الخميس، 29 أكتوبر 2015

COP21: appel inédit de patriarches, cardinaux et évêques | ZENIT - Le monde vu de Rome

COP21: appel inédit de patriarches, cardinaux et évêques | ZENIT - Le monde vu de Rome

COP21: appel inédit de patriarches, cardinaux et évêques


Un accord fédérateur, global, transformationnel, solidaire, juste, participé

Rome, (ZENIT.org) Rédaction | 1365 clics


« Nous nous joignons au Saint-Père en plaidant pour une percée majeure lors de la COP21 de Paris, pour atteindre un accord fédérateur, global et transformationnel, et basé sur les principes de solidarité, justice et participation » : par cet appel, l'Eglise catholique se mobilise pour la planète, dans le sillage de l'encyclique du pape François Laudato Si' dans un appel inédit en dix points, promu par le Conseil pontifical Justice et Paix.
C'est en effet la première fois des patriarches, des cardinaux et des évêques représentant les conférences épiscopales des 5 continents signent un appel aux négociateurs de la Conférence de Paris.
Pour un changement véritable
À un mois de la Conférence de Paris sur les changements climatiques, « COP21 », ils demandent qu'elle aboutisse à un « accord » qui soit à la fois « équitable », « juridiquement contraignant », et « synonyme de véritable transformation des modèles de société ».
Le document a été présenté à la presse au Vatican, ce lundi 26 octobre, par les cardinaux Oswald Gracias, archevêque de Bombay (Inde) et président de la Fédération Conférences épiscopales d'Asie, et Ruben Salazar Gomez, archevêque de Bogota (Colombie) et président du CELAM, aux côtés de Mgr John Ribat, archevêque de Port Moresby (Papouasie Nouvelle Guinée) et président de la Conférence épiscopale d'Océane, Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles et vice-président de la COMECE, et le prof. Jean-Pascal van Ypersele, climatologue belge.
Ils  espèrent « un accord fédérateur, global et transformationnel, et basé sur les principes de solidarité, justice et participation. Un accord qui fera passer le bien commun avant les intérêts nationaux. Un accord qui sera également exécutoire pour protéger notre maison commune et tous ses habitants. »
L'appel s'achève par une "prière pour la Terre".
Les signataires de l'appel
Les signataires sont des représentants des catholiques des 5 continents et des patriarches catholiques d'Orient:
- le cardinal Oswald Gracias, Archevêque de Bombay (Inde) et président de la FABC (Asie),
- Mgr Gabriel Mbilingi, archevêque de Lubango (Angola) et président du Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM),
- le cardinal Peter Erdö, archevêque d'Esztergom-Budapest (Hongrie) et président du Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE),
- Mgr Joseph Kurtz, archevêque de Louisville  et président de la Conférence épiscopale (États-Unis),
- le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising (Allemagne) et président de la Commission des épiscopats de la communauté européenne (Comece),
- Mgr John Ribat, archevêque de Port Moresby (Papouasie Nouvelle-Guinée) et président de la FBCO (Fédération des conférences épiscopales d'Océanie),
- le cardinal Ruben Salazar Gomez, archevêque de Bogota (Colombie) et président du Conseil des épiscopats latino-américains (Celam),
- Mgr David Douglas Crosby, évêque de Hamilton (Canada) et nouveau président de la conférence épiscopale canadienne,
- et le cardinal Boutros Bechara Raï, patriarche d'Antioche des Maronites, et président du Conseil des patriarches catholiques d'Orient (CPCO).
A.B.
Texte intégral de l'appel
L'appel qui suit a été lancé par des Cardinaux, des Patriarches et des Évêques du monde entier représentant les groupements continentaux des conférences épiscopales nationales. Cet appel demande aux négociateurs de la COP21 à Paris d'œuvrer à l'adoption d'un accord sur le climat équitable, juridiquement contraignant et synonyme de véritable transformation. En tant que représentants de l'Église catholique des cinq continents, nous, Cardinaux, Patriarches et Évêques, réunis à l'invitation de la Secrétairerie d'État du Vatican et nous exprimant en notre nom et en celui des populations dont nous avons la charge, formons le vœu que les négociations de la COP21 à Paris déboucheront sur un accord équitable et juridiquement contraignant sur le climat.
Nous formulons une proposition politique en dix points, fondée sur l'expérience des populations des cinq continents et faisant le lien entre le changement climatique et l'injustice sociale et l'exclusion sociale dont sont victimes nos concitoyens les plus pauvres et les plus vulnérables.
Changement climatique : défis et opportunités
Dans sa lettre encyclique, Laudato Si', adressée « à chaque personne qui habite cette planète » (LS 3), le Pape François souligne que « le changement climatique… constitue l'un des principaux défis actuels pour l'humanité ». Le climat est un bien commun, partagé, de tous et pour tous (LS 23). L'environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l'humanité, sous la responsabilité de tous (LS 95). Aujourd'hui croyants et non croyants, nous sommes d'accord sur le fait que la terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous. Pour les croyants cela devient une question de fidélité au Créateur, puisque Dieu a créé le monde pour tous. Par conséquent, toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés (LS 93). La dramatique accélération du changement climatique constitue une problématique aux incidences mondiales, qui nous oblige à redéfinir le sens que nous accordons aux mots croissance et progrès. Cette problématique interpelle notre mode de vie, nous enjoint à trouver une solution consensuelle, compte tenu de son ampleur et de sa nature planétaire ; elle nous invite à tisser les liens d'une solidarité universelle, d'une solidarité à la fois « intergénérationnelle » et « intra-générationnelle ». (LS 13, 14, 162) Le Pape décrit notre planète comme « notre maison commune », dont nous sommes les intendants: dans l'exercice de notre charge, nous devons sans cesse garder à l'esprit la dégradation humaine et sociale qui procède de la dégradation de l'environnement. Nous préconisons une approche écologique intégrale, nous voulons que la justice sociale soit au centre de l'attention « pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres ». (LS 49).
Les pauvres doivent être associés au développement durable
Tout en déplorant les effets dramatiques de l'évolution rapide du climat sur le niveau des mers, les phénomènes météorologiques extrêmes, la dégradation des écosystèmes et la perte de biodiversité, l'Église est aussi témoin des répercussions, généralement désastreuses, du changement climatique sur les communautés et les populations vulnérables. Le Pape François attire notre attention sur les conséquences irréparables d'un changement climatique sans frein pour de nombreux pays en développement de par le monde. Par ailleurs, dans son discours adressé à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies, le Pape a déclaré que l'abus et la destruction de l'environnement sont aussi accompagnés d'un processus d'exclusion constant. Des dirigeants courageux, en quête d'accords exécutoires La construction et l'entretien d'une maison commune durable impliquent un leadership politique courageux et imaginatif. « Il devient indispensable de créer un système normatif qui implique des limites infranchissables et assure la protection des écosystèmes » (LS 53). Il ressort de données scientifiques fiables que l'accélération du changement climatique serait la conséquence d'une activité humaine sans retenue, s'inscrivant dans une certaine vision du progrès et du développement et reposant exagérément sur l'usage des combustibles fossiles. Sensibles aux dégâts qu'elles provoquent, le Pape et les Évêques catholiques des cinq continents appellent à une réduction draconienne des émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz toxiques.
Nous nous joignons au Saint-Père en plaidant pour une percée majeure lors de la COP21 de Paris, pour atteindre un accord fédérateur, global et transformationnel, et basé sur les principes de solidarité, justice et participation. Un accord qui fera passer le bien commun avant les intérêts nationaux. Un accord qui sera également exécutoire pour protéger notre maison commune et tous ses habitants. Nous, Cardinaux, Patriarches et Évêques, lançons un appel à toutes et à tous et formulons dix propositions politiques précises. Nous appelons la COP21 à trouver un accord international qui limite l'augmentation de la température planétaire aux paramètres suggérés actuellement par la communauté scientifique mondiale pour éviter des conséquences climatiques désastreuses, surtout pour les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables. Nous reconnaissons que la responsabilité des nations est certes commune, mais aussi différenciée. Tous les pays ne sont pas au même stade de développement. Mais ils doivent impérativement agir ensemble, dans le cadre d'une entreprise commune.
Nos dix appels :
1.  Garder à l'esprit non seulement les dimensions technique mais aussi et surtout éthique et morale du changement climatique comme stipulé à l'article 3 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
2.  Reconnaître que le climat et l'atmosphère sont des biens communs mondiaux qui appartiennent à tout le monde et sont destinés à tout le monde.
3.  Adopter un accord mondial transformationnel et juridiquement contraignant qui s'appuie sur notre vision du monde, laquelle reconnaît la nécessité de vivre en harmonie avec la nature et de garantir la jouissance des droits humains pour tous, y compris ceux des populations autochtones, des femmes, des jeunes et des travailleurs.
4. Limiter fortement la hausse de la température planétaire et fixer un objectif pour la décarbonisation complète d'ici 2050, de manière à protéger des effets du changement climatique les familles qui sont en première ligne, notamment celles qui vivent dans les îles du Pacifique et sur les régions côtières :  - Veiller à ce que le seuil de température soit inscrit dans un accord mondial juridiquement contraignant, assorti d'engagements et de mesures d'atténuation par tous les pays, lesquels reconnaissent leur responsabilité commune mais différenciée et leurs capacités respectives sur la base de l'équité, de leurs responsabilités historiques et du droit à un développement durable ;
- Veiller à ce que les trajectoires d'émissions des gouvernements soient conformes à l'objectif de décarbonisation et imposer des revues périodiques des engagements et des ambitions, sur la base de l'équité et de données scientifiques. Pour être fructueuses, ces revues périodiques doivent être obligatoires.
5. Élaborer de nouveaux modèles de développement et de nouveaux modes de vie compatibles avec le climat ; s'atteler aux inégalités et sortir les gens de la pauvreté. L'idée centrale est de mettre un terme à l'ère des combustibles fossiles, de faire progressivement disparaître les émissions produites par les combustibles fossiles et d'offrir à tout un chacun l'accès à une énergie renouvelable, saine, fiable et à un prix abordable.
6. Assurer l'accès des populations à l'eau et à la terre pour avoir des systèmes alimentaires résilients et durables, qui donnent la priorité aux solutions trouvées par les personnes plutôt qu'au profit.
7. Garantir la participation et l'implication des populations les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus touchées, à tous les niveaux du processus décisionnel.
8. Veiller à ce que l'accord de 2015 enclenche une démarche d'adaptation qui réponde de manière adéquate aux besoins immédiats des communautés les plus vulnérables et qui consolide les alternatives locales.
9. Reconnaître que les besoins d'adaptation dépendent de la réussite des mesures d'atténuation qui sont prises. Il incombe aux responsables du changement climatique d'aider les plus vulnérables à s'adapter et à gérer les pertes et les préjudices et de partager la technologie et le savoir-faire nécessaires.
10. Établir des feuilles de routes précises indiquant comment les pays vont pouvoir tenir leurs engagements financiers additionnels, prévisibles et consistants, en trouvant un financement équilibré entre les mesures d'atténuation et les besoins d'adaptation. Tout ceci appelle à une conscience et éducation écologique sérieuses (LS 202-215)
Prière pour la terre
Dieu d'amour, enseigne-nous à prendre soin de notre maison commune.
Inspire nos chefs de gouvernement au moment où ils vont se réunir à Paris pour :
−  qu'ils entendent le cri de la terre et le cri des pauvres ;
−  qu'ils soient unis de cœur et d'esprit en répondant de façon courageuse,
−  en cherchant le bien commun et la protection de ce jardin magnifique que tu as créé pour
nous, pour nos frères et sœurs, et pour les générations à venir.
Amen.


