirmation à mon avis très importante de l'Encyclique : dès lors que la vérité dont témoigne la foi est celle de l'amour – y souligne-t-on – « il résulte alors clairement que la foi n'est pas intransigeante, mais elle grandit dans une cohabitation qui respecte l'autre. Le croyant n'est pas arrogant ; au contraire, la vérité le rend humble, sachant que ce n'est pas lui qui la possède, mais c'est elle qui l'embrasse et le possède. Loin de le raidir, la sécurité de la foi le met en route et rend possible le témoignage et le dialogue avec tous » (n° 34). Tel est l'esprit qui anime les paroles que je vous écris.
La foi, pour moi, est née de la rencontre avec Jésus. Une rencontre personnelle, qui a touché mon cœur et donné une orientation et un sens nouveau à mon existence. Mais en même temps, une rencontre qui a été rendue possible par la communauté de foi au sein de laquelle j'ai vécu et grâce à laquelle j'ai trouvé l'accès à l'intelligence de la Sainte Écriture, à la vie nouvelle qui, comme une eau jaillissante, vient de Jésus à travers les Sacrements, à la fraternité avec tous et au service des pauvres, image authentique du Seigneur. Sans l'Église – croyez-moi – je n'aurais pas pu rencontrer Jésus, même en étant conscient que ce don immense qu'est la foi est conservé dans les fragiles vases d'argile de notre humanité.
Or, c'est précisément à partir de là, de cette expérience personnelle de foi vécue au sein de l'Église, que je me sens à l'aise pour écouter vos questions et rechercher, à vos côtés, des routes au long desquelles nous pouvons, peut-être, commencer à faire un bout de chemin ensemble.
Pardonnez-moi de ne pas suivre pas à pas les argumentations que vous avancez dans votre éditorial du 7 juillet. Il me semble plus fructueux – ou tout au moins est-il plus propre à ma nature – d'aller d'une certaine façon au cœur de vos considérations. Je n'entre pas non plus dans la modalité de présentation suivie par l'Encyclique, où vous notez l'absence d'une section spécifiquement consacrée à l'expérience historique de Jésus de Nazareth.
Je me contente d'observer, pour commencer, qu'une telle analyse n'est pas secondaire. Il s'agit en effet, en suivant d'ailleurs la logique qui guide le déroulement de l'Encyclique, d'attirer l'attention sur la signification de ce que Jésus a dit et a fait, et ainsi, en définitive, sur ce que Jésus a été et est pour nous. Les Lettres de Paul et l'Évangile de Jean, auxquels il est fait particulièrement référence dans l'Encyclique, sont construits, en effet, sur le fondement solide du ministère messianique de Jésus de Nazareth parvenu à son sommet décisif dans la Pâque de sa mort et de sa résurrection.
Je dirais donc qu'il faut se confronter avec Jésus dans le concret et la rudesse de son histoire, telle qu'elle nous est racontée surtout dans le plus ancien des Évangiles, celui de Marc. Nous voyons alors que le « scandale » que la parole et la pratique de Jésus provoquent autour de lui découlent de son extraordinaire « autorité » : une parole, cette parole, attestée dès l'Évangile de Marc, mais qu'il n'est guère aisé de bien rendre en italien. Le mot grec est « exousia », qui, littéralement, renvoie à ce qui « provient de l'être » que l'on est. Il ne s'agit donc pas de quelque chose d'extérieur ou de forcé, mais de quelque chose qui émane de l'intérieur et qui s'impose à lui seul. Jésus, en effet, frappe, désoriente, innove à partir – c'est lui-même qui le dit – de sa relation avec Dieu, appelé familièrement Abbà, qui lui confie cette « autorité » pour qu'il la dispense en faveur des hommes.
Ainsi Jésus prêche « comme quelqu'un qui a autorité », il guérit, il invite les disciples à le suivre, il pardonne... toutes choses qui, dans l'Ancien Testament, sont de Dieu et uniquement de Dieu. La question, qui, à plusieurs reprises, revient dans l'Évangile de Marc : « Qui est-il celui-là qui …? » et qui concerne l'identité de Jésus, naît de la constatation d'une autorité différente de celle du monde, une autorité qui ne tend pas à exercer un pouvoir sur les autres, mais à les servir, à leur donner liberté et plénitude de vie. Et ce, jusqu'au point de mettre en jeu sa propre vie, jusqu'à faire l'expérience de l'incompréhension, de la trahison, du refus, jusqu'à être condamné à mort, jusqu'à sombrer dans l'état d'abandon sur la croix. Mais Jésus reste fidèle à Dieu, jusqu'au bout.
Et c'est précisément alors – comme le déclare le centurion romain aux pieds de la croix, dans l'Évangile de Marc – que Jésus se manifeste, paradoxalement, comme le Fils de Dieu ! Fils d'un Dieu qui est amour et qui veut, de tout son être, que l'homme, chaque homme, se découvre et vive lui aussi comme son véritable fils. Ceci, pour la foi chrétienne, est certifié par le fait que Jésus est ressuscité : non pas pour triompher sur celui qui l'a refusé, mais pour attester que l'amour de Dieu est plus fort que la mort, que le pardon de Dieu est plus fort que tout péché et qu'il vaut la peine de dépenser sa vie, à fond, pour témoigner de cet immense don.
Voici ce que croit la foi chrétienne : que Jésus est le Fils de Dieu venu pour donner sa vie afin d'ouvrir à tous la voie de l'amour. Vous avez donc raison, cher Monsieur Scalfari, quand vous voyez dans l'incarnation du Fils de Dieu le pivot de la foi chrétienne. Déjà Tertullien écrivait « caro cardo salutis » la chair (du Christ) est le pivot du salut. Parce que l'incarnation, en d'autres termes le fait que le Fils de Dieu soit venu dans notre chair et ait partagé joies et douleurs, victoires et échecs de notre existence, jusqu'au cri de la croix, en vivant toute chose dans l'amour et la fidélité à l'Abbà, témoigne de l'incroyable amour que Dieu nourrit pour chaque homme, la valeur inestimable qu'il lui reconnaît. C'est pourquoi, chacun de nous, est appelé à faire siens le regard et le choix d'amour de Jésus, à entrer dans sa façon d'être, de penser et d'agir. C'est cela la foi, avec toutes les expressions qui sont ponctuellement décrites dans l'Encyclique.
* * *
Toujours dans l'éditorial du 7 juillet, vous me demandez, en outre, comment comprendre l'originalité de la foi chrétienne dès lors qu'elle est précisément centrée sur l'incarnation du Fils de Dieu, par rapport à d'autres fois qui gravitent autour de la transcendance absolue de Dieu.
Je dirais que son originalité réside justement dans le fait que la foi nous fait participer, en Jésus, à la relation qu'il a avec Dieu qui est Abbà et, dans cette lumière, à la relation qu'il a avec tous les autres hommes, y compris ses ennemis, sous le signe de l'amour. Autrement dit, la filiation de Jésus, comme nous la présente la foi chrétienne, n'est pas révélée pour marquer une séparation insurmontable entre Jésus et tous les autres : mais pour nous dire que, en lui, nous sommes tous appelés à être enfants de l'unique Père et frères entre nous. La singularité de Jésus est pour la communication, non pour l'exclusion.
