الاثنين، 31 مارس 2014

قع رسمي لمتابعة زيارة البابا فرنسيس إلى الأراضي المقدسة

متوفر بلغات عدة من بينها العربية والعبرية

بقلم د. روبير شعيب

روما, 31 مارس 2014 (زينيت) - تم افتتاح الموقع الرسمي لزيارة البابا فرنسيس إلى الأراضي المقدسة والتي تمتد من 24 وحتى 26 أيار 2014.

فللمناسبة قامت لجنة الرؤساء الكنسيين الكاثوليك في الأراضي المقدسة بإنشاء "لجنة وسائل اتصال" خاصة مهمتها وضع الأسس الضرورية للتغطية الصحفية المناسبة للحدث التاريخي.

وقد شرح بيان صادر عن اللجنة عينها أن عملها لن يتوقف فقط على مرافقة الزيارة في الأيام الذي ستتم فيه، بل سيطال أيضًا الفترة السابقة، حيث ستقوم اللجنة بتقديم معلومات ومكنونات هامة لوسائل الإعلام الراغبة في التعريف أكثر بزيارة البابا.

ويشكل الموقع الإلكتروني (http://www.popevisit.org/) إحدى المبادرات الهامة التي تقوم اللجنة بوضعها في خدمة الصحفيين والمهتمين بالزيارة. الموقع متوفر بلغات عدة هي: العربية، العبرانية، الإنكليزية، الفرنسية، الإيطالية، الإسبانية

الجمعة، 21 مارس 2014

Soixante-dix musulmans écrivent au pape François


Rencontre interreligieuse des amis de Chiara Lubich et des Focolari

Antonio Gaspari

ROME, 20 mars 2014 (Zenit.org) - « Que l'unique Dieu qui a illuminé Saint François, puisse guider Vos pas et nous guider tous dans notre marche commune pour le bien de toute l'humanité. Veuillez recevoir, Saint-Père,  l'assurance de nos prières les plus ferventes ». Ainsi s'achève la lettre écrite par 70 musulmans issus de différentes écoles de théologie, au nom de plus de trente pays, remise au pape François au cours d'une rencontre organisée le 20 mars au matin , à la Maison Sainte-Marthe, au Vatican, avant l'audience générale.

La lettre a été remise personnellement au pape par l'iranienne Shahrzad Houshmand, membre de la délégation interreligieuse « amis de Chiara Lubich du Mouvement des Focolari », qui participait à la rencontre « Ensemble vers l'unité de la famille humaine », organisée à Castel Gandolfo du 17 au 20 mars. La rencontre avait pour objectif de renouveler et renforcer le dialogue interreligieux « dans un esprit visant à unir la famille humaine et réaliser la fraternité universelle ». 

La lettre ajoute : « Nous désirons exprimer notre profond amour et respect pour Votre personne et pour la main que vous avez tant de fois tendue aux musulmans du monde ».

Dans leur lettre, les musulmans se disent « profondément impressionnés par l'esprit évangélique d'humilité et de service » que le pape représente par ses faits et gestes, esprit qui « suscite en nous les musulmans », ajoute-t-elle, « confiance et espérance, en nous faisant revivre la parole de Dieu ».

« En vérité – ajoutent les musulmans en citant le Coran – les plus proches des croyants, en amour, sont ceux qui disent: nous sommes chrétiens, parce qu'entre eux il y a des prêtres et des moines, et parce qu'ils ne sont pas arrogants » (Coran 5:82).

La délégation interreligieuse a ensuite fait part de son appréciation pour les paroles du pape dans l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium, en particulier pour les paroles dites au paragraphe 253 où le pape écrit : «  Le vrai islam et une correcte interprétation du Coran s'opposent à toute violence ».

Dans leur message, les musulmans réaffirment par ailleurs que « les différentes institutions du monde islamique et la majorité absolue des musulmans croient fermement à la Paix et à l'Amour  et s'y engagent ».

Traduction d'Océane Le Gall  

الخميس، 20 مارس 2014

La clé de la popularité du pape François, c’est la modernité de l’Évangile - La revue de presse - Actualité - Liberté Politique

La clé de la popularité du pape François, c'est la modernité de l'Évangile

La clé de la popularité du pape François, c'est la modernité de l'Évangile

Pour le président de l'Association des économistes catholiques*, si le style du pape François est nouveau, ses principes restent fidèles à la tradition de l'Église. Un colloque Evangelii gaudium sur la pensée sociale du pape François, proposé par l'Association des économistes catholiques et Liberté politique, aura lieu à paris le 5 avril. Tribune parue dans Le Figaro du 13 mars 2014.