Jtk

الاثنين، 28 سبتمبر 2015

Écologie, pauvreté, corruption… Les thèmes du discours du pape à l’ONU résonnent fort au Brésil | La-Croix.com - Actualité

Écologie, pauvreté, corruption… Les thèmes du discours du pape à l'ONU résonnent fort au Brésil | La-Croix.com - Actualité

Écologie, pauvreté, corruption… Les thèmes du discours du pape à l'ONU résonnent fort au Brésil

« L'abus et la destruction de l'environnement sont en même temps accompagnés par un processus implacable d'exclusion. » Pour Mgr Flavio Giovenale, évêque de Santarem, dans l'État du Para en Amazonie, ces mots du pape prononcés devant l'ONU vendredi 25 septembre, font écho à une réalité qu'il constate quotidiennement : « Les cultures intensives de soja et de maïs, en plus de tuer progressivement la forêt amazonienne, ne créent pas d'emplois et ne profitent aucunement à la population locale. Les eaux sont polluées et empoisonnent les habitants. »
Berceau de l'Amazonie, le Brésil porte « une grande responsabilité », selon Mgr Guilherme Werlang, évêque d'Ipameri, dans le Goias, au centre du pays.
> A lire : À l'ONU, le pape réaffirme la sacralité de la vie et de la nature

Un climat de « violence, de haine et d'exclusion »

Les mots du pape ont d'autant plus résonné au Brésil que le pays traverse une grave crise politique et économique.
Cette crise a renforcé un climat de « violence, de haine et d'exclusion », repère Mgr Flavio, qui dénonce une hausse du racisme et des discriminations. « Les premiers touchés sont les plus pauvres », ajoute Mgr Guilherme, également en charge de la commission de la charité, la justice et la paix à la conférence épiscopale.
Fragilisés par la hausse du chômage et l'inflation, les pauvres et les Brésiliens de la petite classe moyenne, souvent endettés, sont aussi assujettis à un système de crédit qui, « loin de promouvoir le progrès » comme le dénonce le pape, conduit à « une plus grande pauvreté, à l'exclusion et la dépendance ».
En parlant à voix haute d'un conflit « pas toujours clairement déclaré », lié au trafic de drogue, le pape, là encore, a touché un des problèmes les plus sanglants du pays, le « mal du XX e et du XXI e  siècle », observe Mgr Guilherme. Mal qui « détruit les plus faibles : les enfants et les adolescents », dénonce-t-il.
> A (re) lire : Le Brésil s'enfonce dans une crise économique et politique