Certes, il en découle également – et ce n'est pas rien – cette distinction entre la sphère religieuse et la sphère politique qui est ratifiée par le fait de « donner à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César », clairement affirmé par Jésus et sur lequel, laborieusement, s'est construite l'histoire de l'Occident. L'Église, en effet, est appelée à semer le levain et le sel de l'Évangile, et donc l'amour et la miséricorde de Dieu qui atteignent tous les hommes, en indiquant le but définitif de notre destinée dans l'au-delà, tandis qu'à la société civile et politique revient la tâche ardue d'articuler et d'incarner dans la justice et dans la solidarité, dans le droit et dans la paix, une vie toujours plus humaine. Pour celui qui vit la foi chrétienne, ceci ne signifie pas fuite du monde ou recherche d'une quelconque hégémonie, mais service de l'homme, de l'homme tout entier et de tous les hommes, à partir des périphéries de l'histoire tout en tenant éveillé le sens de l'espérance qui incite à faire le bien malgré tout et en regardant toujours au-delà.
Vous me demandez aussi, dans la conclusion de votre premier article, ce qu'il faut dire à nos frères juifs quant à la promesse que Dieu leur a faite : a-t-elle été entièrement un échec ? C'est là – croyez-moi – une question qui nous interpelle radicalement, en tant que chrétiens, parce que, avec l'aide de Dieu, surtout à partir du Concile Vatican II, nous avons redécouvert que le peule juif est encore, pour nous, la sainte racine d'où a germé Jésus. Moi aussi, dans l'amitié que j'ai cultivée tout au long de ces années avec les frères juifs, en Argentine, bien souvent dans la prière j'ai interrogé Dieu, particulièrement quand mon esprit évoquait les souvenirs de la terrible expérience de la Shoah. Ce que je peux vous dire, avec l'apôtre Paul, c'est que jamais la fidélité de Dieu à l'alliance étroite avec Israël n'a fléchi, et que, à travers les terribles épreuves de ces siècles, les juifs ont conservé leur foi en Dieu. Et de cela, nous ne leur serons jamais suffisamment reconnaissants, en tant qu'Église, mais également en tant qu'humanité. D'ailleurs, justement en persévérant dans la foi dans le Dieu de l'alliance, ils nous rappellent à tous, à nous aussi chrétiens, que comme des pèlerins, nous sommes toujours dans l'attente du retour du Seigneur et que, donc, nous devons toujours lui être ouverts et ne jamais rester figés dans ce que nous avons déjà atteint.
J'en viens ainsi aux trois questions que vous me posez dans votre article du 7 août.
Il me semble que, dans les deux premières, ce qui vous tient à cœur c'est de comprendre l'attitude de l'Église envers celui qui ne partage pas la foi en Jésus. Avant tout, vous me demandez si le Dieu des chrétiens pardonne celui qui ne croit pas et ne cherche pas la foi. En admettant que – et c'est là la chose fondamentale – la miséricorde de Dieu n'a pas de limites si l'on s'adresse à lui d'un cœur sincère et contrit, la question pour qui ne croit pas en Dieu réside dans l'obéissance à sa propre conscience. Le péché, même pour celui qui n'a pas la foi, c'est d'aller contre sa conscience. Écouter et obéir à celle-ci signifie, en effet, se décider face à ce qui est perçu comme bien ou comme mal. Et c'est sur cette décision que se joue la nature bonne ou mauvaise de nos actions.
En deuxième lieu, vous me demandez si la pensée selon laquelle il n'existe aucun absolu et donc même pas une vérité absolue, mais uniquement une série de vérités relatives et subjectives, est une erreur ou un péché. Pour commencer, je ne parlerais pas, même pas pour celui qui croit, de vérité « absolue », en ce sens qu'absolu est ce qui est détaché, ce qui est privé de toute relation. Or, la vérité, selon la foi chrétienne, est l'amour de Dieu pour nous en Jésus-Christ. Donc, la vérité est une relation ! À tel point que même chacun de nous la saisit, la vérité, et l'exprime à partir de lui-même : de son histoire et de sa culture, du contexte dans lequel il vit, etc. Ceci ne signifie pas que la vérité soit variable et subjective, bien au contraire. Mais cela signifie qu'elle se donne à nous, toujours et uniquement, comme un chemin et une vie. Jésus lui-même n'a-t-il pas dit : « Je suis la voie, la vérité, la vie » ? En d'autres termes, dès lors que la vérité ne fait, en définitive, qu'un avec l'amour, elle exige l'humilité et l'ouverture pour être cherchée, accueillie et exprimée. Donc, il faut bien s'entendre sur les termes et, peut-être, pour sortir des goulets d'étranglements d'une opposition… absolue, reformuler la question en profondeur. Je pense que cette approche s'impose aujourd'hui pour instaurer ce dialogue serein et constructif que je souhaitais au début de mon propos.
Dans la dernière question, vous me demandez si, avec la disparition de l'homme sur la terre, la pensée capable de penser Dieu disparaîtra aussi. Certes, la grandeur de l'homme réside dans le fait de pouvoir penser Dieu. En d'autres termes, dans la possibilité de vivre une relation consciente et responsable avec lui. Mais la relation est entre deux réalités. Dieu – et c'est là ma pensée et mon expérience, mais nombreux sont ceux qui, hier et aujourd'hui, les partagent ! – n'est pas une idée, pour aussi noble qu'elle soit, fruit de la pensée de l'homme. Dieu est une réalité avec un « R » majuscule. Jésus nous le révèle – et vit la relation avec lui – comme un Père d'une bonté et d'une miséricorde infinies. Donc, Dieu ne dépend pas de notre pensée. D'ailleurs, même si la vie de l'homme sur la terre devait finir – et pour la foi chrétienne, de toute façon, ce monde, tel que nous le connaissons, est destiné à disparaître – l'homme ne cessera pas d'exister et, d'une façon que nous ignorons, également l'univers créé avec lui. L'Écriture parle de « cieux nouveaux et de terre nouvelle » et affirme que, à la fin, dans un ailleurs et dans un temps qui sont au-delà de nous, mais vers lesquels dans la foi nous tendons dans le désir et dans l'attente, Dieu sera « tout en tous ».
Cher Monsieur Scalfari, je conclus ainsi mes réflexions, suscitées par ce que vous avez bien voulu me communiquer et me demander. Accueillez-les comme une tentative de réponse provisoire, mais sincère et confiante, à l'invitation que je vous ai adressée de faire un bout de chemin ensemble. L'Église, croyez-moi, malgré toutes ses lenteurs, ses infidélités, les erreurs et les péchés qu'elle peut avoir commis et peut encore commettre en ceux qui la composent, n'a pas d'autre sens ni d'autre but que de vivre et de témoigner de Jésus : lui qui a été envoyé par l'Abbà « pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Luc 4, 18-19).
Avec ma proximité fraternelle
François