[Le Figaro, 13/03/14] — UN AN APRES SON ELECTION, le pape François n'en finit pas de surprendre et de fasciner l'opinion. Chacun a de la sympathie pour ce pape plus soucieux de contacts directs et informels que d'un protocole trop strict. Chacun constate l'adéquation parfaite entre ce qu'il vit et ce qu'il dit et sa volonté d'une « Église pauvre pour les pauvres », c'est-à-dire pour tous, car chacun a une forme de pauvreté. Pourtant, certains s'inquiètent : n'assiste-t-on à un infléchissement doctrinal, surtout en matière sociale ? Certaines attaques ont été si absurdes que le Pape lui-même a cru utile de préciser qu'il n'était pas marxiste et que « le marxisme est une idéologie erronée » !

Pourquoi ces soupçons ? Il y a la forme et le fond. La forme est directe et radicale. Ainsi quand il s'insurge contre le fait que la mort d'une vieille femme dans la rue, en raison du froid, ne fait pas les gros titres, alors que la baisse des indices boursiers attirera l'attention des médias. Ou lorsqu'il dénonce une « économie sans visage », une « économie qui tue » ou encore l'idolâtrie de l'argent et « un esprit de consommation effréné ». Mais le Christ lui-même n'avait pas un langage de salon ni même de diplomate en chassant les marchands du Temple ou en expliquant qu'il serait plus difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux qu'à un chameau de passer par le trou d'une aiguille ou encore que les prostituées nous précéderaient dans le Royaume de Dieu.

Si le langage de François séduit, c'est qu'il a la nouveauté de l'Évangile. Face à un monde souvent conformiste, il est nécessaire de réveiller les consciences et de sortir du langage politiquement correct. C'est bien le Christ qui a dit « que votre langage soit oui, oui, non, non ». Dire au jeune homme riche, « vends tes biens et suis-moi » est encore plus radical ! La forme directe utilisée par François est dans la ligne droite de l'Évangile. Si elle nous bouscule et provoque une prise de conscience, c'est qu'elle a atteint son but.

Rien de nouveau dans la doctrine sociale

Le fond est-il différent de celui de ses prédécesseurs ? Lui-même a déclaré, à propos de son exhortation apostolique Evangelii Gaudium,« qu'il n'y a rien que l'on ne retrouve dans la doctrine sociale de l'Église ». Comment pourrait-il en être autrement ? Si en matière de doctrine un pape disait autre chose que ses prédécesseurs, c'est qu'il ne s'agirait pas de doctrine ! Mais le monde change et Benoît XVI avait expliqué qu'il  « n'y a pas deux typologies différentes de doctrine sociale, l'une préconciliaire et l'autre postconciliaire, mais un unique enseignement, cohérent et en même temps toujours nouveau ; il est juste de remarquer les caractéristiques propres à l'enseignement de chaque pontife, mais sans jamais perdre de vue la cohérence de l'ensemble du corpus doctrinal ». C'est ce qui se produit avec François. Le communisme s'est effondré, le marché semble triompher, plaçant au centre la liberté humaine. François met logiquement le doigt sur la façon dont l'économie fonctionne aujourd'hui.

Qui pourrait nier qu'à la place du libre marché on a souvent un capitalisme de connivence et des phénomènes de corruption, que l'exclusion touche beaucoup de personnes et de peuples, que nous sommes dans la société du jetable, où l'homme lui-même peut être traité comme un déchet, et que l'on assiste à « une mondialisation de l'indifférence », bref à « une crise anthropologique profonde » avec « la négation du primat de l'être humain ». Ce sont des réalités que François dénonce car elles sont bien éloignées de la conception que l'Église se fait, dans sa doctrine sociale, de l'économie de marché. Ce capitalisme de connivence, que l'on trouve notamment dans certains pays du tiers-monde, c'est le mauvais capitalisme q ue dénonçait déjà Jean-Paul II, celui qui ne connaît ni « contexte juridique ferme » ni « éthique ».

Sursaut des consciences

Pour autant, si on lit attentivement Evangelii Gaudium, François ne remet en cause aucun des principes de la doctrine sociale, ni bien sûr la dignité de la personne, ni la propriété privée liée à la destination universelle des biens, ni la solidarité et la subsidiarité, ni le rôle des corps intermédiaires, ni le bien commun. Tout cet enseignement de l'Église, de Léon XIII à Benoît XVI, François l'accepte, comme il le dit lui-même, « en fils de l'Église ». Or ses prédécesseurs ont montré en quoi ces principes débouchaient sur une économie de marché bien comprise, respectueuse des droits de chacun grâce à ce contexte juridique ferme et à cette éthique que réclamait Jean-Paul II. Nous en sommes souvent loin, nous dit François, appelant à un sursaut des consciences, à la révolution du cœur, au sens des responsabilités de chacun, tout en prônant la disparition de ce que Jean-Paul II appelait « les structures de péché ».