Une corruption « présente non seulement au niveau des élites, mais aussi au milieu de nous »

Plus d'un an après la révélation du scandale entourant la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras, les critiques du pape retentissent fortement. Pour Mgr Guilherme, cette corruption est « présente non seulement au niveau des élites, mais aussi au milieu de nous, et cela depuis des siècles. Le changement ne viendra pas que des tribunaux, il doit venir de nous tous, des Brésiliens eux-mêmes ».
La presse a pour sa part commenté discrètement le discours papal à l'ONU, saluant principalement son soutien pour la réforme du conseil de sécurité, une demande que renouvellera la présidente Dilma Rousseff, lundi 28 septembre, lors de l'Assemblée générale de l'organisation.


Jtk

الجمعة، 25 سبتمبر 2015

Le pape au Congrès, les 10 points du discours | La-Croix.com - Rome

Le pape au Congrès, les 10 points du discours | La-Croix.com - Rome

Le pape au Congrès, les 10 points du discours

« Chaque fils ou fille d'un pays a une mission, une responsabilité personnelle et sociale. » C'est par ces mots que le pape François s'est adressé aux membres du Congrès des États-Unis jeudi 24 septembre 2015. Saluant successivement « quelques-unes des richesses de (l') héritage culturel, de l'esprit du peuple américain », il l'a, à plusieurs reprises, « encouragé dans (son) effort ».

1/Le fondamentalisme 

« Notre monde devient de plus en plus un lieu de violent conflit, de haine et d'atrocités brutales, perpétrées même au nom de Dieu et de la religion. Nous savons qu'aucune religion n'est exempte de formes d'illusion individuelle ou d'extrémisme idéologique. Cela signifie que nous devons faire spécialement attention à tout type de fondamentalisme, qu'il soit religieux ou de n'importe quel autre genre ». Sans s'engager dans la question d'une intervention armée en Irak ou en Syrie – qui, de l'avis général, ne pourrait se faire sans l'appui des États-Unis –, le pape s'en tient à rappeler « l'équilibre délicat (…) pour combattre la violence perpétrée au nom d'une religion, d'une idéologie ou d'un système économique, tout en sauvegardant aussi la liberté religieuse, la liberté intellectuelle et les libertés individuelles. » Le pape fait peut-être allusion aux tensions créées par la peur du terrorisme islamiste dans nombre de pays occidentaux.

Immédiatement, il mentionne d'ailleurs « une autre tentation dont nous devons spécialement nous prémunir : le réductionnisme simpliste qui voit seulement le bien ou le mal ; ou, si vous voulez, les justes et les pécheurs ». Pour le pape, « le monde contemporain, avec ses blessures ouvertes » implique de rejeter « toute forme de polarisation qui le diviserait en deux camps ». « Imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est la meilleure façon de prendre leur place », rappelle-t-il.

2/ La coopération

« Notre réponse doit au contraire être une réponse d'espérance et de guérison, de paix et de justice. Nous sommes appelés à unir le courage et l'intelligence pour résoudre les nombreuses crises géopolitiques et économiques actuelles ». Pour le pape, l'heure est à une revivification de cet esprit de coopération, qui a « accompli tant de bien tout au long de l'histoire des États-Unis. »

 > À lire aussi : Le pape à Washington : le rôle des lobbys catholiques au Congrès  

Rappelant - en lien avec la Doctrine sociale de l'Église - que la politique doit être « au service de la personne humaine » et du « plus grand bien commun, celui de la communauté, il juge urgent de mettre « en commun nos ressources ainsi que nos talents (...) dans le respect de nos différences et de nos convictions dictées par la conscience ».

3/ Les « native Americans »

« Nous, le peuple de ce continent, nous n'avons pas peur des étrangers, parce que la plupart d'entre nous était autrefois des étrangers. Je vous le dis en tant que fils d'immigrés, sachant que beaucoup d'entre vous sont aussi des descendants d'immigrés. Tragiquement, les droits de ceux qui étaient ici longtemps avant nous n'ont pas été toujours respectés ». Au lendemain de la canonisation du P. Junipero Serra, l'évangélisateur de la Californie, le pape François a tenu à redire sa « plus haute estime » à « ces peuples et à leurs nations, du cœur de la démocratie américaine ».

L'occasion aussi, d'appeler les Américains, à ne « pas répéter les péchés et les erreurs du passé ». « Nous devons nous résoudre à présent à vivre de manière aussi noble et aussi juste que possible, alors que nous éduquons les nouvelles générations à ne pas tourner le dos à nos ''voisins'', ni à rien autour de nous », a-t-il lancé aux membres de ce Congrès américain, auxquels est reproché un certain isolationnisme. « Bâtir une nation nous demande de reconnaître que nous devons constamment nous mettre en relation avec les autres (...) dans un constant effort pour faire de notre mieux ». 

4/ Les réfugiés  

 « Notre monde est confronté à une crise de réfugiés d'une ampleur inconnue depuis la Seconde Guerre Mondiale. Cette crise nous place devant de grands défis et de nombreuses décisions difficiles ». Rappelant que ces « milliers de personnes sont portées à voyager vers le Nord à la recherche d'une vie meilleure pour elles-mêmes et pour leurs proches », le pape François a choisi l'angle de la morale pour s'adresser au Congrès  : « N'est-ce pas ce que nous voulons pour nos propres enfants ? (...) Souvenons-nous de la Règle d'Or : « Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour les autres aussi » (Mt 7, 12) ». 

Conscient que son appel lancé aux paroisses d'accueillir une famille de réfugiés suscite des réticences, le pape l'affirme  : « Cette règle nous indique une direction claire. Traitons les autres avec la même passion et compassion avec lesquelles nous voulons être traités ». 

5/ La peine de mort

 « Cette conviction m'a conduit, depuis le début de mon ministère, à défendre, à différents niveaux, la cause de l'abolition totale de la peine de mort. Je suis convaincu que ce chemin est le meilleur, puisque chaque vie est sacrée, chaque personne humaine est dotée d'une dignité inaliénable, et la société ne peut que bénéficier de la réhabilitation de ceux qui sont reconnus coupables de crimes ». Sur ce point, le pape François dit son « soutien » et « ses encouragements » aux évêques américains qui ont récemment « renouvelé leur appel pour l'abolition de la peine de mort ». 

6/ La lutte contre la pauvreté  

 « Je voudrais vous encourager à vous souvenir de tous ces peuples autour de nous, enlisés dans le cycle de la pauvreté. Ils ont besoin eux aussi qu'on leur donne l'espérance. La lutte contre la pauvreté et la faim doit être menée constamment et sur plusieurs fronts, spécialement en prenant en considération leurs causes ». 

