الاثنين، 27 يونيو 2016

Le Père Lombardi : "le Pape ne fait pas de croisade" - Radio Vatican

Le Père Lombardi : "le Pape ne fait pas de croisade" - Radio Vatican

Le Père Lombardi : "le Pape ne fait pas de croisade"

Le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège - AP

(RV) « Le Pape ne fait pas de croisades » : déclaration du père Federico Lombardi, lors d'une conférence de presse ce dimanche 26 juin, à Yerevan. Le porte-parole du Saint-Siège réagissait ainsi aux accusations du gouvernement turc, après que le Pape a parlé de « génocide » pour parler des massacres de masse commis par l'Empire ottoman en 1915. « Des propos malheureux », selon le vice-Premier ministre turc, y voyant « une mentalité de croisés ».

Des accusations que réfute le père Lombardi. « Si l'on écoute le Pape,  il n'y a rien (dans ses propos) qui évoque un esprit de croisade. Sa volonté est de construire des ponts au lieu de murs. Son intention réelle est de construire les fondations pour la paix et la réconciliation », a affirmé le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, qui a insisté : « François a prié pour la réconciliation de tous, n'a pas prononcé un mot contre le peuple turc. Le Pape ne fait pas de croisades, ne cherche pas à organiser de guerres ».

Lors de sa rencontre avec les autorités arméniennes, vendredi 24 juin, le Pape avait évoqué le « Grand Mal » de 1915, parlant d'une « tragédie », d'un « génocide » rendu possible par « d'aberrantes motivations raciales, idéologiques ou religieuses, qui ont enténébré l'esprit des bourreaux au point qu'ils se sont fixé le dessein d'anéantir des peuples entiers ».

Lors la messe solennelle célébrée le 12 juin 2015, en la Basilique Saint-Pierre, à la mémoire des victimes arméniennes du « Metz Yeghern », le Pape François, citant saint Jean-Paul II, avait déjà parlé de « génocide » pour désigner les massacres commis en 1915. La réaction turque avait été immédiate : Ankara avait ainsi rappelé son ambassadeur près le Saint-Siège pendant près d'une année.

(MA avec AFP)



JTK

الأربعاء، 18 مايو 2016

Islam, Europe, Barbarin : réactions à l’interview du pape François

http://www.la-croix.com/Religion/Pape/Islam-Europe-Barbarin-ils-reagissent-aux-paroles-du-pape-Francois-2016-05-17-1200760759

Islam, Europe, Barbarin : réactions à l’interview du pape François
« Une démission du cardinal Barbarin serait pour le pape « un contresens, une imprudence », dit Mgr Le Gal en réaction à l’entretien que l’évêque de Rome a accordé à La Croix. 
 Une démission du cardinal Barbarin serait pour le pape « un contresens, une imprudence », dit Mgr Le Gal en réaction à l’entretien que l’évêque de Rome a accordé à La Croix.  / Filippo Monteforte/AFP

MIGRANTS « Ce qui est irrationnel, c’est de fermer les portes de l’Europe »

Paul de Montgolfier, directeur du Service jésuite des réfugiés (JRS) en France
« Le pape ne dit pas que l’Europe ne peut pas accueillir tout le monde. Il ne cesse par ailleurs de lui dire d’arrêter de se replier sur elle-même. Le pape dit qu’il ne faut pas que cela se fasse dans l’irrationalité. Que la raison, et non la peur, soit ce qui motive la réflexion. Et accueillir de façon rationnelle c’est, selon moi, mettre en place des couloirs, permettre aux personnes qui fuient des situations invivables de venir se mettre à l’abri le temps qu’il faut. Peut-être cela durera-t-il deux-trois ans, peut-être dix-quinze ans, mais que l’aller-retour soit possible. Les frontières ne sont pas faites pour être des barrières mais pour être des lieux de passage et de communication. Ce qui est irrationnel, c’est de fermer les portes de l’Europe ! Parce que les gens qui se sauvent veulent sauver leurs vies. Et si on leur ferme les portes, ils rentreront par les fenêtres. »

> A lire : Le pape François à « La Croix » : « Il faut intégrer les migrants »

EUROPE « Une Europe aux héritages multiples »

Elisabeth Guigou, présidente (PS) de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale
« J’ai été heureuse de lire ce que le pape François a déclaré au sujet des racines chrétiennes de l’Europe. Bien sûr que ces racines existent, mais elles ne sont pas notre seul héritage religieux ou culturel. C’est pourquoi je déplore l’actuelle tendance au repli de l’Europe. Évidemment, nous devons contrôler davantage nos frontières et assurer notre sécurité vis-à-vis de Daech, mais nous devons aussi encourager la mobilité à l’intérieur de nos frontières et avec nos voisins immédiats, en particulier l’Afrique et le Proche-Orient où une société civile partage nos idéaux de démocratie et de solidarité. La mise en place de « passeports des talents » pour les entreprises, les créateurs ou les artistes, ou encore un Erasmus des associations sont des pistes intéressantes à explorer. »

> A lire : Le pape François à «La Croix» : « Un État doit être laïque »

ISLAM « Ne pas confondre la théologie et l’histoire »

Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux
« Sur la peur ancestrale qu’engendre l’islam, le pape pose un constat auquel je ne peux que souscrire. Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde musulman, en Afrique comme au Proche-Orient où l’islam est instrumentalisé à des fins politiques, y compris par des régimes laïques, rend cette peur compréhensible. N’oublions pas toutefois que les musulmans eux-mêmes sont les premières victimes de cette violence. Maintenant, une fois le constat posé, comment l’expliquer ? Si l’islam et le christianisme ont en commun d’être des religions universalistes, comme le pape le rappelle, communiquer sa foi ne signifie pas – ne devrait pas signifier – l’imposer. Mais des principes théologiques à l’histoire, les écarts ont souvent été importants. Et nos représentations de l’islam relèvent plus souvent de l’histoire ou de l’anthropologie que de la religion elle-même. Un vrai travail de discernement s’impose. »

CARDINAL BARBARIN « Le pape n’a pas pris la mesure des choses »

Bertrand Virieux, membre de l’association La Parole libérée, regroupant les victimes du P. Preynat à Lyon.
« Nous avons été stupéfaits et déçus. Nous avons vraiment l’impression que le pape n’a pas pris la mesure des choses. Vu l’énormité de l’affaire Preynat, assez inédite dans l’histoire de l’Église en France – nous avons reçu 67 témoignages de victimes déclarées –, nous sommes étonnés qu’il fasse l’éloge d’un évêque ayant fait une telle erreur d’appréciation et laissé en place le prêtre abuseur. Le pape doit être mal informé ou manquer des éléments pour se faire une idée claire de la situation… Il reste d’ailleurs prudent dans sa formulation. C’est un pape de l’écoute, qui prône la tolérance zéro, mais il n’a pas eu un mot pour les victimes. Nous n’attendons pas de l’Église qu’elle se limite à la seule décision judiciaire française mais qu’elle se situe sur le plan moral. »