Envoyé de mon Ipad 

الأحد، 20 أكتوبر 2013

Pour fêter ses 30 ans, la télévision du Vatican se modernise | La-Croix.com


« Nous mettons l'innovation technologique au service de la nouvelle évangélisation », a expliqué Mgr Dario Edoardo Vigano, directeur général (depuis le 21 janvier 2013) du Centre de télévision du Vatican (CTV), vendredi 18 octobre, lors d'une rencontre avec l'Association de la presse étrangère. De fait, CTV est en train de moderniser ses moyens technologiques, en mettant en place notamment une plate-forme de gestion de ses contenus vidéo en HD, et bientôt en ultra-HD.
Autre opération d'envergure : la digitalisation des 20 000 cassettes (de 30 minutes chacune) de la vidéothèque, recouvrant tous les événements au Vatican depuis trente ans. C'est en effet le 22 octobre 1983, à l'initiative de Jean-Paul II, qu'avait été lancée CTV, en vue d'« une action plus efficace de l'Église en matière de communications sociales ».

22 collaborateurs

La télévision publique du Saint-Siège émettant depuis la Cité du Vatican compte 22 collaborateurs ; jusqu'en janvier dernier, elle était placée sous la responsabilité du P. Federico Lombardi, au même titre que la Salle de presse et Radio Vatican.
CTV retransmet tous les événements se déroulant au Vatican (l'Angélus, les audiences générales du mercredi matin, les différentes célébrations…), ainsi que les voyages du pape en Italie et dans le monde et les principales manifestations qui se déroulent au Saint-Siège. Des dizaines de milliers d'émissions sont reprises par les télévisions du monde entier (notamment KTO en France).
Parmi les images de CTV qui ont marqué les esprits : la rencontre de Jean-Paul II et de l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1989, l'ouverture de la Porte du Jubilé en 2000, la sortie de l'hôpital du pape polonais alors qu'il luttait contre la mort, puis son enterrement suivi par des millions de fidèles, le départ de Benoît XVI en hélicoptère, la première apparition au balcon pontifical du pape François, ou même la mouette installée sur la fameuse cheminée de la place Saint-Pierre immortalisée sur les écrans du monde entier pendant le dernier conclave…