Tout en rappelant le travail de « beaucoup d'Américains » sur le front de la lutte contre la pauvreté, le pape François rappelle les mots d'ordre de la Doctrine sociale de l'Église  : juste utilisation des ressources naturelles, convenable application de la technologie pour « une économie qui vise à être moderne, inclusive et durable ». 

7/ La sauvegarde de la Création  

 « Ce bien commun inclut aussi la terre, un thème central de l'Encyclique que j'ai écrite récemment afin 'd'entrer en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune'. 'Nous avons besoin d'une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous' ». 

Reprenant les mots de son encyclique Laudato si', il invite les responsables américains - parmi lesquels se trouvent encore quelques climatosceptiques - « à un effort courageux et responsable (...) pour inverser les effets les plus graves de la détérioration environnementale causée par l'activité humaine ». « Je suis certain que nous pouvons faire la différence et je n'ai aucun doute que les États-Unis – et ce Congrès – ont un rôle important à jouer », insiste-t-il à la veille de la COP21.

 > A lire  : notre dossier sur l'encyclique Laudato Si'  

8/ Cuba, Colombie, Iran  ?...

« Dans cette perspective de dialogue, je voudrais reconnaître les efforts réalisés au cours des derniers mois pour aider à surmonter les différences historiques liées à de déplorables épisodes du passé. C'est mon devoir de bâtir des ponts et d'aider tous les hommes et toutes les femmes, de toutes les manières possibles, à faire de même. Lorsque des pays qui avaient été en désaccord reprennent le chemin du dialogue – un dialogue qui aurait pu avoir été interrompu pour des raisons les plus légitimes – de nouvelles opportunités s'offrent pour tous ». 

Sans précision de noms ou de lieux, le pape François salue le « courage et (la) hardiesse » de ces dirigeants qui, « ayant à l'esprit les intérêts de tous », ont su saisir « le moment dans un esprit d'ouverture et de pragmatisme » et opérer des rapprochements politiques ou diplomatiques audacieux.

9/ Le commerce des armes  

 « Être au service du dialogue et de la paix signifie aussi être vraiment déterminé à réduire et, sur le long terme, à mettre fin aux nombreux conflits armés dans le monde. Ici, nous devons nous demander : pourquoi des armes meurtrières sont-elles vendues à ceux qui planifient d'infliger des souffrances inqualifiables à des individus et à des sociétés ? Malheureusement, la réponse, comme nous le savons, est simple : pour de l'argent ; l'argent qui est trempé dans du sang, souvent du sang innocent. Face à ce honteux et coupable silence, il est de notre devoir d'affronter le problème et de mettre fin au commerce des armes ». 

10/ La famille  

Enfin, rappelant qu'il achèvera ce week-end sa visite aux États-Unis en prenant part à la Rencontre mondiale des familles à Philadelphie, il termine son discours en leur rendant hommage. « Que la famille a été importante pour la construction de ce pays ! Et combien elle demeure digne de notre soutien et de notre encouragement ! » 

Mais au Congrès américain, il dit aussi sa « préoccupation pour la famille, qui est menacée, peut-être comme jamais auparavant, de l'intérieur comme de l'extérieur ». « Les relations fondamentales sont en train d'être remises en cause, comme l'est la base même du mariage et de la famille », dénonce-t-il avant d'attirer l'attention « sur ses membres les plus vulnérables : les jeunes ». « Au risque de simplifier à l'extrême, nous pourrions dire que nous vivons dans une culture qui pousse les jeunes à ne pas fonder une famille, parce qu'il n'y a pas de perspectives d'avenir ». 

 « Leurs problèmes sont nos problèmes. Nous ne pouvons pas les éviter. Il nous faut les affronter ensemble, échanger à ce sujet et chercher des solutions efficaces au lieu de nous enliser dans des discussions », conclut-il, à la veille de la deuxième assemblée du Synode sur la famille qui se tiendra, à Rome, du 4 au 25 octobre.

 > A lire  : notre dossier sur le synode de la famille  



Jtk

الثلاثاء، 15 سبتمبر 2015

Le Pape François appelle à « humaniser l'économie »Radio Vatican

Le Pape François appelle à « humaniser l'économie »Radio Vatican

Le Pape François appelle à « humaniser l'économie »

Le Pape François lors de son arrivée dans la salle Paul VI - AFP

(RV) « Chercher à humaniser l'économie, unir l'efficacité avec la solidarité » : c'est le rôle d'une banque coopérative, tel qu'expliqué par le Pape François. Ce samedi matin, il recevait en la salle Paul VI au Vatican 7000 personnes, dirigeants, employés et leurs proches de la Banca di Credito cooperativo de Rome (BCC), la Banque de Crédit coopératif.

Dans son discours, le Pape a souligné que le plus grand défi pour une coopérative n'était pas celui de devenir une grande entreprise mais de « croître en continuant à être une vraie coopérative », autrement dit en favorisant « la participation active des actionnaires. Faire ensemble et faire pour les autres ». 

Le Pape François aime les coopératives. Il a déjà eu l'occasion de le leur dire en février en rencontrant deux fédérations italiennes de coopératives. Alors, il a répété à cette banque coopérative les conseils qu'il avait déjà formulés il y a quelques mois : « être un moteur qui développe la part la plus faible des communautés locales et de la société civile, en pensant surtout aux jeunes sans travail, et en pariant sur la naissance de nouvelles entreprises coopératives ». Il les a aussi encouragés à « proposer et mettre en pratique de nouvelles solutions en matière, notamment, de santé », tout en se préoccupant « du rapport entre l'économie et la justice sociale, pour maintenir la dignité et la valeur des personnes ». « Au centre : la personne, pas le Dieu argent ! » s'est-il exclamé.

La banque coopérative doit penser également à « promouvoir un usage solidaire et social de l'argent » car une vraie coopérative est un lieu « où le capital ne commande pas sur les hommes mais les hommes sur le capital ». Autre recommandation : « faire croître l'économie de l'honnêteté en ce temps où l'air de la corruption souffle de partout ». Enfin, la coopérative se doit de « participer activement à la mondialisation ».

Au-delà de ces conseils, le Pape François a insisté sur le principe de « subsidiarité », essentiel pour la doctrine sociale de l'Église. Il s'agit de « ne pas peser sur les institutions et donc sur le pays quand on peut affronter les problèmes avec ses propres forces, avec responsabilité ». Et d'indiquer la route à la banque romaine, invitée à « penser plus grand et à élargir les horizons ».

Enfin, le Pape a souhaité que la BCC « puisse être le noyau autour duquel se construit un grand réseau pour faire naitre des entreprises qui créent de l'emploi », une nécessité pour « donner l'opportunité que chaque homme et chaque femme aient la dignité que donne le travail ».