« Le pape souhaitait apaiser les esprits »

Mgr Patrick Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon
« Une démission du cardinal Barbarin serait pour le pape « un contresens, une imprudence ». Ce serait effectivement un contresens dans la mesure où cela signifierait que l’on ne fait pas confiance au travail de la justice française et qu’on préfère en quelque sorte la court-circuiter ; c’est d’ailleurs ce que suggère le pape dans la suite de son propos. Ce serait sûrement un manque de prudence car cela priverait le diocèse et tous ses fidèles de leur pasteur ; dans les décennies passées, on a vu les graves inconvénients pour la vie du diocèse du décès de plusieurs archevêques coup sur coup ; on en voit encore les traces aujourd’hui. Par ailleurs, il me semble que si le pape voulait encourager le cardinal Barbarin, il lui suffisait de prendre son téléphone comme il le fait en bien des occasions. Le choix de La Croix me semble indiquer qu’il souhaitait s’adresser de manière privilégiée aux catholiques pour apaiser les esprits en redisant à la fois sa plus grande fermeté face aux agressions sexuelles sur des mineurs et sa confiance dans le travail pastoral du cardinal. »

ENGAGEMENT DES LAÏCS « Renoncer à toute revendication communautariste »

François-Xavier Bellamy, professeur de philosophie et adjoint au maire de Versailles (Yvelines)
« Au sujet de l’implication des chrétiens dans la société, le pape François nous dit deux choses très belles et d’une grande fécondité. Il invite tout d’abord à cultiver les racines chrétiennes de l’Europe, qui sont réelles et objectives, non pas pour se l’approprier mais bien pour la servir, en renonçant à toute revendication communautariste. Deuxièmement, il dénonce à nouveau avec force le cléricalisme. Tout chrétien est appelé à s’engager, y compris sur le terrain politique, avec sa rationalité, là encore sans communautarisme, pour établir un dialogue avec son contemporain au-delà des étiquettes. Ce message est très important à l’heure de la refondation de l’engagement politique des chrétiens, pour le bien commun. »
Service Religion La Croix

الأربعاء، 24 فبراير 2016


Expéditeur: Vatican Information Service - Français <visnews_fr@mlists.vatican.va>
Date: 24 février 2016 15:16:12 UTC+2

Face au pouvoir, la miséricorde

Cité du Vatican, 24 février 2016 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale, Place St.Pierre (20.000 personnes), le Saint-Père a consacré sa catéchèse à l'arrogance des puissants, qui apparaît souvent dans la Bible, opposée à la miséricorde divine. Or, a-t-il dit, "la richesse et la puissance peuvent être bonnes et utiles au bien commun si elles sont mises au service des pauvres et de la collectivité, de la justice et de la charité. Mais, comme cela arrive trop souvent, elles sont vues comme un privilège, mises au service de l'égoïsme, utilisées comme des instruments d'arrogance, de corruption et de mort''. Et de citer pour exemple le récit de la vigne de Naboth. Le roi Achab voulait l'acheter car elle jouxtait son palais, mais en Israël la terre était considérée sacrée et inaliénable car appartenant à Dieu, une bénédiction qu'il convenait de transmettre de génération en génération. Achab fut furieux car il vit dans ce refus une offense à son pouvoir, une atteinte à son autorité. Sa femme, Jézabel, une idolâtre et ennemie des prophètes, qui évoqua la lèse majesté et fit exécuter Naboth, dépouillé de sa vigne au profit du roi.

En évoquant ces faits, Jésus rappelle que les chefs des nations les dominent et les oppriment, disant son espoir que nous soyons différents. Qui veut devenir le premier devra être le serviteur de tous. "Si on perd la dimension du service, le pouvoir devient arrogance, domination et oppression". L'histoire de Naboth est également d'aujourd'hui, où le puissant pour avoir plus d'argent exploite les pauvres, exploite les gens. C'est l'histoire de la traite des êtres humains, l'esclavage des pauvres noirs qui travaillent avec un salaire minimum pour enrichir les puissants. C'est l'histoire des politiciens corrompus qui veulent toujours plus. L'épisode de la vigne de Naboth révèle ce qui finit par se produire "lorsque l'exercice du pouvoir se fait sans le respect pour la vie, sans justice ni miséricorde. Voila où conduit la soif de pouvoir, l'avidité de ceux qui veulent tout posséder''. Reprenant des paroles du prophète Isaïe, le Pape a dit qu'il ''n'était pourtant pas communiste, quand il met en garde contre l'avidité des riches propriétaires terriens, qui les conduit à vouloir toujours plus de maisons et de terres: Malheur à vous qui ajoutez maison à maison et champ à champ, jusqu'à ce qu'il n'y a plus de terrain libre. Ainsi vous restez seuls à habiter le village. Mais Dieu est plus grand que la malignité et la duplicité de l'homme. Dans sa miséricorde, il a envoyé le prophète Elie pour aider Achab à la conversion. Mis devant son péché, le roi...s'humilia et demanda pardon". Mais la culpabilité et le mal commis causent inévitablement des conséquences dans l'histoire. "La miséricorde nous montre la voie à suivre, car elle peut guérir les blessures et changer l'histoire. La miséricorde de Dieu est plus forte que le péché des hommes. Nous reconnaissons son pouvoir quand nous voyons l'innocent, le Fils de Dieu, qui s'est fait homme pour détruire le mal par le pardon. Jésus-Christ est le vrai roi, mais sa puissance est complètement différente. Son trône est la croix. Il est pas un roi qui tue, mais au contraire qui donne la vie. Il va vers tous, en particulier les faibles, chasse leur solitude et les aide à surmonter leur destin de mort auquel mène le péché. Par sa proximité et sa tendresse, il conduit les pécheurs vers la grâce et le pardon''.

الخميس، 18 فبراير 2016

Au Mexique de la violence, le pape donne une leçon de courage - La Croix

Au Mexique de la violence, le pape donne une leçon de courage - La Croix

Au Mexique de la violence, le pape donne une leçon de courage

Dans une homélie prononcée mardi 16 février à Morelia, ville mexicaine décriée pour sa violence, le pape François a demandé aux prêtres et religieux du pays de refuser « la tentation de la résignation », tout comme aux jeunes à qui il s'est employé à redonner confiance

Avant-dernière étape de son voyage au Mexique, dont il doit revenir jeudi, Morelia a accueilli mardi 16 février le pape François avec la même ferveur populaire qu'ailleurs dans le pays. La joie manifeste tout au long des artères empruntées en papamobile, sous un soleil ardent, faisait oublier le climat de violence qui ternit la réputation de cette cité historique de 600 000 habitants, capitale de l'État du Michoacán, au centre du Mexique. Un climat délétère auquel il ne faut pas s'habituer, a prévenu le pape dans l'homélie qu'il a prononcée au cours d'une messe avec les prêtres, religieux, séminaristes et consacrés, célébrée en plein air dans un stade de la ville.

