الثلاثاء، 17 سبتمبر 2013

Rome reconsidère la théologie de la libération - La Libre.be

16/9/2013Rome reconsidère la théologie de la libération
International En rencontrant Gustavo Gutiérrez, le Pape rouvre le délicat dossier de cette doctrine très en vogue dans l'hémisphère sud.
Qui osera encore prétendre que le pape François ne veut pas le changement au sein de son Eglise ? Alors que par le futur Secrétaire d'Etat interposé, il a lancé un ballon d'essai sur la réouverture d'un débat sur le célibat des prêtres, il vient de poser personnellement un acte symboliquement très important en direction de la théologie de la libération qui sentait pour le moins le soufre au Vatican sous les deux derniers papes. En toute discrétion, François a reçu le dominicain Gustavo Gutiérrez qui passe précisément pour être "le père" de cette théologie très en vogue dans l'hémisphère sud.
Une audience privée qui n'avait pas été annoncée officiellement mais qui n'en constitue pas moins aussi un jalon vers une réhabilitation de ce courant, né en Amérique latine dans les années 1970. Si la théologie de la libération a longtemps été mal vue au Vatican, c'était sans nul doute à cause de sa proximité avec l'idéologie politique marxiste. Certes Jésus pouvait être considéré comme un révolutionnaire opposé aux pouvoirs de son temps mais dans les hautes sphères ecclésiales, on préférait se placer dans le sillage de dirigeants autoritaires souvent fort marqués à droite.
Comme dans le cas de l'interview de Mgr Parolin, on n'est pas non plus ici face à une démarche non réfléchie, tout au contraire. C'est que peu avant l'entrevue du Pape avec le P. Gutiérrez "L'Osservatore Romano" avait bien mis en valeur la parution en italien d'un livre déjà édité en 2004 en Allemagne signé par Mgr Gerhard Ludwig Müller, l'actuel préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi mais aussi par Gustavo Gutiérrez (qui est un ancien de l'UCL). Les deux hommes s'étaient liés d'amitié et le prélat allemand a été très sensible à son idée de vivre en solidarité avec les pauvres, de lutter avec eux et d'annoncer l'Evangile à partir d'eux.
Après des études en Belgique et en France, le P. Gustavo Gutiérrez, jeta les bases de la théologie de la libération au Brésil alors sous la botte des militaires. La libération évoquée par Gutiérrez ne pouvait cependant être considérée comme un programme politique. Il s'agissait sur le plan économique de s'attaquer aux causes des situations injustes. Mais les réformes de structures ne suffiraient pas : c'est aussi l'homme qu'il fallait changer. Il y avait enfin une dimension théologale : il fallait se libérer du péché qui est le refus d'aimer Dieu et son prochain.
Très vite, cette théologie fut combattue par les pouvoirs économiques, politiques et militaires en Amérique latine mais aussi par le pouvoir américain et elle jeta le trouble auprès de certains catholiques qui y décelaient les germes du communisme.
Bientôt la théologie de la libération fut publiquement désavouée par Jean-Paul II et fort critiquée par la Congrégation pour la doctrine de la foi que dirigeait le futur Benoît XVI. Mais le P. Gutiérrez ne fut jamais sanctionné. Il faut dire qu'il y a eu depuis lors une approche plus sereine de la question. Toute la théologie de la libération n'était pas à rejeter et notamment l'option préférentielle pour les pauvres qui fut reconnue comme une intuition juste. Une vision qui était aussi celle du cardinal Jorge Mario Bergoglio, grand défenseur d'une Eglise des pauvres. La boucle est ainsi bouclée et on attend évidemment la prochaine étape… Christian Laporte


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