Jtk

الخميس، 10 سبتمبر 2015

Fwd: telelumiere vient de mettre une vidéo en ligne





Début du message transféré :

Expéditeur: YouTube <noreply@youtube.com>
Date: 10 septembre 2015 16:27:59 UTC+3
Destinataire: josekore@gmail.com
Objet: telelumiere vient de mettre une vidéo en ligne

telelumiere vient de mettre une vidéo en ligne telelumiere a mis en ligne la vidéo صور البابا فرنسيس ،وأفكاره، ممنوعة في السعودية (تيلي لوميار). تقرير: ملكة كلاس لا تقفُ ال...

                                             
telelumiere a mis en ligne la vidéo صور البابا فرنسيس ،وأفكاره، ممنوعة في السعودية (تيلي لوميار).
telelumiere

الأربعاء، 24 يونيو 2015

Travail : "Osez, soyez courageux et créatifs!



Envoyé de mon Ipad 

Début du message transféré :

Expéditeur: ZENIT <info@zenit.org>
Date: 21 juin 2015 18:31:23 UTC+3
Travail : "Osez, soyez courageux et créatifs!"

Au premier jour de sa visite pastorale à Turin, ce 21 juin 2015, le pape rencontre le monde du travail, qu'il encourage à dépasser la crise avec créativité, en incluant les jeunes et les séniors.

Anne Kurian

Rome, (ZENIT.org)

« Courage !... osez, soyez courageux, allez de l'avant, soyez créatifs, soyez "artisans" tous les jours, artisans du futur ! » : c'est l'exhortation du pape François au monde du travail, au premier jour de sa visite pastorale à Turin, ce 21 juin 2015.

Le pape est en effet pour deux jours dans la capitale du Piémont – terre de ses ancêtres – à l'occasion de l'Ostension du Saint-Suaire et du bicentenaire de la naissance de saint Jean Bosco.

Il avait rendez-vous dès son arrivée avec le monde du travail, à 8h40, sur la Piazzetta Reale. Après le témoignage d'un ouvrier, d'un agriculteur et d'un entrepreneur, le pape a exprimé « sa proximité aux jeunes sans travail, aux personnes au chômage partiel ; mais aussi aux entrepreneurs, artisans et travailleurs… surtout ceux qui peinent le plus ».

« Le travail n'est pas nécessaire seulement pour l'économie, mais pour la personne humaine, pour sa dignité, pour sa citoyenneté et pour l'inclusion sociale », a-t-il affirmé.

Évoquant la crise actuelle, il a appelé à « dire "non" à une économie du rebut, "non" à l'idolâtrie de l'argent, "non" à la corruption, "non" aux complicités mafieuses, à l'escroquerie, à l'iniquité qui génère la violence ».

« Le spectacle actuel, où les êtres humains sont traités comme des marchandises, fait pleurer !... On exclut les enfants (natalité zéro !), on exclut les personnes âgées, et à présent on exclut les jeunes (plus de 40% sont au chômage) ! », a-t-il dénoncé.

Le pape a appelé à « investir avec courage dans la formation, à mettre en œuvre un "pacte social et générationnel" », c'est-à-dire à « mettre les ressources à disposition, dans la perspective de "faire ensemble" » et à « réactiver une solidarité entre les générations, retrouver la confiance entre jeunes et adultes ».

« Une crise ne peut être dépassée sans les jeunes, les enfants et les plus âgés... Les enfants et les séniors sont la richesse et la promesse d'un peuple », a-t-il insisté.

Le pape a aussi lancé un appel en faveur de la protection des droits des femmes, « qui tout en portant le soin des foyers, des enfants et des plus âgés, sont encore discriminées, y compris dans le travail ».

« Courage !... osez, soyez courageux, allez de l'avant, soyez créatifs, soyez "artisans" tous les jours, artisans du futur ! », a-t-il conclu.

Après la rencontre, le pape a traversé la place pour rejoindre la cathédrale, où il a vénéré le Saint-Suaire.

الثلاثاء، 23 يونيو 2015

"Le monde du travail devrait être en attente des jeunes



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Expéditeur: ZENIT <info@zenit.org>
Date: 23 juin 2015 01:00:55 UTC

"Le monde du travail devrait être en attente des jeunes !"

Traduction intégrale du discours au pape François aux membres de la Fédération nationale italienne des Chevaliers du Travail.

Rédaction

Rome, (ZENIT.org)

« Le monde du travail devrait être en attente des jeunes préparés et désireux de s'impliquer et de se révéler ». Sinon, il « prive les jeunes d'un élément essentiel pour leur réalisation et [il prive] l'économie de l'apport des forces les plus fraîches », déclare le pape en recevant les membres de la Fédération nationale italienne des Chevaliers du Travail, samedi dernier, 20 juin 2015, au Vatican.

Le pape a souligné la portée sociale du travail : « la capacité d'impliquer les personnes et de confier des responsabilités, de manière à stimuler l'entreprise, la créativité, l'engagement ». Une capacité qui « a des effets positifs sur les nouvelles générations » et offre « des espérances pour le futur ».

« L'économie ne concoure à un authentique développement que si elle s'enracine dans la justice et dans le respect de la loi, si elle ne marginalise pas les individus et les peuples, si elle se tient loin de la corruption et de la malhonnêteté, et ne néglige pas de préserver l'environnement naturel », a-t-il ajouté.

A.K.

Discours du pape François

Je suis heureux de vous accueillir pour cette audience spéciale qui m'offre l'opportunité de rencontrer quelques représentants qualifiés du monde du travail en Italie. En particulier je salue et remercie votre Président pour ses aimables paroles.

L'attribution de l'Ordre « du Mérite du Travail » constitue depuis plus de cent ans, de la part de l'État, une importante reconnaissance pour ceux qui comme vous, vous êtes distingués dans le monde entrepreneurial et économique, contribuant à créer du travail et à faire croître la valeur des produits italiens dans le monde. Cette œuvre, pour laquelle vous avez été décorés de la plus haute distinction, est plus que jamais précieuse dans un temps – le nôtre – qui à la suite de la crise économico-financière a connu une lourde stagnation et même une vraie récession, dans un contexte social déjà marqué par les ruptures et par le chômage, en particulier celui des jeunes.

Ce dernier en particulier est une vraie plaie sociale, en ce qu'il prive les jeunes d'un élément essentiel pour leur réalisation et le monde économique de l'apport des forces les plus fraîches. Le monde du travail devrait être en attente des jeunes préparés et désireux de s'impliquer et de se révéler. Au contraire en ces années, ils sont souvent reçu le message qu'on n'a pas besoin d'eux. Ceci est le symptôme d'un dysfonctionnement grave, qu'on ne peut pas seulement attribuer à des causes de niveau global ou international.