Des caméras au milieu de la foule

Du fait de la proximité du pape François avec les fidèles, CTV est obligée de revoir ses modes de tournage et d'adapter ses prises de vue : caméras placées au milieu de la foule, plans rapprochés sur le visage du pape, cadrages où on le voit dialoguer avec les fidèles… Tout est fait pour que le téléspectateur ressente « la grande intensité émotive des rencontres du pape », a expliqué Mgr Vigano. Il s'agit de travailler à « un renouvellement sur le plan du langage, en fonction de ce que l'on pourrait définir comme une esthétique renouvelée du direct », a encore déclaré Mgr Vigano, qui est aussi spécialiste de la communication et du cinéma et enseigne la théologie de la communication dans deux universités de Rome.
Dans un message transmis vendredi aux responsables de CTV, « pèlerins de la communication », le pape François a salué leur contribution pour « rapprocher l'Église du monde et faire parvenir les paroles du pape à des millions de catholiques, y compris là où professer sa foi est un choix courageux ».
CLAIRE LESEGRETAIN (avec AFP)


Envoyé de mon Ipad 

الأربعاء، 16 أكتوبر 2013

Internet. Le pape lance le ".vatican" - Paris Match


Internet. Le pape lance le ".vatican"



Décidément sur tous les fronts, le pape François est à la tête d'une petite révolution sur Internet en lançant un nouveau suffixe de noms de domaine: «.vatican». Décliné en quatre langues, il sera utilisé pour 1400 nouveaux sites d'ici la fin de l'année et plus de 100 000 dans les cinq ans à venir. 


Envoyé de mon Ipad 

الجمعة، 11 أكتوبر 2013

La révolution de la miséricorde - Edito - La Vie


Rappel: La révolution de la miséricorde

L'Esprit saint, dans son insondable fantaisie, aurait-il poussé les cardinaux à élire un pape anticlérical ?
On peut se poser la question après avoir attentivement lu les deux discours tenus devant les épiscopats brésilien et latino-américain à l'occasion des JMJ. Caustique, tonique, critique, François se veut sans illusion ni concession. L'Argentin ne fait pas dans cette dentelle que chérissait le Bavarois. Il administre le bois vert à la volée, quoique méthodiquement, de haut en bas et de gauche à droite. Et c'est l'Église qui en fait les frais, pas le monde. De longue date, on s'était habitué à ce que les papes dénoncent « l'idéologisation du message évangélique » et une action sociale qui oublie l'annonce de la foi. Voici que François rejette avec la même vigueur le « cléricalisme » ; qu'il se moque d'une Église oubliant d'être servante pour se faire « contrôleuse » ; qu'il pourfend le rêve d'une « restauration », ce recours trompeur à « des conduites et des formes dépassées qui n'ont pas même culturellement la capacité d'être significatives ».

Aussi amusant qu'il soit, ce nouveau catalogue des tentations pourrait sembler stérile. Mais non. Car ce pape a bel et bien une vision. Et cette vision, qu'il développe par petites touches dans ses homélies quotidiennes de la Casa Santa Marta, au Vatican, il lui a donné à Rio une véritable cohérence. Mais aussi une force capable de secouer trois millions de personnes réunies sur la plage de Copacabana et de bousculer à distance ce gros milliard de paroissiens dont il se veut le curé.

Le pape François renoue explicitement avec les grandes intuitions
qui ont marqué le pontificat de Paul VI, voici un demi-siècle. Des premiers mots de Gaudium et Spes, le texte le plus aimé et le plus controversé du concile Vatican II, il veut faire « la base du dialogue » avec le monde. Ces mots célèbres, les voici : « Les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps, surtout des pauvres et de ceux qui souffrent, sont, à leur tour, joies et espérances, tristesses et angoisses des disciples du Christ. » Comme Paul VI, François croit en une Église qui se ferait « conversation avec le monde » au lieu de le condamner ou de s'en éloigner avec horreur. Mais il ajoute sa touche propre. Aux « pastorales disciplinaires qui privilégient les principes, les conduites, les procédures organisatrices », cet homme charnel et tactile sous ses dehors ascétiques entend opposer la « caresse » évangélique et la « révolution de la tendresse ». De la tête, le catholicisme redescend au cœur et au corps. Il faut, dit son chef, « une Église capable de redécouvrir les entrailles maternelles de la miséricorde ».

Que l'on ne s'y trompe pas ! De même que cet anticléricalisme virulent sert un grand projet d'évangélisation, la révolution de la miséricorde sera une révolution missionnaire ou ne sera pas. Le pape en appelle à « une Église qui n'a pas peur de sortir dans la nuit » pour répondre aux questions existentielles de l'homme contemporain et l'aider à oser à nouveau croire. L'annonce de la foi ne peut plus se faire passivement et abstraitement, en attendant les bras croisés dans les sacristies et les presbytères. Il est temps de sortir et d'agir pour parler à ceux qui n'ont rien entendu depuis longtemps, mais qui ont pourtant une oreille. « Allez, sans peur, pour servir ! » a lancé François aux jeunes. Ce message simple, explicite, direct, chaque catholique doit l'entendre. Et chaque chrétien peut le faire sien, quelle que soit son Église.