« Ne pas se retrancher dans les sacristies »

« Quelle tentation peut venir de milieux souvent dominés par la violence, la corruption, le trafic de drogue (…) ? Quelle tentation pouvons-nous avoir sans cesse face à cette réalité qui semble devenir un système inamovible ? », a-t-il interrogé, lisant son texte en espagnol, en pesant chaque mot : « La résignation ». Terme récurrent de son homélie.

Le pape a pressé son auditoire religieux de ne pas « (se) retrancher dans (ses) sacristies », ne pas devenir « des fonctionnaires du divin » ou « des employés de Dieu » mais plutôt d'agir avec un « renouvellement du regard ». Une demande qui reprenait celle exprimée aux évêques du pays, samedi à Mexico, et qui s'inscrit dans l'appel constant du pape François à mettre son Église en mouvement.

Pour que son auditoire puise des forces inspiratrices, Jorge Bergoglio ravive la mémoire de l'Église au Mexique. À Morelia, il a évoqué la figure historique d'un évangélisateur de la région, au XVIe siècle, Vasco Vasquez de Quiroga. Il était surnommé « Tata Vasco » en langue indigène, tant il était apprécié par cette communauté. C'est à cette même proximité avec le peuple et ouverture aux réalités de sa précarité et de ses souffrances que l'ancien archevêque de Buenos Aires ne cesse d'exhorter.

« Jésus ne nous invite jamais à être des tueurs à gage »

Même antidote contre la résignation donnée aux 60 000 jeunes venus de tout le pays pour une rencontre dans un autre stade, plus vaste, de Morelia l'après-midi. Plus de 28 % de la population du Mexique a moins de 15 ans. Entouré de tribunes à l'ambiance surchauffée, digne d'un match de football, d'où les jeunes criaient leur soutien à « Francisco », leur « frère », celui-ci a cherché à leur redonner confiance en eux-mêmes, se montrant d'abord compréhensifs devant la fragilité de leur situation.

« Il devient difficile de sentir qu'on est une richesse quand nous voyons des amis ou des proches continuellement exposés à se perdre à cause du narcotrafic, des drogues, des organisations criminelles qui sèment la terreur », a-t-il reconnu. Il leur a toutefois fait valoir cette « richesse » propre qu'ils incarnent pour les prévenir de devenir de « simples mercenaires des ambitions d'autrui ». « Jésus ne nous invite jamais à être des tueurs à gage mais il nous appelle disciples », leur a-t-il lancé. Une phrase-choc dans un pays meurtri par les homicides.

Sébastien Maillard (à Morelia)



JTK

Au Mexique de la violence, le pape donne une leçon de courage - La Croix

Au Mexique de la violence, le pape donne une leçon de courage - La Croix

Au Mexique de la violence, le pape donne une leçon de courage

Dans une homélie prononcée mardi 16 février à Morelia, ville mexicaine décriée pour sa violence, le pape François a demandé aux prêtres et religieux du pays de refuser « la tentation de la résignation », tout comme aux jeunes à qui il s'est employé à redonner confiance

Avant-dernière étape de son voyage au Mexique, dont il doit revenir jeudi, Morelia a accueilli mardi 16 février le pape François avec la même ferveur populaire qu'ailleurs dans le pays. La joie manifeste tout au long des artères empruntées en papamobile, sous un soleil ardent, faisait oublier le climat de violence qui ternit la réputation de cette cité historique de 600 000 habitants, capitale de l'État du Michoacán, au centre du Mexique. Un climat délétère auquel il ne faut pas s'habituer, a prévenu le pape dans l'homélie qu'il a prononcée au cours d'une messe avec les prêtres, religieux, séminaristes et consacrés, célébrée en plein air dans un stade de la ville.

« Ne pas se retrancher dans les sacristies »

« Quelle tentation peut venir de milieux souvent dominés par la violence, la corruption, le trafic de drogue (…) ? Quelle tentation pouvons-nous avoir sans cesse face à cette réalité qui semble devenir un système inamovible ? », a-t-il interrogé, lisant son texte en espagnol, en pesant chaque mot : « La résignation ». Terme récurrent de son homélie.

Le pape a pressé son auditoire religieux de ne pas « (se) retrancher dans (ses) sacristies », ne pas devenir « des fonctionnaires du divin » ou « des employés de Dieu » mais plutôt d'agir avec un « renouvellement du regard ». Une demande qui reprenait celle exprimée aux évêques du pays, samedi à Mexico, et qui s'inscrit dans l'appel constant du pape François à mettre son Église en mouvement.

Pour que son auditoire puise des forces inspiratrices, Jorge Bergoglio ravive la mémoire de l'Église au Mexique. À Morelia, il a évoqué la figure historique d'un évangélisateur de la région, au XVIe siècle, Vasco Vasquez de Quiroga. Il était surnommé « Tata Vasco » en langue indigène, tant il était apprécié par cette communauté. C'est à cette même proximité avec le peuple et ouverture aux réalités de sa précarité et de ses souffrances que l'ancien archevêque de Buenos Aires ne cesse d'exhorter.

« Jésus ne nous invite jamais à être des tueurs à gage »

Même antidote contre la résignation donnée aux 60 000 jeunes venus de tout le pays pour une rencontre dans un autre stade, plus vaste, de Morelia l'après-midi. Plus de 28 % de la population du Mexique a moins de 15 ans. Entouré de tribunes à l'ambiance surchauffée, digne d'un match de football, d'où les jeunes criaient leur soutien à « Francisco », leur « frère », celui-ci a cherché à leur redonner confiance en eux-mêmes, se montrant d'abord compréhensifs devant la fragilité de leur situation.

« Il devient difficile de sentir qu'on est une richesse quand nous voyons des amis ou des proches continuellement exposés à se perdre à cause du narcotrafic, des drogues, des organisations criminelles qui sèment la terreur », a-t-il reconnu. Il leur a toutefois fait valoir cette « richesse » propre qu'ils incarnent pour les prévenir de devenir de « simples mercenaires des ambitions d'autrui ». « Jésus ne nous invite jamais à être des tueurs à gage mais il nous appelle disciples », leur a-t-il lancé. Une phrase-choc dans un pays meurtri par les homicides.