Le bien commun, fin ultime de la cohabitation, ne peut être atteint par une simple augmentation des gains ou de la production, mais il a comme présupposé indispensable l'implication active de tous les sujets qui composent le corps social. L'enseignement social de l'Église rappelle continuellement ce critère fondamental : que l'être humain est au centre du développement, et tant que les hommes et les femmes seront passifs ou marginalisés, le bien commun ne peut se considérer pleinement atteint. Vous vous êtes distingués parce que vous avez osé et risqué, vous avez investi en idées, énergie et capitaux, en les faisant fructifier, en confiant des tâches, en réclamant des résultats et en contribuant à rendre les autres plus entreprenants et collaboratifs. Voilà la portée sociale du travail : la capacité d'impliquer les personnes et de confier des responsabilités, de manière à stimuler l'entreprise, la créativité, l'engagement. Cela a des effets positifs sur les nouvelles générations et fait en sorte qu'une société recommence à regarder de l'avant, offrant des perspectives et des opportunités, et ainsi des espérances pour le futur.

Une proposition louable de votre Fédération Nationale est que ses membres mettent en évidence, outre le rôle social du travail, sa portée éthique. En fait, l'économie ne concoure à un authentique développement que si elle s'enracine dans la justice et dans le respect de la loi, si elle ne marginalise pas les individus et les peuples, si elle se tient loin de la corruption et de la malhonnêteté, et ne néglige pas de préserver l'environnement naturel. La pratique de la justice – les textes bibliques nous l'enseignent avec sagesse – ne se limite pas à s'abstenir de l'iniquité ou à observer des lois (même si ceci est déjà beaucoup !), mais va même plus loin. Est vraiment juste celui qui, outre respecter les règles, agit avec conscience et intérêt pour le bien de tous, plutôt que pour soi-même. Est juste celui qui prend à cœur le sort des moins avantagés et des plus pauvres, qui ne se lasse pas d'agir et qui est prêt à inventer des chemins toujours nouveaux. L'usage de la justice, dans le plein sens du terme, est celui que nous souhaitons pour tous les opérateurs économiques et pour tous les citoyens.

Avec de tels souhaits, j'invoque pour vous, vos familles et vos activités, l'intercession de saint Benoît de Nursie, Patron de Chevaliers du Travail, et de tout cœur je vous bénis. S'il vous plaît n'oubliez pas de prier pour moi.

Traduction de Zenit, Hugues de Warren

Le travail nécessaire à l’inclusion sociale



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Expéditeur: ZENIT <info@zenit.org>
Date: 23 juin 2015 01:00:55 UTC+3
Le travail nécessaire à l'inclusion sociale

Traduction intégrale du discours du pape François sur le travail, à Turin, dimanche matin, 21 juin.

Anita Bourdin

Rome, (ZENIT.org)

« Le travail n'est pas seulement nécessaire à l'économie, mais à la personne humaine, à sa dignité, à sa citoyenneté et aussi à l'inclusion sociale », déclare le pape François lors de sa rencontre avec le monde du travail, à Turin, dimanche.

A l'occasion de la visite pastorale du pape François à Turin pour l'ostension du Saint-Suaire et pour le bicentenaire de la naissance de saint Jean Bosco (21-22 juin 2015), le pape a commencé ses rendez-vous par une rencontre le monde du travail, sur la Piazzetta Reale de Turin.

Le pape a exhorté à des décisions courageuses et solidaires : « Il est nécessaire que la société tout entière, dans toutes ses composantes, collabore pour qu'il y en ait pour tous et que ce soit un travail digne de l'homme et de la femme. »

Il a évoqué la situation tragique des immigrés : « L'immigration accentue la concurrence, mais les migrants ne doivent pas être accusés, parce qu'ils sont eux aussi victimes de l'iniquité, de cette économie qui écarte, et des guerres. Le spectacle de ces jours-ci, où les êtres humains sont traités comme de la marchandise, donne envie de pleurer ! »

Il a appelé à " dire « non » à l'iniquité qui génère la violence".

Le pape a quitté la Maison Sainte-Marthe du Vatican, dimanche matin, 21 juin, à 6h30 et il s'est rendu en voiture à l'aéroport de Ciampino d'où il s'est envolé à 7 heures en direction de Turin.

À son arrivée à l'aéroport de Turin-Caselle, le pape a été accueilli par l'archevêque de Turin, Mgr Cesare Nosiglia, ainsi que par l'évêque auxiliaire Mgr Guido Fiandino, le président de la Région du Piémont, Sergio Chiamparino, le préfet de Turin, Madame Paola Basilone et le maire de la ville, Piero Fassino. Parmi les autres personnes présentes : le maire de Caselle, Luca Baracco et le curé de cette ville, le P. Claudio Giai Gischia ainsi que le directeur de l'aéroport, Alberto Lelli.

Le pape François s'est ensuite rendu sur la Piazzetta Reale de Turin où il a rencontré le monde du travail à 8h40.

Après les discours de salutations d'un ouvrier, d'un agriculteur et d'un chef d'entreprise, le pape a prononcé le discours suivant :

Chers frères et sœurs, bonjour !

Je vous salue tous, travailleurs, chefs d'entreprise, autorités, jeunes et familles présents à cette rencontre ; je vous remercie pour vos interventions, d'où émerge votre sens des responsabilités devant les problèmes causés par la crise économique, et pour avoir témoigné que la foi dans le Seigneur et l'unité de la famille vous sont une grande aide et un soutien.

Ma visite à Turin commence avec vous. Et j'exprime avant tout ma proximité à l'égard des jeunes au chômage, des personnes qui ont été licenciées ou qui sont en situation de précarité ; mais aussi à l'égard des chefs d'entreprise, des artisans et de tous les travailleurs des divers secteurs, surtout ceux qui ont plus de difficultés à s'en sortir.

Le travail n'est pas seulement nécessaire à l'économie, mais à la personne humaine, à sa dignité, à sa citoyenneté et aussi à l'inclusion sociale. Turin est historiquement un pôle d'attraction professionnelle, mais qui souffre beaucoup de la crise : le travail manque, les inégalités économiques et sociales ont augmenté, beaucoup de personnes sont devenues plus pauvres et ont des problèmes de logement, de santé, d'instruction et manquent des biens de première nécessité. L'immigration accentue la concurrence, mais les migrants ne doivent pas être accusés, parce qu'ils sont eux aussi victimes de l'iniquité, de cette économie qui écarte, et des guerres. Le spectacle de ces jours-ci, où les êtres humains sont traités comme de la marchandise, donne envie de pleurer !

Dans cette situation, nous sommes appelés à redire notre « non » à une économie du déchet, qui demande de se résigner à l'exclusion de ceux qui vivent dans la pauvreté absolue – à Turin, un dixième environ de la population. On exclut les enfants (natalité zéro !), on exclut les personnes âgées, et maintenant on exclut les jeunes (plus de 40% des jeunes au chômage). On exclut celui qui ne produit pas, à la manière dont on « jette après usage »

Nous sommes appelés à redire notre « non » à l'idolâtrie de l'argent, qui pousse à faire partie à tout prix du petit nombre de ceux qui s'enrichissent, malgré la crise, sans se soucier de tous ceux qui s'appauvrissent, parfois jusqu'à souffrir de la faim.