Envoyé de mon Ipad 

الخميس، 10 أكتوبر 2013

Les jeunes d'Argentine mettent vraiment la pagaille


Le sanctuaire de Lujan pris d'assaut, le pape pris au mot
H. Sergio Mora
ROME, 10 octobre 2013 (Zenit.org) - D'après le P. Daniel Blanchoud, curé et recteur de la basilique Notre-Dame de Lujan, l'invitation du pape François  à « mettre la pagaille », lors des Journées mondiales de la jeunesse à Rio, a eu un fort impact sur le pèlerinage de centaines de milliers de jeunes Argentins qui, dimanche 6 octobre 2013, se sont rendus au sanctuaire marial.
Le sanctuaire de Notre Dame de Lujan, sainte patronne de l'Argentine, est situé à 70 km de Buenos Aires.
Pour le P. Blanchoud, « la rencontre de Rio a été pour les jeunes une grande expérience d'Eglise et, quand le pape leur a dit : 'Mettez la pagaille', ils ont écouté et ont mis la pagaille, dans le meilleur sens du terme. Ils ont secoué les communautés paroissiales, les associations et mouvements qui étaient restés un peu statiques ».
« J'ose dire non seulement à Lujan mais aussi, il y a deux semaines, à la manifestation de saint Nicolas où ils étaient une multitude, et peu de temps auparavant, à celle de Salta. Partout où il y a une manifestation, les jeunes accourent en masse », a-t-il ajouté.
Dans un entretien téléphonique avec Zenit, le recteur a précisé que ces jeunes réunis à Lujan se préparent à la veillée de prière « avec Marie au-delà de la nuit » qui aura lieu place Saint-Pierre, samedi 12 octobre, au pied de la statue de Notre-Dame de Fatima, en liaison directe avec 10 sanctuaires mariaux du monde entier.
Le lendemain, dimanche 13 octobre, le pape consacrera le monde au Cœur immaculée de Marie, devant la statue qui sera transférée du sanctuaire portugais au Vatican pour l'occasion.
« Le samedi 12, le sanctuaire de Lujan sera l'un des 10 sanctuaires des cinq continents reliés au Divin Amour à Rome », et « beaucoup de personnes participeront à la veillée dans la cathédrale, d'autres en se branchant à une antenne qui transmettra l'événement en direct », explique le P. Blanchoud.
Le recteur précise également que « chacun des dix sanctuaires prieront une partie des cinq mystères du rosaire », et qu'au sanctuaire de Lujan reviendra le Notre Père et cinq Ave Maria du dernier mystère, selon des indications reçues de Rome. Ce moment sera présidé par l'archevêque, Mgr Agustin Radrizzani, entre 14h et 17h de l'après-midi, à cause du décalage horaire.
Le P. Blanchoud diagnostique une véritable « franciscomanie » chez les Argentins, pour lesquels Rome est désormais proche : « Il ne se passe pas un jour sans que quelqu'un vienne me dire : « je pars à Rome, vous avez besoin que j'apporte quelque chose ? ».
Après l'élection du pape, « beaucoup ont confié durant les confessions qu'ils étaient revenus au sacrement de réconciliation après le geste du pape », qui a demandé à la foule de prier pour lui, place Saint-Pierre.
« Une femme m'a dit aussi : « Je ne perds rien du pape ». Nous avons ses homélies, il y a plus de communication et on en sait plus sur ce que dit le pape », a indiqué le P. Blanchoud.
Traduction d'Océane Le Gall

الخميس، 3 أكتوبر 2013

promouvoir l'harmonie entre foi et raison, vérité et liberté

Message du pape François à la plénière du CCEE
Anne Kurian
ROME, 3 octobre 2013 (Zenit.org) - Le pape François encourage le Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE) à promouvoir « une culture qui relie foi et raison, vérité et liberté, en constante harmonie ».
L'Assemblée plénière annuelle des présidents des Conférences épiscopales d'Europe (3-6 octobre) s'est ouverte aujourd'hui en Slovaquie, à Bratislava, à l'occasion du 1150ème anniversaire de l'arrivée des saints Cyrille et Méthode.
Un message du pape, envoyé par son secrétaire d'État, le cardinal Tarcisio Bertone et adressé au cardinal Péter Erdö, archevêque d'Esztergom-Budapest et président du CCEE, a été lu à l'ouverture de l'Assemblée.
Le pape François y exprime son appréciation et sa proximité envers le travail des Conférences épiscopales en Europe. Il témoigne de sa reconnaissance pour « leur contribution » et leur « service du peuple », à travers « une réflexion sur le thème de la laïcité » et « la promotion d'une culture qui relie foi et raison, vérité et liberté, en constante harmonie ».
Adressant ses « salutations cordiales » à tous les participants, il invoque une « grâce abondante » sur les pasteurs des Églises en Europe et sur leur ministère.
La présidence du CCEE avait rencontré le pape François en audience privée le 9 mai 2013.

La liberté d'expression du pape secoue l'Église - Le Point

La liberté d'expression du pape secoue l'Église
Le pape François s'exprime librement dans la presse.
Le pape François risque d'apparaître "relativiste" - enclin à ne pas donner une valeur absolue aux dogmes -, dans son interview au quotidien Repubblica, estimaient mercredi des experts du Vatican, décelant un malaise à propos de sa liberté d'expression. La conférence de presse convoquée par le père Federico Lombardi pour évoquer le "G8" des cardinaux sur la réforme de l'Église s'est rapidement transformée mercredi en un tir nourri de questions sur les modalités dans lesquelles cette interview a été réalisée par le fondateur athée du journal Eugenio Scalfari, le niveau de fiabilité des propos du pape, la fidélité des phrases rapportées.
L'Église doit renforcer son dialogue avec les non croyants, affirmait en substance le pape François dans ce dialogue. Mais il accusait aussi les chefs de l'Église d'avoir "été souvent narcissiques", confiait se sentir parfois "anticlérical". Deux passages surtout ont ému dans les milieux catholiques : quand il a dit que "le prosélytisme est une bêtise", ou quand il a donné l'impression de relativiser la vérité chrétienne : "Chacun de nous, a argumenté le pape, a sa vision du bien et aussi du mal (...). Chacun doit choisir de suivre le bien et combattre le mal comme lui le conçoit. Cela suffirait pour améliorer le monde."