Sébastien Maillard (à Morelia)



JTK

الاثنين، 8 فبراير 2016

Nouvel appel du Pape pour la paix et la réconciliation en Syrie



Expéditeur: Vatican Information Service - Français <visnews_fr@mlists.vatican.va>
Date: 8 février 2016 16:00:43 UTC+2

Nouvel appel du Pape pour la paix et la réconciliation en Syrie

Cité du Vatican, 7 février 2016 (VIS). Au terme de l'angélus, le Pape a de nouveau fait part de sa préoccupation pour le sort dramatique des populations civiles touchées par les violents combats en Syrie et contraintes de tout abandonner pour fuir les horreurs de la guerre: "Je souhaite que, dans une généreuse solidarité, l'aide nécessaire soit apportée pour assurer leur survie et leur dignité, et je lance un appel à la communauté internationale afin qu'elle ne s'épargne aucun effort pour amener de toute urgence les parties en cause à la table des négociations. Seule, une solution politique du conflit sera capable de garantir un avenir de réconciliation et de paix à ce bien aimé pays martyrisé pour lequel je vous invite à beaucoup prier''. Après avoir récité avec les fidèles présents place St.Pierre un Je vous salue Marie pour la Syrie, le Saint-Père a rappelé qu'aujourd'hui en Italie, on célébre la Journée pour la vie (La miséricorde fait fleurir la vie): "Je m'unis aux évêques italiens pour souhaiter des différents acteurs institutionnels, éducatifs et sociaux, un engagement renouvelé en faveur de la vie humaine de la conception à la mort naturelle. Notre société doit être aidée pour guérir de tous les attentats à la vie, en osant un changement intérieur qui se manifeste aussi à travers les ?uvres de miséricorde''.

Demain, a-t-il ajouté, "aura lieu la Journée de prière et de réflexion contre la traite des personnes, qui donne à tous l'opportunité d'aider les nouveaux esclaves d'aujourd'hui à rompre les lourdes chaînes de l'exploitation pour se réapproprier leur liberté et leur dignité. Je pense, en particulier, aux nombreuses femmes et aux enfants, à tous ces hommes... Il nous faut faire tous les efforts possibles pour juguler ce crime et cette honte intolérable''. De même, demain lundi en Extrême Orient et dans différentes parties du monde, des millions d'hommes et de femmes célèbrent le nouvel an lunaire et le Pape a souhaité à tous l'expérience de ''la sérénité et de la paix au sein de leurs familles, qui sont le premier lieu où se vivent et se transmettent les valeurs de l'amour et de la fraternité, la coexistence et l'échange, l'attention et le soin des autres. Que cette nouvelle année apporte les fruits de la compassion, de la miséricorde et de la solidarité''. Enfin, le Pape a salué la communauté sacerdotale du Collège mexicain de Rome qu'il a remerciée de ses prières pour accompagner son prochain voyage apostolique au Mexique ''et aussi la rencontre que j'aurai à La Havane avec mon bien aimé frère Cyrille'', a-t-il conclu

السبت، 23 يناير 2016

Le pape François a rencontré le patron de Google - La Croix

Le pape François a rencontré le patron de Google - La Croix

Le pape François a rencontré le patron de Google

Le pape François salue Eric Schmidt (G), reçu en audience privée vendredi 15 janvier 2016 au Vatican. L'ancien directeur exécutif de Google est passé à la tête l'an dernier d'un plus large conglomérat, Alphabet. ZOOM

Le pape François salue Eric Schmidt (G), reçu en audience privée vendredi 15 janvier 2016 au Vatican. L'ancien directeur exécutif de Google est passé à la tête l'an dernier d'un plus large conglomérat, Alphabet. / OSSERVATORE ROMANO/AFP

L'agenda publié du pape est d'ordinaire une liste de dirigeants de la Curie, d'évêques en visite, de nonces et d'ambassadeurs près le Saint-Siège. Un grand patron reste plus exceptionnel. Ce 15 janvier, le pape François a rencontré Eric Schmidt, l'ancien directeur exécutif de Google passé à la tête l'an dernier d'un plus large conglomérat, Alphabet, qui comprend le puissant moteur de recherche américain.

Le Vatican s'est borné à confirmer cette audience peu ordinaire. Elle ne devait durer qu'un quart d'heure.

Selon la presse anglo-saxonne, Eric Schmidt devait être accompagné de Jared Cohen, le dirigeant de Google Ideas avec qui il a écrit en avril 2013 un livre intitulé The New Digital Age (Le nouvel âge numérique) sur la manière dont Internet va continuer de transformer la société.

Un thème qui intéresse le pape François. Bien qu'à 79 ans, il soit connu pour avoir longtemps été plus familier de la machine à écrire que de l'ordinateur et qu'il ne regarde plus la télévision, dit-il, depuis 1990, Jorge Bergoglio a fait valoir les chances qu'offre la communication numérique et mis en garde aussi contre ses dérives potentielles dans un texte de 2014 pour la journée mondiale des communications.

« Internet, un don de Dieu »

« L'Internet peut offrir plus de possibilités de rencontre et de solidarité entre tous, et c'est une bonne chose, c'est un don de Dieu », y affirme le pape, non sans souligner les risques inhérents de frénésie. « La vitesse de l'information dépasse notre capacité de réflexion et de jugement ».

Dans ce texte, il invitait aussi à « retrouver un certain sens de la lenteur et du calme », à « faire silence pour écouter ». Une disposition dont peuvent se détourner les internautes, prévenait-il : « Le désir de connexion numérique peut finir par nous isoler de notre prochain, de nos plus proches voisins (..) Nous courons le risque que certains médias nous conditionnent au point de nous faire ignorer notre véritable prochain ».

Le pape dans des « Google Hangouts »

Mais le pape aux 26 millions d'abonnés au total à ses neuf comptes twitter ne veut pas non plus que l'Église passe à côté de son époque. « Ouvrir les portes des églises signifie aussi les ouvrir dans l'environnement numérique », écrivait-il dans ce même message.

Lui-même a participé, via la fondation argentine Scholas, à des « Google Hangouts », des séances où il répond en direct à des questions que lui posent des petits groupes d'élèves scolarisés à travers le monde entier.

L'entretien avec Eric Schmidt survient une semaine avant la publication du prochain message du pape pour la journée mondiale des communications, le 22 janvier, sur le thème de la miséricorde, jubilé oblige.

La communication du Vatican est elle-même en pleine réorganisation, avec la mise sur pied depuis juin dernier d'un Secrétariat pour la communication. Dirigé par Mgr Dario Edoardo Vigano, il doit fédérer l'ensemble des médias du Vatican (Osservatore Romano, Radio Vatican,..) et absorber le Conseil pontifical aux communications sociales.