Nous sommes appelés à dire « non » à la corruption si répandue, qui semble être une attitude, un comportement normal. Mais pas par des paroles, par des actes ! « Non » aux collusions mafieuses, aux escroqueries, aux dessous-de-table, et à ce genre de choses.

Et c'est seulement ainsi, en unissant nos forces, que nous pouvons dire « non » à l'iniquité qui génère la violence. Don Bosco nous enseigne que la meilleure méthode est préventive : on peut aussi prévenir le conflit social et cela passe par la justice.

Dans cette situation, qui n'est pas seulement propre à  Turin, à l'Italie, qui est mondiale et complexe, on ne peut pas seulement attendre la « reprise » - « nous attendons la reprise… ». Le travail est fondamental – c'est ce que déclare d'emblée la Constitution italienne – et il est nécessaire que la société tout entière, dans toutes ses composantes, collabore pour qu'il y en ait pour tous et que ce soit un travail digne de l'homme et de la femme. Cela exige un modèle économique qui ne soit pas organisé en fonction du capital et de la production, mais plutôt en fonction du bien commun. Et à propos des femmes – vous en avez parlé [une femme a témoigné parmi les trois travailleurs] – leurs droits doivent être protégés avec force parce que les femmes, qui portent pourtant le plus grand poids avec le souci de la maison, des enfants et des grands-parents, sont encore discriminées, y compris au travail.

C'est un défi très exigeant, à affronter avec solidarité et un regard large ; et Turin est appelée à être encore une fois protagoniste d'une nouvelle saison du développement économique et social, avec sa tradition dans le secteur de la transformation et de l'artisanat – pensons, dans le récit biblique, que Dieu a justement fait un travail d'artisan… Vous êtes appelés à cela : le secteur de la transformation et l'artisanat – et en même temps, dans la recherche et l'innovation.

Il faut pour cela investir courageusement dans la formation, en cherchant à inverser la tendance qui a vu baisser ces derniers temps le niveau moyen d'instruction, et beaucoup de jeunes abandonner l'école. Vous [s'adressant à la femme qui a témoigné] allez à l'école le soir, pour pouvoir avancer…

Aujourd'hui, je voudrais unir ma voix à celle de tous les travailleurs et chefs d'entreprise pour demander que puisse être mis en œuvre un « pacte social et générationnel », comme l'a montré l'expérience de l' « Agora » que vous vivez dans le territoire du diocèse. Mettre à disposition des données et des ressources, dans la perspective de « faire ensemble », est une condition préliminaire pour dépasser la situation difficile actuelle et pour construire une identité nouvelle et adaptée aux temps et aux exigences de votre territoire. Le temps est venu de réactiver une solidarité entre les générations, de retrouver la confiance entre les jeunes et les adultes. Cela implique aussi d'ouvrir des possibilités concrètes de crédit pour de nouvelles initiatives, de stimuler une orientation et un accompagnement constants au travail, de soutenir l'apprentissage et le lien entre les entreprises, l'école professionnelle et l'université.

J'ai beaucoup aimé que vous ayez tous les trois parlé de la famille, des enfants et des grands-parents. N'oubliez pas cette richesse ! Vos enfants sont la promesse à encourager : ce travail que vous avez indiqué, que vous avez reçu de vos ancêtres. Et les personnes âgées sont la richesse de la mémoire. Une crise ne peut être dépassée, nous ne pouvons pas sortir de la crise sans les jeunes, les adolescents, les enfants et les grands-parents. La force de l'avenir et la mémoire du passé qui nous montre où il faut aller. Ne négligez pas cela, s'il vous plaît ! Les enfants et les grands-parents sont la richesse et la promesse d'un peuple.

À Turin et sur son territoire, il existe encore de remarquables potentialités à investir pour la création du travail : l'assistance est nécessaire, mais cela ne suffit pas ; il faut une promotion, qui génère la confiance dans l'avenir.

Voilà l'essentiel de ce que je voulais vous dire. J'ajoute un mot mais je ne voudrais pas que ce soit de la rhétorique, s'il vous plaît : Courage ! Cela ne signifie pas : Patience, résignez-vous ! Non, non, ce n'est pas cela. Au contraire, cela signifie : osez, soyez courageux, allez de l'avant, soyez créatifs, soyez des « artisans » tous les jours, des artisans de l'avenir ! Avec la force de cette espérance que nous donne le Seigneur et qui ne déçoit jamais. Mais qui a aussi besoin de notre travail. Je prie pour cela et je vous accompagne de tout cœur. Que le Seigneur vous bénisse tous et que la Vierge Marie vous protège. Et, s'il vous plaît, je vous demande de prier pour moi ! Merci !

© Traduction de Zenit, Constance Roques

Edgar Morin : « L’encyclique Laudato Si’ est peut-être l’acte 1 d’un appel pour une nouvelle civilisation » | La-Croix.com - Actualité

Edgar Morin : « L'encyclique Laudato Si' est peut-être l'acte 1 d'un appel pour une nouvelle civilisation » | La-Croix.com - Actualité
Edgar Morin : « L'encyclique Laudato Si' est peut-être l'acte 1 d'un appel pour une nouvelle civilisation »

Vous n'avez pas hésité, après l'avoir lu, à qualifier l'encyclique Laudato si' (La Croix du 19 juin) de providentielle. Qu'est-ce à dire ?

Edgar Morin : Providentielle, non pas dans le sens de la divine providence ! Mais nous vivons dans une époque de désert de la pensée, une pensée morcelée où les partis qui se prétendent écologistes n'ont aucune vraie vision de l'ampleur et de la complexité du problème, où ils perdent de vue l'intérêt de ce que le pape François dans une merveilleuse formule reprise de Gorbatchev appelle « la maison commune ». Or cette même préoccupation d'une vue complexe, globale, au sens où il faut traiter les rapports entre chaque partie, m'a toujours animé (2).

Dans ce « désert » actuel, donc, voilà que surgit ce texte que je trouve tellement bien pensé, et qui répond à cette complexité ! François définit « l'écologie intégrale », qui n'est surtout pas cette écologie profonde qui prétend convertir au culte de la Terre, et tout lui subordonner. Il montre que l'écologie touche en profondeur nos vies, notre civilisation, nos modes d'agir, nos pensées.

Plus profondément, il critique un paradigme « techno-économique », cette façon de penser qui ordonne tous nos discours, et qui les rend obligatoirement fidèles aux postulats techniques et économiques pour tout résoudre. Avec ce texte, il y a à la fois une demande de prise de conscience, une incitation à repenser notre société, et à agir. C'est bien le sens de providentiel : un texte inattendu, et qui montre la voie.

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Vous y retrouvez une perspective humaniste de l'écologie ?