Ceux qui semblent s'inquiéter des propos de François ne sont-ils pas les premiers à dire que nous sommes aujourd'hui souvent loin d'une économie de liberté et de responsabilité, d'une véritable économie de marché ? François n'appelle pas à détruire la liberté responsable mais à dépasser une mentalité matérialiste et égocentrique, dans le souci des autres et du bien commun. Jésus disait-il autre chose en rappelant l'importance de l'amour du prochain et en affirmant, face à Satan, « que l'homme ne vit pas seulement de pain » ?

* Professeur d'économie à l'université d'Aix-Marseille. Dernier ouvrage paru : « Propos d'éthique » (Puam, 2012, en collaboration avec Nicolas Madelénat di Florio).

JEAN-YVES NAUDET

Colloque "Evangelii gaudium,
la pensée sociale du pape François"
Paris, 5 avril
paroisse catholique St-Pierre-du-Gros-Caillou

Entrée libre sur inscription

Renseignements et programme : www.libertepolitique.com

Contact : Chantal Berthion
06 74 26 67 33 ou 01 47 63 97 85

***



Envoyé de mon Ipad 

الجمعة، 14 مارس 2014

Pourquoi le pape jésuite a choisi de s'appeler François


Les affinités spirituelles entre le Poverello et saint Ignace

Nicola Rosetti

ROME, 14 mars 2014 (Zenit.org) - Une année est passée depuis qu'au soir du 13 mars 2013, le cardinal protodiacre Jean-Louis Tauran est apparu au balcon de la loge centrale de Saint-Pierre pour annoncer au monde l'arrivée du cardinal Jorge Mario Bergoglio sur le Siège de Pierre.

Le pontificat a commencé sous le signe de plusieurs « primats » : premier pape latino-américain, premier jésuite à devenir évêque de Rome et premier pape à prendre le nom de François.

Ce dernier point appelle quelques éclaircissements : pourquoi le pape jésuite a-t-il choisi de s'appeler comme le fondateur des Frères Mineurs ? L'explication a été donnée par le pape en personne, lors de sa première rencontre avec les journalistes, le 16 mars. Le pape expliqua comment le nom de François lui était venu à l'esprit, lorsque son confrère le cardinal Claudio Hummes, après son élection, lui avait dit: « N'oublie pas les pauvres ». C'est à ce moment-là que le cardinal Bergoglio décida de prendre le nom de François.

Mais une autre explication peut venir en visitant un lieu de la tradition jésuite, situé en plein centre de Rome : l'Église du Gesù. La compagnie est très attachée à cette église, qui abrite la dépouille mortelle d'Ignace de Loyola, qui vécut d'ailleurs dans une des pièces jouxtant le monument, aujourd'hui ouverte au public.

A l'intérieur de l'édifice, se trouve une petite chapelle aujourd'hui consacrée au Sacré Cœur de Jésus mais qui était jadis dédiée à saint François. En effet, au XVI siècle, François Borgia, troisième préposé général de la Compagnie de Jésus, fit construire une chapelle en l'honneur du saint dont il portait le nom et la fit embellir de toiles, œuvres des artistes Joseph Paniz et Paul Bril, représentant des scènes de la vie du Poverello d'Assise.

François Borgia commanda cette série de peintures franciscaines pour souligner les ressemblances entre le fondateur des frères mineurs et celui des jésuites. Il suffit de penser au dépouillement de saint François qui renonce à ses biens devant l'évêque d'Assise, pour reconnaître qu'Ignace aussi fit le choix de suivre Jésus sur les chemins de la pauvreté. Par ailleurs, Ignace comme François, avant de se convertir, étaient des chevaliers.

Une autre scène dépeignant saint François devant le Sultan, se prête à un parallèle avec l'œuvre d'Ignace : son ordre, comme l'ordre franciscain, sera avant tout missionnaire et s'en ira dans les endroits les plus reculés pour annoncer l'Évangile.

En résumé, la spiritualité d'Ignace est très proche de celle de François et la vie du pape François jésuite le souligne encore davantage.