Sébastien Maillard (à Rome)



Jtk

Pour le pape François, “c’est le cœur de l’homme qui décide si la communication est authentique, pas la technologie” - La Croix

Pour le pape François, "c'est le cœur de l'homme qui décide si la communication est authentique, pas la technologie" - La Croix

Pour le pape François, "c'est le cœur de l'homme qui décide si la communication est authentique, pas la technologie"

Texte original italien Texte original italien (*)

Année de la miséricorde oblige, le pape François a choisi comme thème de son message pour la 50e Journée mondiale des communications sociales – daté du 24 janvier 2016 mais rendu public le 22 janvier – : « Communication et miséricorde : une rencontre féconde ». Après avoir souligné que toute parole jette des ponts entre les personnes, mais aussi entre « les familles, les groupes sociaux, les peuples », il a invité chacun « à redécouvrir le pouvoir de la miséricorde de guérir les relations déchirées, et de ramener la paix et l'harmonie… ». Pour le pape, il est souhaitable « que le langage de la politique et de la diplomatie se laisse aussi inspirer par la miséricorde, qui ne donne jamais rien pour perdu ». Comme il est souhaitable également que la manière de communiquer de l'Église, « n'exprime jamais l'orgueil fier du triomphe sur un ennemi, ni n'humilie ceux que la mentalité du monde considère comme perdants et à rejeter ! » Dans la communication, plus qu'entendre – qui relève de la simple information –, il est nécessaire de savoir écouter, estime encore le pape François. « Dans l'écoute une sorte de martyre se consume, explique-t-il, un sacrifice de soi-même dans lequel le geste sacré accompli par Moïse devant le buisson ardent se renouvelle… » Concernant les nouveaux moyens de communication, il reconnaît volontiers que les « e-mails », « sms », réseaux sociaux, « chats » peuvent, eux aussi, « être des formes de communication pleinement humaines ». Cependant, précise-t-il, « ce n'est pas la technologie qui décide si la communication est authentique ou non, mais le cœur de l'homme… ». Pour le pape François, la communication a élargi les horizons de beaucoup de personnes. « C'est un don de Dieu, et c'est aussi une grande responsabilité. »

La DC

Chers frères et sœurs,

L'Année sainte de la miséricorde nous invite à réfléchir sur le rapport entre communication et miséricorde. En effet l'Église, unie au Christ, incarnation vivante de Dieu miséricordieux, est appelée à vivre la miséricorde comme un trait distinctif de tout son être et de tout son agir. Ce que nous disons et la manière dont nous le disons, chaque parole et chaque geste, devrait pouvoir exprimer la compassion, la tendresse et le pardon de Dieu pour tous. L'amour, par nature, est communication, il conduit à s'ouvrir et non pas à s'isoler. Et si notre cœur et nos gestes sont animés par la charité, par l'amour divin, notre communication sera porteuse de la force de Dieu.

En tant qu'enfants de Dieu, nous sommes appelés à communiquer avec tous, sans exclusion. En particulier, c'est le propre du langage et des actions de l'Église que de transmettre la miséricorde, en sorte de toucher les cœurs des personnes et de les soutenir sur le chemin vers la plénitude de la vie que Jésus-Christ, envoyé par le Père, est venu apporter à tous. Il s'agit d'accueillir en nous et de répandre autour de nous la chaleur de l'Église Mère, pour que Jésus soit connu et aimé ; cette chaleur qui donne consistance aux paroles de la foi et qui allume dans la prédication et dans le témoignage l'« étincelle » qui les rend vivantes.

Les paroles peuvent jeter des ponts entre les personnes

La communication a le pouvoir de créer des ponts, de favoriser la rencontre et l'inclusion, enrichissant ainsi la société. Comme il est beau de voir des personnes engagées à choisir avec soin des paroles et des gestes pour dépasser les incompréhensions, guérir la mémoire blessée et construire la paix et l'harmonie. Les paroles peuvent jeter des ponts entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les peuples ; que ce soit dans le domaine physique ou dans le domaine numérique. Que les paroles et les actions soient donc telles qu'elles nous aident à sortir des cercles vicieux des condamnations et des vengeances, qui continuent à piéger les individus et les nations, et qui conduisent à s'exprimer avec des messages de haine. La parole du chrétien, au contraire, se propose de faire grandir la communion et, même quand il faut condamner le mal avec fermeté, elle cherche à ne jamais briser la relation et la communication.

Je voudrais donc inviter toutes les personnes de bonne volonté à redécouvrir le pouvoir de la miséricorde de guérir les relations déchirées, et de ramener la paix et l'harmonie entre les familles et dans les communautés. Nous savons tous de quelle manière les vieilles blessures et les ressentiments peuvent piéger les personnes et les empêcher de communiquer et de se réconcilier. Et ceci vaut aussi pour les relations entre les peuples. Dans tous ces cas, la miséricorde est capable de créer une nouvelle manière de parler et de dialoguer, comme l'a ainsi très bien exprimé Shakespeare : « La miséricorde n'est pas une obligation. Elle descend du ciel comme la fraîcheur de la pluie sur la terre. Elle est une double bénédiction : elle bénit celui qui la donne et celui qui la reçoit » (Le Marchand de Venise, Acte 4, Scène 1).

Il est souhaitable que le langage de la politique et de la diplomatie se laisse aussi inspirer par la miséricorde, qui ne donne jamais rien pour perdu. Je fais appel surtout à tous ceux qui ont des responsabilités institutionnelles, politiques et dans la formation de l'opinion publique, pour qu'ils soient toujours vigilants sur la manière de s'exprimer envers celui qui pense ou agit autrement, et aussi envers celui qui peut s'être trompé. Il est facile de céder à la tentation d'exploiter de semblables situations et d'alimenter ainsi les flammes de la défiance, de la peur, de la haine. Il faut au contraire du courage pour orienter les personnes dans des processus de réconciliation ; et c'est justement cette audace positive et créative qui offre de vraies solutions à de vieux conflits, et l'occasion de réaliser une paix durable. « Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde (…) Bienheureux les artisans de paix, parce qu'ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 7. 9).