E. M. : Oui, car à travers cette notion d'écologie intégrale, l'encyclique invite à prendre en compte toutes les leçons de cette crise écologique. Mais là aussi, à condition de préciser la notion d'humanisme, qui a un double sens. D'ailleurs, c'est ce que François dit dans son discours. Il critique une forme d'anthropocentrisme.

Il existe en effet un humanisme anthropocentriste, qui met l'homme au centre de l'univers, qui fait de l'homme le seul sujet de l'univers. En somme, où l'homme se situe à la place de Dieu. Je ne suis pas croyant, mais je pense que ce rôle divin que s'attribue parfois l'homme est absolument insensé.

Et une fois qu'on est dans ce principe anthropocentriste, la mission de l'homme, très clairement formulée par Descartes, c'est conquérir la nature et la dominer. Le monde de la nature est devenu un monde d'objets. Le véritable humanisme c'est au contraire celui qui va dire que je reconnais dans tout être vivant à la fois un être semblable et différent de moi.

> Lire aussi : Les écologistes en accord sur (presque) tout avec le pape François

Faites-vous vôtre cette invocation de François d'Assise, reprise par le pape, qui parle de frère Soleil, qui implique une forme de fraternité avec ce que les chrétiens appellent la Création ?

E. M. : Le pape a eu la chance de trouver dans le christianisme saint François d'Assise ! Car s'il n'avait pas été là, il aurait été bien maigre en référence…

Nous savons aujourd'hui que nous avons en nous des cellules qui se sont multipliées depuis les origines de la vie, qu'elles nous constituent comme tout être vivant… Si nous remontons à l'histoire de l'univers, nous portons ainsi en nous tout le cosmos, et d'une façon singulière.

Il y a une solidarité profonde avec la nature, même si bien entendu nous sommes différents, par la conscience, la culture… Mais tout en étant différents, nous sommes tous des enfants du Soleil. Le vrai problème, c'est non pas de nous réduire à l'état de nature, mais de ne pas nous séparer de l'état de nature.

Le Saint-Père est amené à trouver dans la Bible un certain nombre d'éléments qui justifie sa démarche. Mais je crois au contraire que la Bible raconte une création de l'homme totalement séparée de celle des animaux, et qu'elle a commencé à susciter cette pensée anthropocentriste, que le message de Paul a poursuivi, en séparant le destin post-mortem des ­humains des autres vivants. Cette conception sépare à mes yeux la civilisation judéo-chrétienne des autres grandes civilisations.

> Retrouvez notre dossier spécial sur l'encyclique

Mais justement, dans l'encyclique Laudato si', le pape donne une interprétation inverse de la Genèse…

E. M. : C'est vrai, on peut très bien faire des interprétations cosmogéniques de la Genèse, notamment parce que « Elohim » qui est le Dieu génésique, est un pluriel singulier : il est un et il est multiple. Alors on peut y voir une sorte de tourbillon créateur. C'est vrai aussi que, dans la Genèse, il est écrit qu'au commencement Elohim sépara le ciel de la Terre.

C'est là, aussi, une idée intéressante, car pour qu'il y ait un univers il faut une séparation, entre les temps (passé, présent et avenir) et l'espace (ici et là). Mais ma conception à moi, qui se situe dans l'héritage de ­Spinoza, repose sur la capacité créatrice de la nature. Je crois que la créativité ne part pas d'un créateur initial, mais d'un événement initial.

> (Re)voir : « Laudato si'», les enjeux d'une encyclique

Vous connaissez bien l'Amérique du Sud. Avez-vous le sentiment que la réflexion de François doit beaucoup à sa culture argentine ?

E. M. : Oui, tout à fait. Ce qui m'a toujours frappé, c'est de ressentir en Amérique latine, à titre divers, une vitalité, une capacité d'initiative que nous n'avons pas ici. Dans l'encyclique, par exemple, je retrouve ce sens de la pauvreté, si fort sur ce continent.

En Europe, nous avons complètement oublié les pauvres, nous les avons marginalisés. Mais dans l'encyclique, le concept de pauvreté est vivant, comme dans les manifestations de la Ligue des paysans sans terre ou du peuple, au Brésil.

Enfin, il est certain que l'Argentine, qui a elle-même connu tant d'épreuves, qui a été obligée d'abolir sa dette car elle était en faillite, est un pays où il y a une vitalité démocratique extraordinaire. Je ne dirais pas que c'est un miracle, mais il était nécessaire qu'un pape vienne de là-bas, avec cette expérience humaine.

C'est un pape imprégné par cette culture andine qui oppose au « bien-être » exclusivement matérialiste européen le « bien vivre » (le buen vivir) qui est épanouissement personnel et communautaire authentique. Le message pontifical appelle à un changement, à une nouvelle civilisation, et j'y suis très sensible. Ce message est peut-être l'acte 1 d'un appel pour une nouvelle civilisation.

> (Re)lire : Edgar Morin, en présence du « suprême Mystère »

Au-delà de cette encyclique, comment voyez-vous la contribution des religions à notre société ?

E. M. : Tous les efforts pour éradiquer les religions ont complètement échoué. Les religions sont des réalités anthropologiques. Le christianisme a connu une contradiction entre certains de ses développements historiques et son message initial, évangélique, qui est amour des humbles. Mais, après que l'Église a perdu son monopole politique, une partie d'elle-même a retrouvé sa source évangélique.

La dernière encyclique est un ressourcement évangélique intégral. Les chrétiens, quand ils sont animés par la source de leur foi, sont typiquement des personnes de bonne volonté, qui pensent au bien commun. La foi peut être un garde-fou contre la corruption de politiques ou des administrateurs. La foi peut donner du courage.

Si, aujourd'hui, dans une époque de virulence, les religions revenaient à leur message initial – en particulier l'islam, puisque Allah est le Clément et Miséricordieux – elles seraient capables de s'entendre. Aujourd'hui, pour sauver la planète qui est vraiment menacée, la contribution des religions n'est pas de trop. Cette encyclique en est une manifestation éclatante.

> Lire également : Barack Obama salue un message « clair et fort » dans l'encyclique

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Un sociologue de renommée internationale

Né en 1921, Edgar Morin est un sociologue et philosophe de renommée internationale, directeur de recherche émérite au CNRS, docteur honoris causa de vingt-sept universités à travers le monde. Résistant pendant la guerre, communiste, il prend dès 1948 ses distances avec le parti. De 1969 à 1970 il séjourne en Californie, aux États-Unis, où il est éveillé à la question écologique.

Avec Le Paradigme perdu : la nature humaine publié en 1973, il explique que l'homme n'est pas le maître de la nature, mais son partenaire et que c'est autant la nature qui en impose à l'homme que l'inverse. Son œuvre centrale, La Méthode fait de la notion jusqu'alors vague de « complexité » une réalité importante.

Au total, il est l'auteur d'une œuvre traduite en une trentaine de langues et publiée dans quarante-deux pays, comprenant près de quatre-vingts livres et une dizaine de films.



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