Une interview "fidèle"

Pressé de questions, le père Lombardi a relevé que cette interview n'est pas "un texte du magistère, mais une transcription d'une conversation avec une personne qui a été autorisée à la publier". Le porte-parole part du principe qu'elle "a été enregistrée" et qu'elle "est fidèle".
Selon le père jésuite, le pape inaugure "un nouveau mode d'expression auquel nous n'étions pas habitués. C'est une autre nouveauté du pape, un terrain nouveau". Cette interview "sans préjugés ni filtres démontre sa disponibilité à l'égard d'un monde non croyant pas toujours bienveillant", a-t-il dit. "Il n'y a pas eu une révision du texte" avant sa publication, François "ne l'ayant pas relu" comme il avait relu sa longue interview à la revue jésuite Civilta Cattolica, deux semaines plus tôt, a dit le père Lombardi.
"Il n'y a eu aucune raison d'apporter des corrections. Si le pape avait eu l'intention de démentir ou de dire qu'il y avait eu de mauvaises interprétations, il l'aurait dit", a remarqué le porte-parole. Le fait qu'elle ait ensuite été rapportée par le quotidien du Vatican, l'Osservatore Romano, "lui attribue une authenticité".

Envoyé de mon Ipad 

LeTemps.ch | La Croix / Le "G8" des cardinaux évoque une refonte de la Curie romaine

3/10/2013-Le "G8" des cardinaux évoque une refonte de la Curie romaine

Cité du Vatican Le "G8" des cardinaux conseillers du pape s'oriente vers une refonte profonde de la Curie, a annoncé jeudi le Vatican. Et pas uniquement de simples retouches du document officiel qui règle son fonctionnement.
Dans une conférence de presse au dernier jour des consultations à huis clos entre les huit cardinaux et le pape François, le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a précisé que la refonte du gouvernement de l'Eglise, la Curie, ainsi que le rôle du Secrétairerie d'Etat (services du Premier ministre) et le rôle des laïcs, avaient figuré parmi les grands thèmes abordés. Ces organes étaient critiqués pour leur centralisme et leur opacité.
Nouvelle orientation
"Il s'agit d'un projet d'une Curie qui soit au service de l'Eglise universelle et des Eglises locales, respectant le principe de subsidiarité. Ce sera une configuration nouvelle sur des points importants", a-t-il expliqué. Les huit cardinaux "ne sont pas à Rome pour décider de faire de deux dicastères un seul, ou de donner un autre nom à une institution du Saint-Siège", a insisté le père Lombardi.
Concernant la Secrétairerie d'Etat, souvent perçue comme un véritable Etat dans l'Etat, le père Lombardi a expliqué qu'elle "devra être à l'avenir un secrétariat du pape à tous ses effets".
Les conseils des cardinaux sont "utiles au Saint-Père, au moment où il s'apprête à donner des orientations au nouveau secrétaire d'Etat", Mgr Pietro Parolin, qui entrera en fonctions le 15 octobre.
Laïcs évoqués
Le rôle des laïcs a fait également l'objet d'une "attention spécifique", et "on peut s'attendre dans l'avenir à des nouveautés", a expliqué le porte-parole, mais sans spécifier lesquelles.
La prochaine réunion du "G8" devrait se tenir en janvier-février. Tous ces dossiers feront alors l'objet de décisions du pape. Le Saint-Père, dans une interview publiée mardi par le quotidien "La Repubblica", avait personnellement jugé la Curie trop "vaticano-centriste" et avait affirmé sa volonté d'y remédier.

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Le pape François, un « bon sujet » pour les médias | La-Croix.com

Le pape François, un « bon sujet » pour les médias | La-Croix.com

Cette semaine, cinq pages dans Libération et une ouverture de rubrique dans 20 minutes consacrée à la place des divorcés remariés dans l'Église, et chaque jour – ou presque – quelques minutes à la radio comme à la télévision… Nul décompte officiel quant à la couverture du pape dans les médias, mais il semble bien qu'elle soit en nette hausse par rapport à celle de son prédécesseur. S'ils en conviennent, les médias généralistes insistent d'abord sur le fait que l'activité du pape est une « actualité comme une autre » et que ce surcroît d'importance tient avant tout à l'augmentation de ses interventions publiques… Seule chaîne de télévision française à disposer encore d'un bureau à Rome, France 2 assure un « suivi naturel dans le cadre d'une chaîne de service public », précise Renaud Bernard, son correspondant. « BFM-TV est une chaîne généraliste, mais quand une "actualité pape" a une résonance pour la majorité de nos concitoyens, elle la couvre », confirme Hervé Béroud, directeur de la rédaction de la chaîne d'info en continu. Si 20 Minutes a « choisi de traiter le sujet des divorcés remariés, indique sa rédactrice en chef adjointe Armelle Le Goff, c'est qu'il peut intéresser beaucoup plus largement que les catholiques, qui représentent très peu de gens aujourd'hui ».
Sur la forme, le pape François – intentionnellement ou non – maîtrise mieux les codes. « Ses coups de fil à des inconnus, ses tweets, sa façon d'aller vers les gens sont autant d'occasion de parler de lui », relève ainsi Catherine Mangin, directrice de la rédaction de RTL, pour qui le pape est un excellent « chroniqueur de l'actualité ».