Des paroles et des gestes durs ou moralisants risquent d'être aliénants

Comme je voudrais que notre manière de communiquer, et aussi notre service de pasteurs dans l'Église, n'exprime jamais l'orgueil fier du triomphe sur un ennemi, ni n'humilie ceux que la mentalité du monde considère comme perdants et à rejeter ! La miséricorde peut aider à tempérer les adversités de la vie et à offrir de la chaleur à tous ceux qui ont seulement connu la froideur du jugement. Que le style de notre communication soit en mesure de dépasser la logique qui sépare nettement les pécheurs des justes. Nous pouvons et devons juger des situations de péché – violence, corruption, exploitation, etc. – mais nous ne pouvons pas juger les personnes, parce que seul Dieu peut lire en profondeur dans leur cœur. C'est notre devoir d'avertir celui qui se trompe, en dénonçant la méchanceté et l'injustice de certains comportements, afin de libérer les victimes et de soulager celui qui est tombé. L'Évangile de Jean nous rappelle que « la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Cette vérité est, en définitive, le Christ lui-même, dont la douce miséricorde est la mesure de notre manière d'annoncer la vérité et de condamner l'injustice. C'est notre principal devoir d'affirmer la vérité avec amour (Cf. Ep 4, 15). Seules les paroles prononcées avec amour et accompagnées de douceur et de miséricorde touchent les cœurs des pécheurs que nous sommes. Des paroles et des gestes durs ou moralisants risquent d'aliéner plus tard ceux que nous voudrions conduire à la conversion et à la liberté, en renforçant leur sens du refus et de la défense.

Certains pensent qu'une vision de la société enracinée dans la miséricorde serait de façon injustifiée idéaliste ou excessivement indulgente. Mais essayons de repenser à nos premières expériences de relations au sein de la famille. Nos parents nous ont aimés et appréciés pour ce que nous sommes, plus que pour nos capacités et nos succès. Les parents veulent naturellement le meilleur pour leurs enfants, mais leur amour n'est jamais conditionné par le fait d'atteindre des objectifs. La maison paternelle est le lieu où tu es toujours accueilli (Cf. Lc 15, 11-32). Je voudrais vous encourager tous à penser la société humaine non comme un espace où des étrangers rivalisent et cherchent à dominer, mais plutôt comme une maison ou une famille, où la porte est toujours ouverte et où l'on cherche à s'accueillir réciproquement.

Écouter est beaucoup plus qu'entendre

C'est pourquoi il est fondamental d'écouter. Communiquer signifie partager, et le partage exige l'écoute, l'accueil. Écouter est beaucoup plus qu'entendre. Entendre concerne le domaine de l'information ; écouter, en revanche, renvoie à celui de la communication, et exige la proximité. L'écoute nous permet d'avoir l'attitude juste, en sortant de la condition tranquille de spectateurs, d'auditeurs, de consommateurs. Écouter signifie aussi être capable de partager des questions et des doutes, de faire un chemin côte à côte, de s'affranchir de toute présomption de toute-puissance et de mettre humblement ses capacités et ses dons au service du bien commun.
Écouter n'est jamais facile. Parfois il est plus confortable de faire le sourd. Écouter signifie prêter attention, avoir le désir de comprendre, de valoriser, respecter, garder la parole de l'autre. Dans l'écoute une sorte de martyre se consume, un sacrifice de soi-même dans lequel le geste sacré accompli par Moïse devant le buisson ardent se renouvelle : retirer ses sandales sur la « terre sainte » de la rencontre avec l'autre qui me parle (Cf. Ex 3, 5). Savoir écouter est une grâce immense, c'est un don qu'il faut invoquer pour ensuite s'exercer à le pratiquer.

L'accès aux réseaux numériques comporte une responsabilité pour l'autre

Les « e-mails », « SMS », réseaux sociaux, « chats » peuvent, eux aussi, être des formes de communication pleinement humaines. Ce n'est pas la technologie qui décide si la communication est authentique ou non, mais le cœur de l'homme et sa capacité de bien user des moyens mis à sa disposition. Les réseaux sociaux sont capables de favoriser les relations et de promouvoir le bien de la société, mais ils peuvent aussi conduire plus tard à des polarisations et des divisions entre les personnes et les groupes. Le domaine numérique est une place, un lieu de rencontre, où l'on peut caresser ou blesser, avoir une discussion profitable ou faire un lynchage moral. Je prie pour que l'Année jubilaire vécue dans la miséricorde « nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu'elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu'elle repousse toute forme de violence et de discrimination » (Misericordiae vultus, n. 23). Une véritable citoyenneté se construit aussi en réseau. L'accès aux réseaux numériques comporte une responsabilité pour l'autre, que nous ne voyons pas mais qui est réel, il a sa dignité qui doit être respectée. Le réseau peut être bien utilisé pour faire grandir une société saine et ouverte au partage.

La communication, ses lieux et ses instruments, a comporté un élargissement des horizons pour beaucoup de personnes. C'est un don de Dieu, et c'est aussi une grande responsabilité. J'aime définir ce pouvoir de la communication comme « proximité ». La rencontre entre la communication et la miséricorde est féconde dans la mesure où elle génère une proximité qui prend soin, réconforte, guérit, accompagne et fait la fête. Dans un monde divisé, fragmenté, polarisé, communiquer avec miséricorde signifie contribuer à la bonne, libre et solide proximité entre les enfants de Dieu et les frères en humanité.

(*) Version française de la Salle de presse du Saint-Siège. Titre et intertitres de La DC.



Jtk

“La violence est en contradiction avec toute religion digne de ce nom”, souligne le pape à la synagogue de Rome - La Croix

"La violence est en contradiction avec toute religion digne de ce nom", souligne le pape à la synagogue de Rome - La Croix

"La violence est en contradiction avec toute religion digne de ce nom", souligne le pape à la synagogue de Rome

Texte original italien dans l'Osservatore Romano des 18-19 janvier 2016 Texte original italien dans l'Osservatore Romano des 18-19 janvier 2016 (*)

Le 17 janvier 2016, le pape François s'est rendu, pour la première fois, au « Tempio maggiore », la grande synagogue de Rome située dans le quartier du ghetto, au bord du Tibre. Après Jean-Paul II en 1986 et Benoît XVI en 2010, il est le troisième pape à s'y rendre. Le pape François a été accueilli par la présidente de la communauté juive de Rome, Ruth Dureghello, et par le président de la communauté juive d'Italie, Renzo Gattegna. Après avoir souligné, dans son discours, que juifs et catholiques appartenaient à une seule et même famille, « la famille de Dieu », le pape François s'est arrêté sur l'importance de la déclaration Nostra aetate pour le dialogue judéo-chrétien. Reprenant ses propos de l'audience générale du 28 octobre 2015, place Saint-Pierre, il a expliqué que le concile Vatican II, avec cette déclaration, avait tracé la route en disant « "oui" à la redécouverte des racines juives du christianisme et "non" à toute forme d'antisémitisme… » Pour le pape François, les chrétiens, pour se comprendre eux-mêmes, « ne peuvent pas ne pas faire référence à leurs racines juives ». Et, a-t-il poursuivi, « l'Église reconnaît (…) l'irrévocabilité de l'Ancienne Alliance et l'amour constant et fidèle de Dieu pour Israël ». Abordant les grands défis du monde d'aujourd'hui – comme celui d'une écologie totale –, il a souligné que conflits, guerres et injustices « ouvrent de profondes plaies dans l'humanité et nous appellent à renforcer notre engagement pour la paix et la justice ». « La violence de l'homme sur l'homme est en contradiction avec toute religion digne de ce nom, et en particulier avec les trois grandes religions monothéistes », a également affirmé le pape François. Enfin, il a rendu un hommage appuyé aux victimes de la Shoah, notamment aux mille hommes, femmes et enfants de la communauté juive de Rome qui furent déportés à Auschwitz le 16 octobre 1943.