Traduction d'Océane Le Gall

الخميس، 13 مارس 2014

La première année du pape François | La-Croix.com

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/La-premiere-annee-du-pape-Francois-2014-03-11-1118577?xtor=EPR-9-%5B1300595972%5D


Envoyé de mon Ipad

PREMIER ANNIVERSAIRE DE L'ELECTION


Cité du Vatican, 12 mars 2014 (VIS). Demain sera le premier anniversaire de l'élection du Pape François, 365 jours d'un pontificat qui se présente comme "un temps de miséricorde. En un an, ce pasteur suprême "venu du bout du monde", qui n'a cessé de demander qu'on prie pour lui, a engagé l'Eglise dans une nouvelle façon de vivre en son sein. Ce "curé du monde", comme l'a défini son secrétaire Mgr.Xuereb, "ne veut pas perdre une seule minute". Il travaille avec intensité et prend peu de repos, réservant la plupart de ses pauses à la prière, du chapelet tout particulièrement. S'exprimant à Radio Vatican, le Directeur de la Salle de Presse a souligné combien le Saint-Père "a imprimé un nouvel élan à la marche de l'Eglise". La première caractéristique de cette première année de pontificat, a ajouté le P.Lombardi, "est sans aucun doute la grande attention du public, et pas seulement des catholiques pratiquants. Son message est l'objet d'une attention universelle. Je pense et j'espère que cet enracinement dans le coeur des gens est la conséquence de ses paroles d'amour et de miséricorde, d'attention et de proximité, qui viennent de Dieu". Avec François, "l'Eglise se présente vraiment comme un peuple qui marche, capable d'un grand dynamisme. Ce Pape a imprimé une forte poussée à ce cheminement de l'Eglise à la recherche de la volonté de Dieu, à la recherche de sa mission universelle au service de tous et en particulier des périphéries et des confins de ce monde". L'attention qu'il suscite vient de lieux, de personnes et d'organes de presse également auxquels on n'était pas habitué, ce qui signifie que son message porte".

Le pape François, un patron qui consulte large | La-Croix.com

Le pape François, un patron qui consulte large

Ce que change le pape (4/5). Le pape François se montre déterminé à réformer la Curie romaine et le gouvernement de l'Église.

Consultant beaucoup, il s'est entouré d'un conseil de huit cardinaux. Il lance de longs processus, comme les synodes sur la famille, mais au final, décide seul.

« Chaque fois qu'il nous reçoit, j'ai l'impression de me trouver devant un dirigeant du CAC 40. » Ce laïc qui a travaillé pour le pape François à la réforme de la gestion du Vatican emploie une image partagée – et redoutée – au Vatican, celle d'un pape patron. À l'heure des audits menés par de grands cabinets externes, du gel des embauches, du pointage horaire par endroits, des renvois de prêtres dans leur diocèse et de nominations parfois très longues avant d'être confirmées, la Curie romaine découvre un pape qui gouverne directement.

« De loin, il est franciscain mais quand vous vous approchez, vous voyez le général jésuite », observe une employée de Radio Vatican, redoutant des coupes prochaines dans la station. D'autres témoignent d'un climat social difficile tandis que des chefs de dicastères (équivalent de ministères dans la Curie) s'épuisent à faire valoir l'utilité de leur administration de crainte que celle-ci ne disparaisse dans le jeu de fusions et rapprochements à venir parmi les divers Conseils pontificaux.

La réforme de la Curie a bel et bien commencé et le nouveau pape se montre déterminé à mener à bien ce travail, délaissé par Jean-Paul II et Benoît XVI. « Il a reçu à ce sujet l'équivalent d'un mandat de la part des congrégations générales », estime une observatrice proche du Vatican, en référence aux débats du préconclave. « C'est un pontificat non pas de magistère mais de gouvernement », résume une autre source.

Le pape a institutionnalisé une forme de consultation permanente

La détermination unanimement reconnue du pape François n'exclut pas toutefois sa patience pour avancer sans rupture, autre trait de sa méthode de gouvernement. Une méthode de proximité, d'écoute, de discernement et d'habileté de celui qui se définit, dans son entretien aux revues jésuites, paru en juillet, « un po furbo » (un peu malin). Et qui admet aujourd'hui, contrairement à ses années comme jeuneprovincial en Argentine, « que la consultation est essentielle ».

La première année du pontificat a ainsi été marquée par la mise en place de deux commissions référentes d'experts pour la réorganisation financière et administrative du Saint-Siège. Deux consistoires ont, par ailleurs, été convoqués pour consulter l'ensemble des cardinaux sur des points précis. Six mois après son élection, le pape a aussi réuni tous les chefs de dicastères et ses collaborateurs pour « écouter les considérations et les conseils ».