« Dans un climat médiatique lourd, il y a quelque chose d'apaisant à l'entendre »

Au-delà, les médias ne nient pas une part de subjectivité dans leur traitement du Vatican. En l'occurrence, la personnalité du pape, les sujets qu'il aborde, ainsi que la simplicité de son discours jouent en sa faveur. « François, vu le style du bonhomme, est un bon, un merveilleux sujet », résume Fabien Roland Lévy, chef du service société au Point. « Il a une vraie popularité et apporte un grand bol d'air pour l'Église en renvoyant une image qui plaît aux non-croyants », appuie sa consœur de L'Express, Claire Chartier. Pour Céline Pigalle, la directrice de la rédaction d'iTélé, le pape François a le double mérite d'incarner « une forme de modernité, et de nous ramener à des valeurs fondamentales dont on n'entend plus parler par quiconque ». « Dans un climat médiatique lourd, il y a quelque chose d'apaisant à l'entendre », glisse-t-elle. En creux, ces professionnels reconnaissent leur difficulté à appréhender « la complexité » de son prédécesseur…
Pour François Sergent, directeur adjoint de la rédaction de Libération, l'engouement ne devrait sans doute pas atteindre celui des premières années du pontificat de Jean-Paul II : « François n'a pas le côté athlète de Dieu et le contexte historique est très différent » – mais le personnage interroge, au-delà même de « la 4L, du tutoiement » et autres « gadgets » : « Qu'il vive autrement, qu'il soit différent est un signe. Je pense que ça reflète autre chose de plus profond. Même s'il y a encore des résistances, chez nous, tout le monde reconnaît qu'on devait le traiter, ce pape ».
SERVICE RELIGION