La DC

Chers frères et sœurs,

Je suis heureux d'être aujourd'hui avec vous dans ce Grand Temple. Je remercie pour leurs aimables paroles Monsieur Di Segni, Madame Dureghello et Maître Gattegna ; et je vous remercie vous tous pour votre accueil chaleureux, merci ! Todà rabbà !

En cette première visite dans cette synagogue, comme évêque de Rome, je désire vous exprimer à vous, mais aussi à toutes les communautés juives, le salut fraternel de paix de cette Église et de l'Église catholique tout entière.

Nos relations me tiennent à cœur. Déjà à Buenos Aires, j'avais pour habitude d'aller dans les synagogues et de rencontrer les communautés qui y étaient réunies, de suivre de près les fêtes et commémorations juives et de rendre grâce au Seigneur, qui nous donne la vie et qui nous accompagne dans le chemin de l'histoire. Au cours du temps, un lien spirituel s'est créé entre nous, qui a tissé la naissance de rapports amicaux authentiques et qui a même inspiré un engagement commun. Dans le dialogue interreligieux, il est fondamental que nous nous rencontrions comme frères et sœurs devant notre Créateur et que nous lui rendions grâce, que nous nous respections et que nous nous appréciions les uns les autres et que nous cherchions à travailler ensemble. Il existe, dans le dialogue judéo-chrétien, un lien unique et particulier, en vertu des racines juives du christianisme : juifs et chrétiens doivent donc se sentir frères, unis par le même Dieu et par un riche patrimoine spirituel commun (cf. Décl. Nostra aetate, n. 4) , sur lequel se fonder et continuer à bâtir notre futur.Nos relations me tiennent à cœur. Déjà à Buenos Aires, j'avais pour habitude d'aller dans les synagogues et de rencontrer les communautés qui y étaient réunies, de suivre de près les fêtes et commémorations juives et de rendre grâce au Seigneur, qui nous donne la vie et qui nous accompagne dans le chemin de l'histoire. Au cours du temps, un lien spirituel s'est créé entre nous, qui a tissé la naissance de rapports amicaux authentiques et qui a même inspiré un engagement commun. Dans le dialogue interreligieux, il est fondamental que nous nous rencontrions comme frères et sœurs devant notre Créateur et que nous lui rendions grâce, que nous nous respections et que nous nous appréciions les uns les autres et que nous cherchions à travailler ensemble. Il existe, dans le dialogue judéo-chrétien, un lien unique et particulier, en vertu des racines juives du christianisme : juifs et chrétiens doivent donc se sentir frères, unis par le même Dieu et par un riche patrimoine spirituel commun (cf. Décl. Nostra aetate, n. 4) (1), sur lequel se fonder et continuer à bâtir notre futur.

Avec cette visite, je suis les pas de mes prédécesseurs. Le pape Jean-Paul II vint ici, il y a trente ans, le 13 avril 1986  ; le pape Benoît XVI est venu parmi vous il y a six ans . À cette occasion, Jean-Paul II créa la belle expression « frères aînés », et en effet, vous êtes nos frères et nos sœurs aînés dans la foi.Avec cette visite, je suis les pas de mes prédécesseurs. Le pape Jean-Paul II vint ici, il y a trente ans, le 13 avril 1986 (2) ; le pape Benoît XVI est venu parmi vous il y a six ans (3). À cette occasion, Jean-Paul II créa la belle expression « frères aînés », et en effet, vous êtes nos frères et nos sœurs aînés dans la foi.Avec cette visite, je suis les pas de mes prédécesseurs. Le pape Jean-Paul II vint ici, il y a trente ans, le 13 avril 1986  ; le pape Benoît XVI est venu parmi vous il y a six ans (3). À cette occasion, Jean-Paul II créa la belle expression « frères aînés », et en effet, vous êtes nos frères et nos sœurs aînés dans la foi.Avec cette visite, je suis les pas de mes prédécesseurs. Le pape Jean-Paul II vint ici, il y a trente ans, le 13 avril 1986 (2) ; le pape Benoît XVI est venu parmi vous il y a six ans (3). À cette occasion, Jean-Paul II créa la belle expression « frères aînés », et en effet, vous êtes nos frères et nos sœurs aînés dans la foi.

L'amour constant et fidèle de Dieu pour Israël

Nous appartenons tous à une seule et même famille, la famille de Dieu, lui qui nous accompagne et nous protège comme son peuple. Ensemble, en tant que juifs et catholiques, nous sommes appelés à assumer nos responsabilités pour cette ville, en apportant notre contribution, surtout spirituelle, et en encourageant la résolution des différents problèmes actuels. Je souhaite que la proximité, la connaissance réciproque et l'estime entre nos communautés de foi grandissent toujours davantage. C'est pourquoi, il est significatif que je sois venu parmi vous, en ce jour, le 17 janvier, alors que la Conférence épiscopale italienne célèbre la « Journée du dialogue entre catholiques et juifs ».