Surtout, le pape a institutionnalisé une forme de consultation permanente, s'entourant dès le début de son pontificat d'un conseil de huit cardinaux pour l'aider à réfléchir aux réformes. Ce « C8 », ainsi qu'il est désormais surnommé, s'est réuni, depuis, à trois reprises à Rome. Ses autres sessions sont fixées, fin avril puis début juillet, rythmant ainsi le travail en cours et entretenant un climat médiatisé d'attente de réformes.

« François cherche à valoriser toute l'Église »

Ce « C8 » exprime également une forme de collégialité avec l'évêque de Rome, associant l'Église universelle à la réforme de la Curie ; la périphérie avec le centre, selon la terminologie chère au pape François, qui a choisi ses conseillers-­cardinaux dans les cinq continents. De même, la composition du tout nouveau Conseil pour l'économie, créé pour surveiller l'ensemble de la gestion du Vatican, reflète un souci d'universalité et de détachement de son emprise italienne.

« François cherche à valoriser toute l'Église », résume le P. Antonio Spadaro, directeur de la revue jésuite Civiltà Cattolica, faisant allusion aux mentions – jusqu'alors inhabituelles dans un document romain – des travaux de conférences épiscopales nationales dans l'exhor­tation apostolique du pape : « Pour lui, on passe un temps à Rome, pas nécessairement toute sa vie ; il doit y avoir des allers-retours avec les Églises locales. »

Cette conception circulaire plutôt que verticale de la gestion des carrières ecclésiastiques devrait se traduire, par exemple, par la nomination de chefs de dicastères à de hautes responsabilités diocésaines dans leur pays d'origine.

« Chemin de patience »

Place, en revanche, aux laïcs. « Des laïcs hommes et femmes ! » insiste un des cardinaux du C8. Valoriser toute l'Église signifie pour le pape argentin et son entourage d'impliquer les laïcs dans la prise de décision. Une présence désormais établie dans le nouveau Conseil pour l'économie. De plus, des cardinaux proches du pape ont récemment donné de la voix pour la nomination d'une femme – ou d'un couple marié – à la tête d'un dicastère, à l'image du cardinal hondurien Oscar Rodriguez Maradiaga, membre du « C8 ».

Au-delà de Rome, l'ancien archevêque de Buenos Aires, qui affectionne la « théologie du peuple », cherche aussi à responsabiliser les laïcs dans les Églises locales, rejetant le « cléricalisme ».Le questionnaire diffusé en amont d'un prochain Synode sur la famille porte la marque d'une volonté de consultation large, inédite dans le gouvernement romain.

Ce futur Synode, suivi d'un autre fin 2015 sur le sujet, est une autre illustration du « chemin de patience », selon l'expression du pape François, que celui-ci est prêt à emprunter pour gouverner. À l'espace de pouvoir, il oppose l'engagement de longs processus.

Un choix définitif, que le pape jésuite prend seul

Avec la prière, comme première conseillère de ce pape religieux. Son secrétaire personnel, Mgr Alfred Xuereb, a expliqué sur Radio Vatican comment la prière guide le pape « pour choisir ceux qu'il appelle à être ses collaborateurs proches ».

« Il consulte tout le monde et prie. Sa décision n'est pas l'affirmation de son idée », résume un journaliste italien, ami de Jorge Bergoglio. Mais il y a bien au final une décision, quelle que soit l'étendue de son cheminement.

Un choix définitif, que le pape jésuite prend seul. Comme l'analyse Giovanni Maria Vian, directeur de l'Osservatore Romano, « par le Conseil des cardinaux et la réforme de la Curie, François est, en fait, en train de renforcer la papauté ».



Envoyé de mon Ipad 

VIDÉO Les gestes du pape François | La-Croix.com

VIDÉO Les gestes du pape François

Quatre journalistes de « La Croix », qui ont suivi l'actualité romaine, reviennent sur la première année du pontificat de François à partir des gestes du pape qui les ont marqués.

Qu'il s'agisse de sa visite improvisée à Lampedusa le 8 juillet 2013 ou de sa rencontre spontanée avec un jeune autiste en octobre, le pape François a en effet su imposer son style, par sa manière d'habiter la fonction.

La visite à Lampedusa

Le 8 juillet 2013, le pape François se rend sur l'île sicilienne de Lampedusa « porte de l'Europe » pour des milliers d'immigrés.

Ce premier déplacement hors de Rome, avec une part d'improvisation, a marqué Guillaume de Goubert, rédacteur en chef à La Croix et envoyé spécial permanent du temps de Jean-Paul II.