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الثلاثاء، 1 أكتوبر 2013

Rencontre extraordinaire du pape François et d'Eugenio Scalfari


« Les jeunes sans travail : un des maux de notre monde » (1/2)
Anita Bourdin
ROME, 1 octobre 2013 (Zenit.org) - « Les jeunes sans travail : un des maux de notre monde », déclare le pape François qui poursuit son dialogue avec Eugenio Scalfari dans les colonnes du quotidien italien "La Repubblica" (cf. Zenit du 12 septembre 2013, pour l'analyse, et Zenit du 13 septembre pour le texte).
L'entretien a eu lieu au Vatican, le 24 septembre, après la lettre du pape François à la « Repubblica », et après un appel téléphonique qu'Eugenio Scalfari déclare ne jamais pouvoir oublier.
Une rencontre extraordinaire
Il raconte: "Il était deux heures et demie de l'après-midi. Mon téléphone sonne et j'entends la voix assez agitée de ma secrétaire : « J'ai le pape en ligne, je vous le passe tout de suite ». Stupéfait, j'entends déjà la voix de Sa Sainteté à l'autre bout du fil : « Bonjour, je suis le pape François. – Bonjour Sainteté, je suis bouleversé, je ne m'attendais pas à ce que vous m'appeliez. – Pourquoi bouleversé ? Vous m'avez écrit une lettre demandant de me connaître en personne. J'avais le même désir et je suis donc là pour fixer le rendez-vous. Voyons mon agenda : mercredi, je ne peux pas, lundi non plus ; cela vous irait, mardi ? – Cela va très bien. – L'horaire est un peu malcommode, à 15 heures, cela vous va-t-il ? Sinon, changeons de jour. – Sainteté, l'horaire va très bien aussi. – Alors, nous sommes d'accord : mardi 24 à 15 heures. À Sainte-Marthe. Vous devez entrez par la porte du Saint-Office. » Ne sachant comment conclure cette conversation, je me laisse aller à lui dire : « Je peux vous embrasser par téléphone ? – Certainement, je vous embrasse moi aussi. Nous le ferons ensuite en personne ; au-revoir. »
Il décrit ensuite la rencontre: "Le pape entre et me tend la main, nous nous asseyons. Souriant, il me dit : « Un de mes collaborateurs qui vous connaît m'a dit que vous alliez tenter de me convertir ». (Je réponds à la plaisanterie) Mes amis aussi pensent que c'est vous qui voulez me convertir. Il sourit encore et répond : « Le prosélytisme est une bêtise grandeur nature, cela n'a pas de sens. Il faut se connaître, s'écouter et faire grandir notre connaissance du monde qui nous entoure. Il m'arrive, après une rencontre, d'avoir envie d'en avoir une seconde parce que de nouvelles idées ont émergé et qu'on découvre de nouveaux besoins. C'est important, cela : se connaître, s'écouter, élargir le champ de sa pensée. Le monde est parcouru de routes qui rapprochent et qui éloignent, mais l'important est qu'elles mènent vers le bien."
Diagnostic de l'urgence
Le pape diagnostique "les maux les plus graves qui affligent le monde actuellement sont le chômage des jeunes et la solitude dans laquelle sont laissées les personnes âgées. Les personnes âgées ont besoin de soins et de compagnie et les jeunes, de travail et d'espérance, mais ils n'ont ni l'un ni l'autre et le problème est qu'ils ne les cherchent plus. On les a chassés dans le présent. Dites-moi : peut-on vivre chassés dans le présent ? Sans mémoire du passé et sans désir de se projeter dans le futur en construisant un projet, un avenir, une famille ? Est-il possible de continuer comme cela ? Pour moi, ceci est le problème le plus urgent que l'Église ait sous les yeux".
Pour le pape, le problème ne concerne pas seulement les États, les gouvernements, les partis, les syndicats, "il concerne aussi l'Église et même surtout l'Église parce que cette situation ne blesse pas seulement les corps mais aussi les âmes. L'Église doit se sentir responsable des âmes comme des corps. Elle en est consciente dans une large mesure, mais pas suffisamment. J'aimerais qu'elle le soit davantage. Ce n'est pas le seul problème que nous ayons devant nous mais c'est le plus urgent et le plus dramatique."
Le pape rappelle l'importance de la conscience de chacun: "Chacun de nous a sa vision du bien et aussi du mal. Nous devons inciter chacun à avancer vers ce qu'il pense être le bien. Chacun a son idée du bien et du mal et doit choisir de suivre le bien et de combattre le mal tels qu'il les conçoit. Cela suffirait à améliorer le monde."
La lèpre de la papauté
Il souligne que c'est ce que veut l'Eglise: "Nos missions ont ce but : distinguer les besoins matériels et immatériels des personnes et chercher à les satisfaire comme nous le pouvons. Savez-vous ce qu'est l' « agape » ? C'est l'amour des autres, comme nous l'a enseigné notre Seigneur. Ce n'est pas du prosélytisme, c'est l'amour. L'amour du prochain, le levain qui sert le bien commun (...). Le Fils de Dieu s'est incarné pour insuffler dans l'âme des hommes le sentiment de la fraternité. Nous sommes tous frères et tous enfants de Dieu, Abba, comme il appelait son Père. Je vous trace le chemin, disait-il. Suivez-moi et vous trouverez le Père et vous serez tous ses enfants et il trouvera sa joie en vous. L'agape, l'amour de chacun de nous envers tous les autres, des plus proches à ceux qui sont le plus loin, est justement le seul moyen que Jésus nous ait indiqué pour trouver la voie du salut et des Béatitudes."
Le pape répond une objection sur le thème du "narcissisme": "Le terme de "narcissisme" ne me plaît pas, il indique un amour démesuré pour soi-même et cela ne va pas, cela peut produire de graves dommages non seulement à l'âme de celui qui en est affecté, mais aussi dans son rapport avec les autres, avec la société dans laquelle il vit. Le vrai problème est que les personnes les plus marquées par ce qui, en réalité, est une forme de trouble mental, sont celles qui ont beaucoup de pouvoir. Les chefs sont souvent narcissiques (...). Vous savez ce que j'en pense ? Les chefs de l'Église ont souvent été narcissiques, flattés, et mal encouragés par leurs courtisans. La cour est la lèpre de la papauté."
Communauté du peuple de Dieu
Le pape lève le doute: il ne parle pas de la curie romaine: "A la Curie il y a parfois des courtisans, mais la Curie, dans son ensemble, c'est autre chose. C'est ce que, dans l'armée, on appelle l'intendance, elle gère les services qui servent au Saint-Siège. Mais elle a un défaut : elle est "Vaticanocentrique". Elle voit et elle traite les intérêts du Vatican qui sont encore, en grande partie, des intérêts temporels. Cette vision "Vaticanocentrique" néglige le monde qui nous entoure. Je ne partage pas cette vision et je ferai tout pour la changer. L'Église est ou doit redevenir la communauté du peuple de Dieu et les prêtres, les curés, les évêques avec charge d'âmes, sont au service du peuple de Dieu. C'est cela, l'Église et ce n'est pas par hasard si le terme employé est différent de celui de "Saint-Siège", qui a une fonction différente mais qui est au service de l'Église. Je n'aurais pas pu avoir pleinement foi en Dieu et dans son Fils si je ne m'étais pas formé dans l'Église et j'ai eu la chance de me trouver, en Argentine, dans une communauté sans laquelle je n'aurais pas pris conscience de moi-même et de ma foi."
Le communisme et l'anticléricalisme
Le pape François évoque aussi sa vocation personnelle: "Pour ma famille, j'aurais dû faire un autre métier, travailler, gagner un peu d'argent. Je suis allé à l'université. J'ai eu une enseignante pour laquelle j'éprouvais beaucoup de respect et d'amitié, c'était une fervente communiste. Elle me lisait souvent, ou me donnait à lire, des textes du Parti communiste. C'est ainsi que j'ai connu aussi cette conception très matérialiste. Je me souviens qu'elle m'avait même fait parvenir le communiqué des communistes américains pour la défense des Rosenberg qui avaient été condamnés à mort. Cette femme dont je parle fut ensuite arrêtée, torturée et tuée par le régime dictatorial qui gouvernait l'Argentine à cette époque."
Il précise: "Le matérialisme du communisme n'a eu aucune prise sur moi. Mais le connaître à travers une personne courageuse et honnête m'a été très utile, j'ai compris certaines choses, un aspect du social que j'ai ensuite retrouvé dans la doctrine sociale de l'Église."
Et à propos de la théologie de la libération: "C'est certain que leur théologie avait des développements politiques, mais beaucoup d'entre eux étaient croyants et avait une conception élevée de l'humanité."
Eugenio Scalfari évoque à son tour sa formation: mère catholique, prix de catéchisme à 12 ans, communiant des Premiers Vendredis, qui bascule au lycée avec la découverte des philosophes, notamment de Descartes: "Descartes n'a toutefois jamais renié sa foi dans le Dieu transcendant", fait remarquer le pape, qui ajoute: "Mais, d'après ce que j'ai compris, vous êtes un non-chrétien mais pas un anticlérical. C'est très différent."
"C'est vrai, je ne suis pas anticlérical, mais je le deviens lorsque je croise une personne cléricale", répond Scalfari qui fait sourire le pape: "Cela m'arrive aussi, lorsque je me trouve devant une personne cléricale, je deviens d'un coup anticlérical. Le cléricalisme ne devrait rien avoir en commun avec le christianisme. Saint Paul, qui fut le premier à parler aux Gentils, aux païens, aux croyants d'autres religions, fut le premier à nous enseigner cela."
Avec Hélène Ginabat pour la traduction