Nous venons de célébrer le 50e anniversaire de la déclaration Nostra aetate du concile Vatican II, qui a rendu possible le dialogue systématique entre l'Église catholique et le judaïsme. Le 28 octobre dernier, Place Saint-Pierre, j'ai pu saluer également un grand nombre de représentants juifs, et je me suis exprimé ainsi : « Dieu mérite une gratitude particulière pour la véritable transformation qu'a subie, au cours de ces 50 années, la relation entre les chrétiens et les juifs. L'indifférence et l'opposition se sont transformées en collaboration et bienveillance. D'ennemis et étrangers, nous sommes devenus amis et frères. Le Concile, avec la déclaration Nostra ætate, a tracé la route : "oui" à la redécouverte des racines juives du christianisme ; "non" à toute forme d'antisémitisme et condamnation de toute injure, discrimination et persécution qui en découlent. » Nostra aetate a défini théologiquement pour la première fois, de façon explicite, les relations de l'Église catholique avec le judaïsme. Naturellement, elle n'a pas résolu toutes les questions théologiques qui nous concernent, mais elle y a fait référence de façon encourageante, en donnant une impulsion très importante pour de futures nécessaires réflexions. À ce propos, le 10 décembre 2015, la Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme a publié un nouveau document, qui affronte les questions théologiques apparues au cours des dernières décennies de la promulgation de Nostra aetate. En effet, la dimension théologique du dialogue juif-catholique mérite d'être toujours plus approfondie, et je désire encourager tous ceux qui sont engagés dans ce dialogue à poursuivre dans ce sens, avec discernement et persévérance. Justement d'un point de vue théologique, apparaît clairement un lien indissociable qui unit les chrétiens et les juifs. Les chrétiens, pour se comprendre eux-mêmes, ne peuvent pas ne pas faire référence à leurs racines juives, et l'Église reconnaît, tout en professant le salut à travers la foi en Christ, l'irrévocabilité de l'Ancienne Alliance et l'amour constant et fidèle de Dieu pour Israël.Nous venons de célébrer le 50e anniversaire de la déclaration Nostra aetate (4) du concile Vatican II, qui a rendu possible le dialogue systématique entre l'Église catholique et le judaïsme. Le 28 octobre dernier, Place Saint-Pierre, j'ai pu saluer également un grand nombre de représentants juifs, et je me suis exprimé ainsi : « Dieu mérite une gratitude particulière pour la véritable transformation qu'a subie, au cours de ces 50 années, la relation entre les chrétiens et les juifs. L'indifférence et l'opposition se sont transformées en collaboration et bienveillance. D'ennemis et étrangers, nous sommes devenus amis et frères. Le Concile, avec la déclaration Nostra ætate, a tracé la route : "oui" à la redécouverte des racines juives du christianisme ; "non" à toute forme d'antisémitisme et condamnation de toute injure, discrimination et persécution qui en découlent. » Nostra aetate a défini théologiquement pour la première fois, de façon explicite, les relations de l'Église catholique avec le judaïsme. Naturellement, elle n'a pas résolu toutes les questions théologiques qui nous concernent, mais elle y a fait référence de façon encourageante, en donnant une impulsion très importante pour de futures nécessaires réflexions. À ce propos, le 10 décembre 2015, la Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme a publié un nouveau document, qui affronte les questions théologiques apparues au cours des dernières décennies de la promulgation de Nostra aetate. En effet, la dimension théologique du dialogue juif-catholique mérite d'être toujours plus approfondie, et je désire encourager tous ceux qui sont engagés dans ce dialogue à poursuivre dans ce sens, avec discernement et persévérance. Justement d'un point de vue théologique, apparaît clairement un lien indissociable qui unit les chrétiens et les juifs. Les chrétiens, pour se comprendre eux-mêmes, ne peuvent pas ne pas faire référence à leurs racines juives, et l'Église reconnaît, tout en professant le salut à travers la foi en Christ, l'irrévocabilité de l'Ancienne Alliance et l'amour constant et fidèle de Dieu pour Israël.

Ni la violence, ni la mort n'auront jamais le dernier mot devant Dieu

Outre les questions théologiques, nous ne devons pas perdre de vue les grands défis que le monde d'aujourd'hui doit affronter. Celle d'une écologie totale est désormais prioritaire, et en tant que chrétiens et juifs nous pouvons et devons offrir à l'humanité tout entière le message de la Bible en prenant soin de la création. Les conflits, les guerres, les violences et les injustices ouvrent de profondes plaies dans l'humanité et nous appellent à renforcer notre engagement pour la paix et la justice. La violence de l'homme sur l'homme est en contradiction avec toute religion digne de ce nom, et en particulier avec les trois grandes religions monothéistes. La vie est sacrée, en tant que don de Dieu. Le cinquième commandement du Décalogue dit : « Tu ne tueras point » (Ex 20, 13). Dieu est le Dieu de la vie, et il veut toujours la promouvoir et la défendre ; et nous, créés à son image et à sa ressemblance, nous sommes tenus à faire de même. Chaque être humain, en tant que créature de Dieu, est notre frère, indépendamment de son origine ou de son appartenance religieuse. Chaque personne doit être regardée avec bienveillance, comme Dieu le fait, Lui qui tend sa main miséricordieuse à tous, indépendamment de leur foi et de leur origine, et qui prend soin de tous ceux qui ont davantage besoin de Lui : les pauvres, les malades, les exclus, les sans défense. Là où la vie est en danger, nous sommes appelés à la protéger encore plus. Ni la violence, ni la mort n'auront jamais le dernier mot devant Dieu, qui est le Dieu de l'amour et de la vie. Nous devons le prier avec insistance afin qu'il nous aide à pratiquer en Europe, en Terre Sainte, au Moyen-Orient, en Afrique et dans chaque partie du monde, la logique de la paix, de la réconciliation, du pardon, de la vie.

La Shoah nous enseigne qu'il faut toujours être vigilants

Le peuple juif, dans son histoire, a dû expérimenter la violence et la persécution, jusqu'à l'extermination des juifs d'Europe pendant la Shoah. Six millions de personnes, seulement parce qu'elles appartenaient au peuple juif, ont été victimes de la barbarie la plus inhumaine, perpétrée au nom d'une idéologie qui voulait remplacer l'homme à Dieu. Le 16 octobre 1943, plus de mille hommes, femmes et enfants de la communauté juive de Rome furent déportés à Auschwitz. Aujourd'hui, je souhaite les commémorer du fond du cœur, de façon particulière : leurs souffrances, leurs angoisses, leurs larmes ne doivent jamais être oubliées. Et le passé doit nous servir de leçon pour le présent et pour l'avenir. La Shoah nous enseigne qu'il faut toujours être vigilants, afin de pouvoir intervenir rapidement en défense de la dignité humaine et de la paix. Je voudrais dire que je suis proche de chaque témoin de la Shoah encore en vie ; et j'adresse mes salutations toutes particulières à vous, qui êtes ici présents.

Chers frères aînés, nous devons vraiment être reconnaissants pour tout ce qu'il a été possible de réaliser ces cinquante dernières années, parce que la compréhension réciproque, la confiance mutuelle et l'amitié ont grandi entre nous et se sont approfondies. Prions ensemble le Seigneur, afin qu'il conduise notre chemin vers un bon avenir, meilleur. Dieu a pour nous des projets de salut, comme dit le prophète Jérémie : « Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance » (Jér 29, 11). Que le Seigneur nous bénisse et nous protège. Qu'il fasse resplendir son visage sur nous et nous donne sa grâce. Qu'il découvre sa face vers nous et nous accorde la paix (cf. Nm 6, 24-26). Shalom alechem !

(*) Traduction de Sophie Lafon d'Alessandro pour La DC. Titre, intertitres et notes de La DC.

(1) DC 1965, n. 1458, col. 1828.

(2) DC 1986, n. 1917, p. 436-439.

(3) DC 2010, n. 2440, p. 154-157.

(4) DC 1965, n. 1458, col. 1825.



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