 Relire l'article  ici : À Lampedusa, le pape François fustige l'indifférence 

Didier, l'enfant qui s'est assis sur le siège du pape

Lors de la rencontre avec les familles, organisée samedi 26 octobre au Vatican, un groupe d'enfants est invité à saluer le pape François.

L'un d'eux, au lieu de redescendre de l'estrade comme les autres reste près du pape, le serrant dans ses bras, jouant avec son crucifix avant d'aller s'asseoir, très à l'aise, à l'invitation du pape lui-même, sur le fauteuil blanc de ce dernier.

C'est le geste qu'a retenu Bruno Bouvet, chef du service religion de La Croix.

 Relire l'article ici : Didier, l'enfant qui s'est assis sur le siège du pape 

Messe à Sainte-Marthe : le pape François appelle à « renouveler » l'Église

À quelques jours de son départ de Rome, après y avoir été l'envoyé spécial permanent de La Croix pendant quatre ans, Frédéric Mounier assiste samedi 6 juillet, à 6 h 30 du matin, à la messe « semi-publique » célébrée par le pape dans la chapelle Sainte-Marthe.

La liturgie est épurée et le pape improvise son homélie, dans laquelle revient de manière répétée un mot marquant : « renouvellement ».

 Relire le post du blog Vu de Rome : Le pape François lors de sa dernière messe à Sainte Marthe : «N'ayons pas peur de renouveler les structures dans l'Église» 

La conférence de presse dans l'avion de retour de Rio

Rôle des femmes, accueil des homosexuels, relation avec Benoît XVI, réforme de la Curie : le pape se livre à un inédit jeu de questions-réponses avec la presse dans l'avion qui le mène, dans la nuit de dimanche 28 à lundi 29 juillet, de Rio de Janeiro à Rome, à son retour des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).

Sébastien Maillard, envoyé spécial permanent de La Croix à Rome, y était. Il a découvert un pape très à l'aise avec les questions des journalistes, malgré la fatigue et les secousses de l'avion papal.

 Relire l'article ici : Ce que le pape François a dit aux journalistes dans l'avion 



Envoyé de mon Ipad 

La première année du pape François en dix temps forts

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/03/13/01016-20140313ARTFIG00007-la-premiere-annee-du-pape-francois-en-dix-temps-forts.php


Envoyé de mon Ipad

Ce que le pape François a réussi et ce qu'il doit encore prouver

13/3/2014-Ce que le pape François a réussi et ce qu'il doit encore prouver

Le pape François, le 4 mars, au Vatican.

ANALYSE - Le pape François a déclenché une fort mouvement de réforme dans l'Église catholique. Un an après son élection, les consultations se multiplient mais aucune mesure concrète n'a encore été prise.

Ce que le pape François a réussi

Le pape François a réussi un acte majeur depuis son élection. Il a déminé le terrain piégé, réputé infranchissable, entre l'Église et le monde. Sur un point au moins: l'image de l'Église catholique. Avec lui - les sondages et son succès sur les réseaux sociaux le prouvent - la papauté est redevenue dans le vent. S'il ne remplit pas les Églises, sauf en Italie et en Argentine où il galvanise le catholicisme, il suscite une attention telle qu'il est devenu un sujet habituel de conversation et d'intérêt. D'où, une influence gagnée sur l'opinion générale bien au-delà des cercles catholiques et à un niveau planétaire. Cette embellie n'est pas seulement médiatique, mais l'Église sait qu'elle est de nature éphémère. Jean-Paul II connut, lui aussi, une apogée du même genre.

Trois facteurs peuvent expliquer ce phénomène. Le charisme très neuf d'une personnalité sans fard, très directe, toute en simplicité et accessible à tous. Et un sourire - même si le visage de François est souvent d'une forte gravité - qui rend à nouveau crédible le fait que le christianisme puisse être une religion de la… Joie. Cette caractéristique semblait réservée, dans l'esprit commun, au bouddhisme et à son ambassadeur le plus efficace, le Dalaï Lama.

«La révolution de la tendresse»

Ce retour en grâce du catholicisme tient aussi à l'effet d'annonce des réformes spectaculaires voulues par François. En particulier sur la question de la morale sexuelle qu'il veut remettre à sa place - mais sans rien concéder - dans le vaste panthéon des enseignements de l'Église. François entend mettre fin à une dérive qui laissait penser que le catholicisme se résumait aux seuls interdits sexuels. Il réaffirme haut et fort que cette religion ne prône que la «la miséricorde de Dieu» c'est-à-dire l'amour. Ce qu'il appelle «la révolution de la tendresse».

Il y a eu enfin, sur le plan social, quelques opérations coups de poing qui ont fait mouche: le lavement des pieds de jeunes détenus, dont une jeune musulmane, dans une prison avant Pâques ; sa visite sur l'île de Lampedusa, symbole de l'immigration vers l'Europe où il a dénonça «la mondialisation de l'indifférence» ; ses critiques acerbes contre l'injustice sociale et la finance «idolâtre». Des thèmes qui ont instantanément séduit à gauche.

À côté de ce renouvellement profond de l'image au bénéfice de l'Église catholique, le pape François a réussi à donner un coup de pied dans la fourmilière du Vatican. Il n'est qu'au début d'une réforme de fond de la curie romaine qui suscite toutefois beaucoup de résistances internes et de questions. Mais aucun pape récent avant lui - excepté Jean XXIII qui convoqua le Concile Vatican II - n'avait pu aller aussi loin en aussi peu de temps.

Ce que le pape François doit encore prouver

Beaucoup attendent le passage d'une parole foisonnante à des actes. Certes, le pape s'est adjoint deux hauts conseils - l'un pour le gouvernement, l'autre pour l'économie - qui doivent l'assister dans sa gouvernance de l'Église. Mais, un an après son élection, aucune mesure concrète n'a encore été prise. Cette attentisme est pour les uns, la marque d'une grande prudence tant le terrain est sensible mais d'autres y voient un risque d'enlisement.

Sur la réforme de la curie romaine, le fameux G8, ce groupe de cardinaux internationaux nommés pour piloter le changement, avance lentement. Son coordinateur, le cardinal Maradiaga a annoncé, il y a un mois, une conclusion pour la fin du mois d'avril. Mais il a été démenti par les faits puisqu'une autre réunion de travail de ce groupe été fixée en juillet prochain et il en faudra encore d'autres car le chantier est vaste. Sans compter, une fois les principes acquis, le temps nécessaire à la mise en forme juridique de cette réforme de la curie car elle implique une refonte quasi constitutionnelle.

Il ne faut donc pas sous estimer le risque d'enlisement de la réforme avec un calendrier trop long car les résistances au changement sont fortes. Avec la possibilité, qui plus est, que les multiples réunions et commissions accouchent d'une souris… Il est probable, en effet, que la réforme se réduise à une simple refonte de plusieurs petits secrétariats d'État actuels en un nouveau ministère des laïcs. Une mesure déjà prévue dans les années 70 après le Concile Vatican II. Elle est très facile à mettre en œuvre mais n'a jamais été appliquée!

Tout reste à faire

Sur la réforme des finances, la création d'un conseil très international, formé de prélats et de laïcs professionnels de l'économie est un signe très fort vers la rationalisation et la transparence mais, tout reste à faire. À commencer par décider du sort des structures qui existent pour remplir cette fonction et qui sont appelées à disparaître.

Apparaît aussi le risque de compliquer le fonctionnement d'une curie romaine déjà lourde, avec une direction à deux têtes car ces nouveaux conseils concurrencent la vieille Secrétairerie d'État (équivalent de Matignon). Cette dernière a, en effet, toujours eu la responsabilité de conseiller le pape dans son gouvernement. Elle en a d'ailleurs tous les moyens, y compris économique, puisqu'elle chapeaute notamment un ministère de l'Économie, la Préfecture pour les affaires économiques qui fut créé en 1967.

Tout se passe donc pour le moment comme si le président de la République court-circuitait Matignon… Une situation envisageable sur le plan tactique pour provoquer, voire forcer, une réforme mais qui ne peut durer surtout dans une institution aussi stable que l'Église catholique. En tout cas, personne ne voit clairement aujourd'hui où la réforme a gagné en efficacité et comment le pape sortira de ce système à double commande.

Autre chantier très compliqué sur lequel le pape François a créé une attente immense: la question des divorcés remariés. Il faudra toutefois attendre deux synodes, en octobre 2014, puis en octobre 2015 - donc pas avant 2016 - pour savoir si une solution peut être trouvée. Les cardinaux et les théologiens, en désaccord, débattent déjà publiquement sur… la possibilité même d'une solution.

En un mot et sur ces trois dossiers, le pape qui ne mâche pas ses mots pour critiquer certains défauts et qui se montre de nature très autoritaire, prend paradoxalement le temps d'une longue consultation alors que les contours des réformes sont en réalité bien connus des responsables, et que le pape aurait pu les décider en moins de trois mois. Il a sans doute de bonnes raisons de choisir une méthode lente, mais il court le risque de décevoir une opinion qui, de son côté, attend peut-être trop des réformes.

Ce qui passe mal avec le pape François

Derrière le sourire, il y a un homme très déterminé qui sait ce qu'il veut et surtout ce qu'il ne veut pas. C'est donc un patron. Il sait trancher. Le contraste est spectaculaire après les huit années de pontificat de Benoît XVI. Mais le fait qu'il contourne sciemment la Secrétairerie d'État pour gouverner lui procure de solides inimitiés au Vatican et dans l'Église. Beaucoup ne se sentent pas vraiment considérés alors qu'ils n'ont pas démérité au service du Saint-Siège. Si tous louent son charisme et son leadership spirituel certains regrettent ainsi son autoritarisme alors que François affiche un mode de gouvernance participatif. En Amérique latine, par exemple, il mène un fort renouvellement de l'épiscopat en tenant rarement compte de l'avis des services du Vatican.

Un an après son élection, l'État de grâce toujours actif à l'extérieur de l'Église est donc beaucoup moins partagé dans le petit monde du Vatican, et dans certains milieux d'Église où monte une certaine perplexité même s'il n'est pas de bon ton d'émettre des critiques dans cette culture. Mais les sentences à répétition contre les fidèles des premiers rangs ou contre les prêtres un peu trop classiques pourraient finir par être contre-productives et décourager ce public qui se sent injustement caricaturé par le pape lui même. Les critiques acides du pape réveillent certes un catholicisme endormi mais elles peuvent parfois créer des clivages artificiels au sein de communautés entre les «vrais» chrétiens et les autres. Quand ce n'est pas les fidèles qui s'adressent à des prêtres totalement dédiés à leur mission pour leur faire à présent la leçon!

Trois dossiers particulièrement sensibles

Sur le fond maintenant et non plus sur la forme, trois dossiers passent plutôt mal, même si, encore une fois et particulièrement dans la culture catholique, les critiques ne sont jamais univoques, tous reconnaissant l'apport de sa personnalité à l'Église.

Le premier dossier touche à sa «sensibilité pastorale» comme l'on dit pudiquement dans l'Église pour éviter de parler de «sensibilité politique». Les catholiques nord américains notamment, déjà échaudés par la prise de distance de François sur le primat des questions de morale sexuelle, considèrent que sa critique du capitalisme est non seulement dépassée mais trop limitée à son origine latino-américaine, et qu'elle ne correspond plus à la réalité actuelle. Malentendu qui a tout de même obligé le pape François, dans une interview accordée à La Stampa, à rassurer ce public en affirmant qu'il n'était «pas marxiste» bien qu'il ne puisse cacher - de façon indubitable après une année de pontificat - une sensibilité sociale de gauche. Celle-ci gène les catholiques de droite, une majorité, même si sa spiritualité christique traditionnelle et radicale gène tout autant les catholiques de gauche, une minorité!

Second dossier sensible, la liturgie. Tous les prêtres qui ont pu concélébrer la messe avec lui, les fidèles qui ont pu y assister de près, sont troublés par la puissance et la concentration de cet homme de prière. Autant dire que personne ne se permettrait de remettre en cause le sérieux et la profondeur de la foi ou de la religiosité d'un… Pape! Mais beaucoup regrettent toutefois ce qu'ils perçoivent comme un désintérêt marqué pour les questions de liturgie. Elles semblent effectivement être le cadet de ses soucis alors que Benoît XVI fut un religieux pointilleux sur le sujet. Ce pape allemand pensait que la façon de célébrer la messe était une expression typique de la foi de l'Église au service du sacré et du mystère catholique de la «présence réelle» du Christ dans l'hostie eucharistique, un point particulièrement combattu par les protestants. Dans le même registre, on s'inquiète de la distance de François vis-à-vis du statut impérial de la papauté, qui pourrait conduire à une «désacralisation» de la fonction de pape.

Dernier dossier qui pourrait vraiment mettre le feu aux poudres et créer une forte division si François mettait en pratique ce qu'il a écrit noir sur blanc, en novembre dernier, dans son exhortation apostolique «la joie de l'Évangile» : décentraliser une partie du pouvoir doctrinal romain et le déléguer aux conférences des évêques. Celles-ci pourraient alors adapter certains points de doctrine au contexte culturel local. C'est un vieux projet du Concile Vatican II, mais qui fut jusque là contenu. Parce qu'il en va de l'unité et de la force de toute l'Église catholique qui, contrairement à toutes les autres religions, a réussi à vivre l'étonnant paradoxe d'une unité doctrinale forte et d'une vaste diversité culturelle et géographique.



Envoyé de mon Ipad